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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Articles récents

De l’ubérisation de nos sociétés sans travail humain.

5 Décembre 2016 , Rédigé par Marc

Depuis quelques années, ll est désormais convenu de s’indigner contre les parasites du système qui l’empêchent de s’épanouir pleinement. Celles et ceux qui sont fonctionnaires trop grassement payés et ne travaillant pas assez, de celles et ceux qui profitent trop largement d’un CDI et protégés par un droit du travail par trop favorable. De celles et ceux qui doivent survivre avec un RSA et de la CMU.

Désormais, il nous faut nous enthousiasmer et appeler de nos vœux à l’uberisation de la force du travail et pour quiconque ose émettre un semblant d’interrogation sur ce nouveau d’organisation, ce dernier se voit ranger dans la catégorie des populistes, dernier stade avant la case fascisante. Il y a d’ailleurs lieu de s’interroger si cette détestation de la modernité – stade ultime de l’humanité éclairée – ne porte en elle les germes d’un retour à l’âge de fer. Et est-il convenant de s’interroger sur ce tsunami ?

Car si incontestablement, le consommateur sort vainqueur de cet « échange » asymétrique pour l’instant, est ce que ce même consommateur - qui est souvent lui-même un salarié – ne sera-t-il pas soumis à plus ou moins brève échéance soumis à la même pression sur son lieu de travail ? Et par extension, n’est ce pas aussi une dépréciation accélérée de ses taches qui se profile pour lui ?

 cette première interrogation quant au lien dominant/dominé, qui s’apparente à une forme modernisé du servage datant du moyen-âge – je ne peux que sourire quand certains abrutis parlent de liberté pour l’uberisé -, apparait également en creux la transformation profonde que va subir nos sociétés dans son rapport au travail. Outre la dépréciation de sa valeur déjà évoquée ; l’importance de la robotisation, de l’automatisation de haut niveau et le développement de l’Intelligence Artificielle poseront de facto celle de la ressource disponible pour le travail humain.

Et je m’interroge très ouvertement sur la capacité d’une grande partie de notre personnel politique à  prendre en compte ces évolutions, évolutions qu’on ne peut par ailleurs arrêter, n’en déplaisent aux Filoche en culottes courtes ou aux Fillon en chaussettes rouges. Prise en compte ou pire simplement connaitre à minima l’état de l’art dans ces seuls domaines tant sont ils concentrés sur leur propre petite personne. Force est de constater l’incroyable vacuité intellectuelle de ceux qui doivent présider aux destinées d’un pays.

Coupés de la société, coupés de la réalité et de la vitesse de l’innovation, à quoi nous servent les hommes et femmes politiques aujourd’hui ?

Certains veulent nous faire croire que des programmes datant de plus de 30 ans sont à même de répondre aux problématiques actuelles et de demain ; d’autres à défaut de poser une quelconque réflexion de moyen malgré leur « jeune » âge tentent de surfer sur cette vague de la modernité qui n’est rien d’autre que la génuflexion du mercantilisme le plus vulgaire au détriment de l’humain. Alors qu’au contraire les progrès que nous connaissons et allons connaître doivent permettre d’appréhender cette crise systémique par une remise de l’Humain au centre de notre réflexion commune.  

Pour cela, il ne suffit pas d’écrire « Révolution », peut-être s’agit il d’être courageux pour porter une ambition qui résiste mal à la médiocrité ambiante du jeu politico-médiatique.

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La vieille France en force.

21 Novembre 2016 , Rédigé par Marc

« Aujourd'hui, si vous naissez pauvre, vous mourrez en moyenne neuf ans avant les autres. Si vous êtes noir, vous êtes traités plus durement par le système pénal que si vous êtes blanc. Si vous êtes un garçon blanc issu de la classe ouvrière, vous avez moins de chance que tous les autres d'aller à l'université. Si vous êtes une femme, vous gagnez toujours moins qu'un homme"*.

La primaire de la Droite et du (Centre… la bonne blague) a rendu deux verdicts forts. Le premier est que les électeurs de droite ne veulent plus de Sarkozy et le deuxième c’est qu’on assiste au retour en force de la vieille France néolibérale et franchement réactionnaire. François Fillon incarnant à merveille cette orientation propre à la tranche électorale la plus vieillissante. Celle qui veut que les sacrifices des générations futures puissent assumer leur propre fin de vie et… à après le déluge.

Quand on entend François Fillon, on pense toujours à ces comités de bienfaisance patronesque  du XIXème siècle où le pauvre ne doit pas être trop pauvre parce que ça peut abîmer les yeux et ça permet aussi de se donner bonne conscience. Tout cela bien entendu dans un cadre de société très rigide où les questions d’émancipation individuelle sont incongrues car porteuses de mauvaises idées.

