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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Articles récents

Présidentielle : un pays hystérisé…  le FN a déjà gagné.

27 Avril 2017 , Rédigé par Marc

On devrait en principe s’éviter le pire. Alors oui, sans prendre les vessies pour des lanternes, j’ai déjà mis un bulletin Macron au 1er tour. En partie pour éviter ce pire – il suffit pour cela de regarder ce que donne une mairie gérée par le FN – mais également parce qu’à tort ou à raison, il incarne à mes yeux une approche un peu moins clivante des enjeux de demain et ce même si il a encore quelques progrès notables à effectuer dans le domaine du dialogue social.

Calmement je l’ai déjà dit au délà du vote Macron, c’est aussi une certaine France que je défends. Cette fameuse France des lumières et  cette fierté de penser que c’est bien l’endroit où on est né qui détermine son appartenance à la nation. Jamais je ne pourrai voter pour quiconque défendra la nationalité par le sang… ce racialisme inavoué dont on ne sait que trop où il mène.  En ce sens, la déchéance de nationalité(1) est également un marqueur fort. Ces deux éléments constituent chez moi une ligne de fracture irrévocable. De même que le droit à la différence mais qu’en aucun cas je ne veux assimiler à toute forme de communautarisme (PIR, Sens Commun et j’en passe…).  Et jusqu’à preuve du contraire, Macron défend cela ; Marine Le Pen, non.

J’ai de plus en plus de mal avec le relativisme à tous les niveaux de la société… Alors entendre que Macron=Lepen non, de même que Mélenchon=Lepen… pareil pour macroniste=valet du grand capital international ; j’ai voté en toute connaissance de cause et sur les limites de Macron aussi. J’ai la faiblesse de penser que je ne suis pas plus idiot qu’un Mélenchoniste, qui lui non plus n’a pas l’ambition de transformer la France en une Corée du Nord bis.

Depuis quelques années, j’ai cherché à privilégier davantage ce qui peut « nous » unir que  ce qui peut nous séparer… Ensuite, il y a des bilans d’étape où chacun en tirent ses conclusions. Aussi, ce 2eme tour est cette logique. Et toujours dans cet esprit, même si je considère que c’est une erreur de se réfugier dans un vote blanc ou l’abstention, je peux entendre et comprendre toutes les critiques sociales qu’on peut faire mais pour cela il y aura les législatives…

Ne nous trompons pas de débat à cet instant, nous aurons bien d’autres moments pour nous engueuler sur les solutions que nous voulons apporter à la crise sociale, économique et écologique que nous traversons.

Aujourd’hui, nous avons le choix entre deux conceptions différentes de ce qu’est et doit être notre pays. Choix au combien fondamental pour les prochaines années.

Malheureusement, cette entame de 2ème tour, marque déjà une victoire du FN dans les têtes où  l’invective et la violence verbale entre les tenants d’un vote contre et ceux préférant un non vote est devenue la règle et c’est cela qui m’afflige par-dessus tout.

Heureusement, ce soir une centaine  jeunes militants de divers horizons (insoumis, écolos, socialitses, En Marche, UDI, Républicains) ont cosigné une tribune assez intéressante. Personnellement, je m’y retrouve totalement et plus particulièrement dans mon exigence vis-à-vis d’Emmanuel Macron. J’espère me tromper mais il a un devoir impérieux de réussite pour ces 5 prochaines années… et cela, il ne pourra le faire sans rassembler les Français dans sens un vision de l’avenir équitable pour tous et toutes.

Car oui, je suis inquiet...

  1. déchéance déjà prévu dans les textes pour les binationaux mais qui avait fait l’objet d’un débat où certains avaient entamé une surenchère quelque peu dangereuse et affligeante…
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