L’avantage d’un François Fillon c’est qu’il ne poussera pas l’électeur trop loin dans les incertitudes d’un monde en crise. Il n’interrogera pas sur l’augmentation continue des inégalités sociales, culturelles et économiques, en France comme ailleurs ; celle-ci faisant partie d’un ordre naturel qu’il serait malvenu de modifier. Au même titre que la chose environnementale où François Fillon, qui sans jamais affirmer son climatoscepticisme plus ou moins assumé, estime que tout rentrera dans l’ordre sans autre forme de volonté. Il n’est d’ailleurs pas surprenant qu’une de ses propositions phares dans ce domaine, c’est l’augmentation de la durée de vie des centrales nucléaires. Le présent au détriment de l’avenir.

C’est ce qui me frappe le plus chez lui, cette absence totale de perspective et de remise en question. De ses cinq ans à Matignon, il n’a retenu qu’une chose, il a été empêché par Nicolas Sarkozy, comprenez qu’il fallait encore allait plus loin dans ces antiennes néolibérales. Après une embardée du coté du séguinisme, sa véritable boussole semble être le phare Thatchérien - dont même la Première Ministre Britannique s’est clairement détachée -. Qu’au début des années 80, on soit séduit par le discours de la dérégulation totale, on peut l’admettre ; aujourd’hui quand on fait les comptes de cette dernière, il y a matière à s’interroger (et il n’y a pas que les méchants gauchistes comme moi) sans compter qu’à cette époque, nous n’avions aucune idée des révolutions auxquelles la société devra faire face au cours des deux prochaines décennies.

« Pensée » économique bloquée sur les années 80, « pensée » sociétale bloquée au XIXème. La droite redevient la droite me direz vous, et la gauche redevient la gauche. Je fais partie de ceux qui estiment que la réussite n’est pas un péché en soi et qu’il faut effectivement encourager l’initiative. Cependant dans ce domaine, l’indécence ne peut être le but ultime. Alors oui, si effectivement penser qu’un individu puisse gagner en une année l’équivalent de plusieurs milliers d’années de SMIC, je reste de gauche. Et ce d’autant plus que je ne crois pas un instant à la théorie du ruissellement et que dans le domaine économique, il n’y a pas de fatalité, mais uniquement des choix.

 

* Thérésa May – Première Ministre du Royaume Uni.

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Non, ce n’est pas « ma » primaire.

15 Novembre 2016 , Rédigé par Marc

Dès avant le séisme Trump, une certain nombre d’électeurs de gauche étaient tentés de s’immiscer dans le choix du futur candidat de la droite pour la Présidentielle de 2017. Au prétexte que la seule issue possible pour faire battre Marine Le Pen réside dans la victoire d’Alain Juppé à la primaire de dimanche.

Nul doute que la victoire « surprise » de Trump les a confortés dans cette stratégie qui consiste à  choisir le moins pire du pire.  Adepte depuis de longs mois du « blanc – à moins que-, blanc », cette nouvelle donne ne change en rien ce précepte qui vaudra pour 2017. A ce propos, je suis quelque peu mal à l’aise quand je vois pas mal de sémillants commentateurs donner des leçons de démocratie aux américains et notamment sur ce décalage entre grands électeurs et vote citoyen. Soit dit en passant, les Etats Unis sont une fédération et ce depuis quelques décennies... et les mêmes ont jusqu’à mercredi défendu le fait que les USA étaient bien une démocratie, et une grande démocratie confère les deux élections de Barak Obama. Le changement c’est maintenant mais avec un peu de mémoire s’il vous plait.

Alors pour mai, c’est entendu, il nous faut aller choisir dès dimanche le bon candidat qui sera en capacité de faire un barrage efficace à Marine Lepen.

Si je peux entendre ce discours et le respecter, je suis néanmoins au regret de dire que je n’y souscris pas et que je ne me plierai pas aux injonctions qui ne manqueront pas de déferler au lendemain du 1er tour. Car le désastre vers lequel nous allons n’est pas le fruit de fâcheux concours de circonstances, il est avant tout le résultat de choix ou plutôt d’absence de choix de la majorité des hommes et femmes politiques, de gauche notamment. Et, n’ayant pas commencé à m’éveiller à la politique la semaine dernière, j’ai malheureusement trop souvent eu à dénoncer les renoncements, les aveuglements de ces derniers durant plus de 20 ans pour cautionner leur propre faillite.

Et me demander de voter demain pour les héritiers des thèses ultralibérales de Hayeck et consorts, c’est juste pas possible – parce que je lis aussi les programmes -. Sachant que par ailleurs c’est l’application de ces mêmes idées qui nous ont conduites dans l’impasse systémique à laquelle nous devons faire face aujourd’hui. Et la gauche de gouvernement n’a pas été la dernière pour s’y conformer en se cachant derrière le cache sexe sociétal. Soyons clair, j’approuve la plupart des réformes dans ce domaine –touchant à l’extension de droits individuels-  néanmoins elles ne peuvent constituer des solutions aux problèmes collectifs de nos sociétés.

A ce jour, hormis le débat jambon/frites, quelles réflexions sur la place grandissante de la robotisation et l’Intelligence Artificielle dans le monde du travail et donc des bouleversements induits pas dans un siècle dès demain –à moins de considérer cette fable qui veut que la robotisation ne détruit pas d’emplois, thèse en vogue chez les climatosceptiques d’ailleurs - ? quid des inégalités grandissantes dans nos sociétés postindustrielles mettant en exergue la difficulté de se construire un avenir si tu as le malheur de faire déjà partie de la périphérie ou craignant toi-même de t’y retrouver ? Quelles solutions pour un monde post énergies fossiles ? Et que répondre à la problématique de l’accès à l’eau qui va cruellement se poser aux cours des prochaines décennies ?

Ces trois questions – et il y en a bien d’autres ouvrent à elles seules un champ des possibles et de complexité - mettent en avant ce thème rebattu et pourtant bien réel, d’une crise systématique couplé de fait à un changement de paradigme.

Pour l’heure, aucun politique ne se risque sur ce terrain, préférant se réfugier au mieux dans un entre-soi confortable, aveugle et globalisé ; au pire exacerbant les peurs d’un monde inconnu où l’autre sera toujours le responsable de son « propre  malheur ».

Alors définitivement, la primaire de la droite et du centre ce n’est pas pour moi.

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Good Morning América, Le jour d’après…

9 Novembre 2016 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaitre et dans ce clair obscur surgissent les monstres » A. Gramsci

Catastrophe nucléaire pour les uns, demie surprise pour les autres (dont je fais partie) ; Trump néo-populiste a été élu Président de la plus grand démocratie déliquescente.

On se gardera bien des raccourcis quant aux raisons de cette victoire et notamment celle qui voudrait que « l’homme blanc » ne voulait pas d’une femme à la Maison Blanche. On évitera de rappeler que par deux fois, ce même homme blanc a porté un noir dans cette même Maison Blanche.

Par contre on a tendance à oublier que c’est probablement les classes moyennes et populaires déclassées qui ont voulu sortir par la fenêtre tout un establishment. Car si les marchés financiers et le 1% des plus riches se sont remis très rapidement de la crise des subprimes, les laborieux payent encore le tribu de la joyeuse financiarisation et globalisation de l’économie.

Rares sont les économistes à avoir mis en garde sur une lecture trop idyllique de la « reprise américaine » ; elle a encore plus fragilisé l’américain « moyen » et ce quelque soit la couleur de peau de l’américain lambda… elle fut avant tout l’explosion de la précarité et des sous jobs. Et passons sur ce risible taux de chômage de 5,1% quand dans le même temps le taux de participation au travail n’a jamais été aussi bas depuis trois décennies. Sans omettre également le nombre d’américains pris en charge par le programme alimentaire fédéral qui a explosé depuis 2007.

Alors oui, cela peut sembler paradoxal que ces américains, à qui on a vendu de l’endettement privé qui ne coûte rien en échange d’une destruction des pouvoirs publics dans les années 80/90 – Républicains comme Démocrates – se tournent aujourd’hui vers un de ceux qui a le plus profité de cette dérégulation économique organisée.

Malheureusement, et au delà des discours délirants, Donald Trump a pris en compte ces citoyens méprisés depuis plusieurs années.

Celles et ceux qui ne comprennent pas que les délocalisations et la désindustrialisation est une chance pour eux… privés de boulot. Car demain dans la doxa néolibérale mondialisée et heureuse, chacun sera ingénieur en informatique dans une start up cool ou uberisé grâce au bon vouloir d’une multinationale généreusement implantée dans un paradis fiscal. Parce que tout de même, les impôts c’est sale et tellement pas glamour.

Alors oui, on peut s’étonner que l’ouvrier américain ait été séduit par un Trump qui a promis des grands travaux, promis aux laissés pour compte de Chicago qu’il allait interdire les délocalisations des entreprises américaines et obliger Apple à rapatrier ces chaines d’assemblage.

Pendant ce temps, Hilary Clinton levait des fonds chez Apple et comme dans 90% des entreprises cotés au DowJones et au Nasdaq (relire à ce propos le livre de Jospeh Stiglitz sur les années où il a conseillé Bill Clinton…).

En aucun cas je me réjouis de la victoire de Trump, j’essaye simplement de la comprendre comme j’essaye de comprendre l’ascension de Marine Lepen (et je le répète son arrivée dans le Pas de Calais est essentiel, je l’ai écrit il ya quelques années).

Et ce n’est certainement pas avec des injonctions du camp du bien contre celui du mal que ces peurs vont refluer et même si la planète risque d’avoir un gros coup de chaud au regard des délires de Trump en matière d’environnement.

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Présidentielles à tous les étages…

8 Novembre 2016 , Rédigé par Marc Publié dans #Résistance Politique

C'est une reprise, j'espère arriver à un rythme de 3 ou 4 billets par semaine. Premier billet forcément un peu bordélique, trop de choses à écrire, à formuler, à poser. 

Depuis des semaines, nos bons médias nous déversent chaque jour notre pitance de politique à toutes les sauces souvent indigestes et pâteuses. Des Etats Unis à la France, nous sommes dans l’incapacité de nous en extraire. Doucement mais sûrement, nous nous enfonçons toujours un peu plus dans la peur, les phobies sous toutes ses formes... pauvres, fonctionnaires, arabes, noirs, jaunes.

Peur qui fait désormais partie de notre quotidien de bons français et ce depuis déjà quelques années. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, les Etat Unis avaient été épargnées lors des élections de 2008 et 2012. Néanmoins, force est de constater que celle de cette année dépasse toutes les désespérances… et qu’au fond l’élection de Barak Obama ne fut qu’une mise entre parenthèses dans cette descente aux abîmes du débat public.

Chacun aura beau jeu de se parer de ses plus belles plumes d’oie blanche pour nous expliquer que nous sommes à l’aube d’un grand danger, du retour de la peste, d’un pas certain vers une prochaine guerre… cependant, on parle de quoi ? qui par son vote, doit sauver qui ?  

Le peuple, les citoyens, le monde politique en pleine déliquescence intellectuelle, morale et éthique ? Alors non, je n’ai pas envie de voter pour le moins pire… ce coup là, on nous le fait depuis plus de 20 ans et encore au début, nos politiques faisaient mine d’avoir encore des différences. Aujourd’hui, à force de trahisons, ils ne font même plus l’effort. Préserver les avantages acquis d’une caste en sacrifiant tout avenir à la grande masse des besogneux, sous couvert de modernité et d’inéluctabilité. Les Politiques ayant acceptés de sacrifier toute vision de société pour se consacrer à la gestion d’une pseudo loi économico-naturelle… nouveau paradigme du pauvre politique dépourvu de toute vision et de toute remise en question.

Car fondamentalement, le problème est bien là, à travers ce gros mot, dans cette insécurité sociale et culturelle grandissante. Où à chaque scrutin, on feint de s’étonner de la monter des tendances les plus « grégaires » de nos sociétés. Peut-on pour autant condamner ces électeurs ? Non, part contre il  convient de s’interroger sur la logique qui prévaut de soutenir un Donald Drump, héros de la mondialisation et de la dérégulation financière, pour tenter d’endiguer ce déclassement social qui ne fait que grandir au sein des populations occidentales.

Face à cette réalité (on y reviendra par la suite), Droite et Gauche de gouvernement oppose au pire la fameuse « théorie du bon sens » – pour la droite –, au mieux « c’est pour votre bonheur » – pour la gauche - avec comme outil de communication privilégié, le gimmick usé jusqu’à la corde du défaut de pédagogie. Même si il semble, que le prochain Président français se passera de pédagogie pour privilégier la voie des ordonnances… au prétexte qu’il est légitime…  alors qu’on sait déjà que ce dernier sera un élu par défaut, comme tant d’autres me direz vous. Et c’est bien pour ça que faute de choix probant, je ne participerai pas à cette mascarade du second tour – en l’état au 1er comme au 2nd tour, ça sera un vote blanc « non… ça ne sert à rien… ah ben merde alors, je ne savais pas… et sinon il servira à quoi le bulletin ? ».

Oui ce n’est plus possible que le citoyen soit en quelque sorte sommé de choisir entre le moins pire du pire… et nul besoin de se voiler la face, nous en sommes bel et bien là, les Français vont devoir choisir le Président le moins pire des pires. Comme aujourd’hui aux Etats Unis.

Car si les médias sont souvent complaisants - et surtout les dirigeants de presse -, on ne peut malheureusement pas dire que les hommes et femmes politiques actuels haussent de manière notoire le niveau des débats. Certains nous refaisant le coup de l’ascenseur social en panne – pour les plus vieux on a juste le sentiment de se retrouver devant les Guignols de l’info avec la ‘nalyse arrosée de poire avec Serge July et Philippe Alexandre - ; les autres se frappant vaillamment le torse en beuglant « la République, c’est double ration de Frites ». Pour le reste c’est bonjour tristesse intellectuelle, si ce n’est prendre quelques bribes d’éléments statistiques mal digérées – ça fait sérieux et posé - en nous promettant de singer tel ou tel nouveau modèle… avant-hier le Japon, hier l’Espagne, aujourd’hui l’Allemagne, demain la Chine et après demain le néant.

Et pourtant, la société bien au-delà de ses chaos actuels doit faire face à des défis majeurs. Et "nos" politiques sont coupables, coupables de ne s’intéresser qu’à eux-mêmes alors que la matière existe, les spécialistes sont là, encore faut il avoir le courage de vouloir appréhender sérieusement et avec humilité ces sujets fondamentaux.

Et malgré tout, cette présidentielle sera de bas étage.

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Le jour d’après…. (1)

13 Décembre 2015 , Rédigé par Marc

A l’heure où j’écris ces lignes, je ne sais qui de Xavier Bertrand ou de Marine Le Pen a remporté la région. Je ne sais qui pourra pérorer sur les plateaux de télévision. Du FN qui aura conquis 2 ou 3 régions ; de LR et son leader Sarkozy qui dans tous les cas ne pourra prétendre à un petit chelem ; du PS qui bien que sacrifiant son appareil politique dans deux régions pourra s’estimer heureux d’avoir sauvé quelques régions.

Par contre, je sais déjà que ces régionales à travers le 1er tour auront été marquantes pour un système politique à bout de souffle où ses dernières ressources ont été mises à « déprofit » pour entrer en résistance contre un parti qu’il a lui-même contribué à nourrir, au point de devenir incontrôlable à force de considérer ses électeurs pour quantité négligeable.

Bien sûr, la matrice du FN est incontestablement dangereuse et toxique pour toute société démocratique mais peut on sérieusement contesté qu’une grande partie de ses électeurs est avant tout des citoyens cassés et désemparés par rapport à deux réalités. Une première réalité qui s’inscrit dans une trajectoire continue en terme de désertification industrielle propice au double sentiment d’abandon et de déclassement. Une seconde liée à l’absence de vision à long terme de nos politiques de droite comme de gauche, de gauche comme de droite : vision remplacée par des slogans vide de sens et de promesses non tenues. Du chant d’espoir nous sommes passés à des champs de désespoir au nom de lendemains meilleurs sous le saint autel des sacrifices supportés par une majorité au profit d’une minorité - cette fameuse et fumeuse théorie du ruissellement qui ne vaut que si les mécanismes de répartition perdurent -.

Dimanche soir, personne ne pourra plastronner, personne ne pourra faire comme si il ne s’était rien passé le 6 décembre et même si in fine, le FN n’aura pas réussi son pari. Ses scores suffiront à sa victoire ; malgré des retraits, des appels, nulle ne pourra atteindre le score des 80% qui aura conclu l’épisode des manifestations de 2002. D’ailleurs, personne n’est descendu dans la rue en cette fin d’automne, comme si nous rentrions déjà dans un hiver politique à la sortie incertaine et hasardeuse.

On imagine déjà les prochaines semaines où chaque camp ne manquera pas de se renvoyer le boulet frontiste… Socialistes, Républicains, Ecologistes, Centristes, vous êtes tous responsables !

Responsables au nom d’une responsabilité économique et sociale que vous avez clairement abandonnée au profit de débats sociétaux tout aussi malsains que déconnectés de ce que vivent une part non négligeables des Français.

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A la Légion d'Honneur de mon patron...

25 Octobre 2014 , Rédigé par Marc

Hier soir, j'étais à la remise de la Légion d'Honneur de Gérard Caudron - Maire de Villeneuve d'Ascq, ancien Parlementaire Européen - mon patron.

 

Mon Patron car j'ai fait partie de son équipe municipale de 1995 à 2001 et son collaborateur de 1997 à 2002. Et le désigner comme tel c'est par respect et aussi par affection.

 

Respect parce durant cette période, j'ai pu constater que c'était un bosseur, un gros bosseur et les résultats électoraux qu'il a enregistré dans sa ville ne sont pas le fruit du hasard mais avant tout du fait d'un travail sans relâche. Je me souviens encore de ces petits papiers qui garnissaient ses poches tout au long de la journée quand il arpentait Villeneuve. Le soir tard, ils étaient retranscris sur la messagerie interne de la ville et adressés au service pour un traitement... traitement qui très souvent voulait dire dans les 48h. Hier soir, il faisait allusion à son relatif anonymat malgré son statut de Parlementaire Européen vis à vis des socialistes français, c'était tout autre chose au niveau du Parlement car il était impliqué, il travaillait tout autant, était présent.

 

Affection car je n'oublie pas que c'est lui qui m'a mis le pied à l'étrier et que c'est en partie gràce à lui que je travaille pour mon nouveau patron Guillaume Delbar - Maire de Roubaix-. Il est d'ailleurs curieux de constater que tous les deux sont arrivés à la tête de leur ville dans des circonstances non programmées. Tout comme moi il y a 19 ans, tout comme moi il y a 6 mois ; nous n'étions pas programmer pour.

 

De Gérard, je garde trois anecdotes.

 

La première c'est comment je suis devenu conseiller municipal à 25 ans. Durant quelques mois, je m'étais investi dans le groupe de jeunes - au PS - pour préparer les municpales de 1995. Quelques semaines avant le dépôt des listes, la personne qui gérait ce groupe nous demandant qui était interessé pour être sur la liste. Je me suis dit pourquoi pas sauf qu'elle Gauche Socialiste moi Rocardien revendiqué, cette candidature n'est jamais arrivée à Gérard... allez savoir pourquoi ? Bref à quelques jours du dépot des listes, j'en avais presque oublié cette candidature. Au même moment, une lettre de Caudron est arrivée dans ma boite m'invitant à une réunion car il ne trouvait pas de candidat sur le quartier du Pont de Bois. Après avoir hésité, je me suis rendu à cette réunion un samedi matin, je suis intervenu et à la fin j'ai été voir le Maire pour lui expliquer que je m'étonnais de ne pas avoir été à minima conctaté. Réponse : "tu me fais un CV, une lettre de motivation", tu me l'as dépose lundi à 8h. A midi, sa sécretaire m'appelé, "êtes vous dsponible ce midi pour manger avec Monsieur le Maire ?". Le lendemain, c'était fait, j'allais être le Benjamin de la nouvelle équipe avec la mission de mettre en place des réunions publiques élus/citoyens/services ; encore aujourd'hui elles sont d'actualité.

 

La deuxième anecdote, c'est la façon dont je suis devenu son collaborateur parlementaire en 1997. En juin, Franck -celui en place - part pour une autre aventure, j'avoue que ce boulot m'interressait bien mais bon, je n'avais pas fait sciences Pol, juste une licence d'histoire. Le Maire demande à me voir, je me rends dans son bureau et là simplement "j'aimerai bien travailler un peu plus avec toi et toi ?"... l'entrevue a duré moins d'une minute ; pour assurer le tuilage, je commençais le lendemain.

 

La dernière illustre davantage le caractère parfois éruptif et légendaire du Gérard. De mémoire c'était un ou deux après la prise de fonction de ce poste. Les choses étaient bien huilées, le travail passionnant et parfois éprouvant - ah les demandes d'explications écrites ou discours pour les sessions parlementaires du dimanche pour livraison lundi matin  :) -. Donc Gérard Caudron avait à coeur un A4 bien tassé sur son activité de parlementaire de la semaine, chaque jeudi. Après quelques mois, cela me prennait une heure parfois un peu plus quand il fallait un peu trouvé l'actu. Bref le temps de quelques modifications par le Patron - par fax ... - , le tout était bouclé,envoyé à quelques 400 destinataires, mis en ligne en moins de 4h. Sauf que... un jeudi matin les choses ne se sont pas passées comme ça. J'arrive au boulot, fais mon truc rapidement (en plus j'étais content de moi...), je faxe à Bruxelles, après une heure pas de retour... chose étonnante. Il appelle "bon tu m'envoies Fax Info, je pars en commission" moi "ben je l'ai fait, bon je te le renvoie"... je réexpédie. 20 mn passe... coup de fil "JE N'AI TOUJOURS RIEN !" moi 'Gérard, je t'assure je l'ai envoyé déjà deux fois, je recommence", je réessaye... 5 mn plus tard coup de fil "MAIS QU'EST CE QUE TU FOUS, J'EN AI MARRE DE BOSSER AVEC UN INCAPABLE..." bref, Gérard éructait au téléphone. A cet instant, j'ai posé le combiné, me suis levé et suis sorti de mon bureau sous l'oel médusée de ma sécrétaire. A cet instant, je pensais sincèrement que je pouvais chercher autre chose, je quittais mon boulot. J'ai donc passé une partie de la journée à errer en mairie quand la secrétaire du Maire m'appelle en milieu d'après midi pour me dire que ma collègue à Bruxelles tentait de me joindre. Celle-ci me dit alors "Marc, il n'y avait plus de papier dans le fax".

 

Le soir, j'ai croisé Gérard qui m'a simplement dit "Ca va ?'comme si de rien n'était ; le lendemain, j'étais au boulot. En 5 ans, c'est la seule fois où je l'ai vu s'emporter sur moi... 

 

Alors, oui c'est peu de dire que Gérard Caudron, et aujourd'hui encore dans mes nouvelles fonctions, m'a appris beaucoup par rapport à l'action publique, par rapport à l'action politique.

 

Et 20 ans après, oui ça reste quelque part mon patron et ce même si nous ne nous voyons plus hormis en de rares et très - trop -brèves occasions.

 

Cette légion d'honneur c'était aussi l'occasion de revoir des collègues du Conseil, des copains, des citoyens que j'avais rencontrés durant cette première vie politique, et ça aussi ça m'a fait plaisir.

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Front National : on y est...

1 Juin 2014 , Rédigé par Marc

Voilà, c'est fait, au moins sur ce dernier scrutin, le Front National peut se targuer d'être devenu et sans photo finish, le premier parti politique français. Laissant derrière lui, un champ de ruines où on s'interroge sur la capacité de rebonds des partis de gouvernement à moins de croire au retour de l'homme providentiel à la mémoire courte.


Est-il encore utile d'analyser avec lucidité et distance cette funeste réalité ? Tout au plus, il est préférable de laisser de coté les apotres d'un pédagogisme sur le travail au long court de réformes encore mal comprises - ils sont "légions clairsemées" quelque soit la couleur du gouvernent -, de mêmes les apprentis relativistes tentant vainement de montrer que non en poids relatif cette 1ère place frontiste n'est en rien une victoire et que l'ingrat abstentionniste aurait à n'en pas douter déposé un bulletin de vote acceptable si il s'était déplacé...  et le FN aurait très certainement réalisé un 0% dans cette réserve, on peut le croire ou pas. Néanmoins, je vous invite à lire ces deux analyses assez pertinents : Désintégration par un militant vert et cet article sur la vie des idées « Périurbain, la France du repli ? ».


Il y a plus d'un an, j'avais fait ce sombre pronostic, quelques amis s'en étaient ouvertement moqués, je ne leurs en veux pas : au-delà de l'intuition, je le basais un certain nombre de billets que j'avais pu commettre en observant l'irrésistible progression du FN dans la région Nord Bas de Calais - LE bastion de la Gauche qui n’en est plus un depuis quelques années sauf pour ceux souffrant d’une cécité profonde -.


A ce propos, nos responsables régionaux ont quelques soucis à se faire, enfin non si j’en crois ce fameux sursaut citoyen - sans doucher ce fol espoir, aux régionales de 2010 la participation était de 45% contre 41 ce dernier dimanche et avec un FN ayant plus de 210.000 voix d’avance sur le second -. La fédération socialiste du Pas de Calais a déjà fait savoir qu’elle avait entendu le message des électeurs en demandant un congrès anticipé avec comme préalable : l’abandon de la réforme territoriale… j’avoue mon erreur, je n’avais pas perçu le cri de l’électeur angoissé par la disparition du Conseil Général.


A Roubaix, la carte électorale qui s’est dessinée ce dimanche 25 mai, n’est pas différente. Un FN en tête sur 39 bureaux sur 46 avec néanmoins un score de 26 %, bien inférieur à la moyenne régionale - 35,17% -, c’est bien le seul motif de « satisfaction ». Et maintenant ?

 

Plus que jamais, le politique doit retisser des liens au plus près du territoire et être en capacité de répondre à cette double problématique : l’une décriée par tout ou partie de la gauche, celle de l’insécurité culturelle ; l’autre évacuée par tout ou partie de la droite, celle de l’insécurité sociale. L’une et l’autre s’autoalimentant du fait d’une élite hors sol n’ayant plus à la bouche que les mots mondialisation, croissance et adaptation nécessaire pour des lendemains qui devraient chanter où comme le dit Laurent Bouvet « Les discours de nombre de nos responsables politiques apparaissent comme totalement hors-sol, détachés de cette réalité à la fois matérielle et sensible.

 

Etant sensible aux données sociaux-économiques (la carte en bas de l'article...), dont j’ai la faiblesse de penser qu’elles traduisent une certaine réalité sociale, et que Roubaix n’est pas l’une des villes les plus pauvres par hasard ; il paraît nécessaire d’en faire une lecture approfondie avant de se lancer dans de grands discours.

 

La ville aussi doit faire face à une forme de repli territorial de ses habitants… de la ville, au quartier voire à la rue. Aussi, je m’interroge quand l’une des premières réponses est de les inviter à penser métropole, forme de la tarte à la crème des gens bien formés, insérés et donc mobiles par essence. Hors comment traduire cette nécessité – je n’en disconviens pas – face à des jeunes sortis du système scolaire sans diplôme, face à des habitants qui désespèrent depuis des années à sortir du cycle infernal petits boulots/chômage et dont la fin du mois commence parfois le 10…

 

Bien loin des yakafautkon, la seule issue est de co-construire avec eux ces passerelles, ces parcours qui leurs permettent de sortir de cet enclavement social et territorial. Il n’y pas de solution miracle, pas de schémas prédéterminés, pas de vérité préétablie, il y a par contre des méthodologies à inventer en associant les habitants au plus près, c’est aussi cela la démocratie participative.

 

Une démocratie bien loin des appels à marcher, de la dénonciation de l’abstentionniste pénitent, de l’électeur fascisant. Si le vote frontiste ne peut être considéré comme un vote normal, une autre erreur serait de considérer l’électeur du FN comme un déviant qu’il faut stigmatiser. 

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S'installer, prendre la mesure

11 Mai 2014 , Rédigé par Marc

Passé la surprise, vient le temps de prendre la mesure d'un tel poste dans une ville aux problématiques particulièrement complexes. Des premiers échange avec François - le dir cab - et les autres membres du cabinet (nous sommes 4) pour répartir nos champs de compétence et de facto les élus avec lesquels nous aurons à apporter un soutien technique et parfois politique.

 

A ce stade, nous ne pourrons guère compter sur nos prédécesseurs... aucun dossier dans les deux énormes armoires de mon bureau... une certaine idée de l'alternance politique, une certaine idée de la permanence démocratique... Dossier après dossier, urgence après urgence, il nous faudra les reconstituer un par un.

 

Au final, c'est du temps perdu, c'est de l'énergie inutilement dépensée et de fait une perte d'efficacité immédiate dans la multitude des dossiers chauds laissés en héritage. Fatalement, on multiplie les demandes de note aux services, eux-mêmes déjà sollicités par les nouveaux élus pressés de bien faire, pressés de mettre en oeuvre les engagements pris au court de la campagne. Tout le monde y perd mais les premiers impactés sont au final les Roubaisiens.

 

S'installer c'est aussi rencontrer les différents services avec qui on va travailler au quotidien. C'est aussi prendre en compte le fait que pour les personnels, un changement d'équipe n'est pas un fait anodin, c'est la remise en cause de certaines habitudes de travail, la mise en place d'un cadre forcément différent.

 

Il n'y a d'ailleurs pas forcément de défiance - sauf peut-être pour une infime minorité - juste le besoin de prendre ses marques entre des personnes qui ne se connaissent pas et beaucoup d'élus qui découvrent eux aussi le fonctionnement d'une collectivité qui comptent près de 1600 agents. C'est aussi le rôle du cabinet de mettre un peu d'huile pour lever quelques crispations. Au fond, ce n'est pas sans me rappeler ma propre prise de fonctions quand j'étais devenu conseiller municipal à 25 ans, avec néanmoins une différence de taille, le Maire commençait son 4ème mandat.

 

Pour ma part, étant moi-même issu de la fonction publique territoriale, je sais que dans l'ensemble, les fonctionnaires territoriaux ont le souci de du service publique et aussi de l'efficacité mais cette efficacité incombe pour bonne part aux politiques et aux décisions qu'ils prennent ou pas. Et c'est souvent l'absence de responsabilité politique qui amène une forme d'inertie voire d'immobilisme d'une collectivité et ce phénomène ne me semble pas propre au public c'est également le cas dans le privé surtout à partir d'une certaine taille.

 

Voilà, près d'un mois s'est écoulé depuis la proposition de Guillaume Delbar. Il serait faux de parler d'installation tranquille... simplement, je tente de m'imprégner d'une ville que je connaissais comme simple utilisateur, désormais je suis un peu plus qu'un acteur de celle-ci. Et de retrouver une certaine agilité "intellectuelle" pour pouvoir chaque heure ou presque changer de sujet sans oublier celui traité précédemment. L'autre obligation sera également de repenser notre organisation au quotidien :)

 

Au fait ... source voix du nord...  Luc Hossepied explique : «  L’un des défis qu’elle a maintenant, c’est de faire revenir la classe moyenne ! » C. Di M.  - Je crois que l'enjeu premier c'est déjà de la garder...

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Ca ne laisse pas indifférent...

28 Avril 2014 , Rédigé par Marc

Forcément, avec ces derniers évènements, les commentaires des proches et des moins proches ont été intéressantes à entendre. Parcours atypique, parcours opportuniste, chacun aura sa vision. Pour moi une chose est certaine, j’assume mon itinéraire politique et j’assume ma vision personnelle de la gauche, de mon engagement pour la semaine des 4 jours, d’une république de droits et de devoirs, du constat de politiques économiques surannées de droite comme de gauche. Voilà pour mes orientations ; elles sont les mêmes aujourd’hui et elles étaient les mêmes hier.

Aussi, c’est avec un certain amusement que j’ai vu fleurir sur twitter les avis définitifs et souvent peu sympathiques des défenseurs de la Vraie Gauche ; celle qui année après année, se coupe de ses bases populaires à mesure qu’elle même est « contaminée » par une approche sociétale qui prend le pas sur la réalité quotidienne de ces dernières. Et pour tout dire, il y a déjà fort longtemps que j’apparaissais comme un traitre du fait de ma faible inclinaison à parler de sentiment d’insécurité quand dans un nombre non négligeable de quartiers, l’insécurité a laissé place à des zones de non droit. Sans compter les éructations de certains leaders qui dépassent et de loin le cadre démocratique ; non Manuel Valls n’est définitivement pas le frère caché de Marine Lepen.

Chez les « vieilles » connaissances, quelques uns ont fait part de leur désarroi, de leur incompréhension d’accepter une proposition d’un Maire UMP, je peux simplement comprendre leur réaction. Je puis simplement dire que je ne me reconnais plus dans les débats nationaux où au fond les discours ne sont plus que le fruit de circonstances politiques liées à la seules conquête du pouvoir. Désabusé par ce constat, plus que jamais je me recentre sur le local et sur ce point, et je l’ai déjà écrit, la différence gauche/droite a vécu depuis bien longtemps.

Non ce qui m’a le plus étonné, c’est le nombre d’amis et de copains qui me connaissent plutôt bien, trouver ça très bien. Chez ceux plutôt orientés à droite, c’est somme toute assez normal - je retrouve la raison… -. Chez ceux avec qui je partage une certaine proximité politique et pour certains plus à gauche que moi, nombreux m’ont félicité et m’ont encouragé et plus encore si ils sont Roubaisiens.

Car comme moi, l’équipe en place – et le Maire en premier lieu – sait qu’elle n’a pas le droit à l’erreur car c’est probablement la dernière chance pour que Roubaix se redresse. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Maire sortant n’avait recueilli qu’un petit 20% au soir du premier tour.

Au final, ce choix détonnant aura été conforté par les amis et également par quelques personnes qui me suivaient depuis quelques années sans que je les connaisse. Sinon… c’est quoi le boulot au sein d’un cabinet et les enjeux de Roubaix ? On en reparlera.

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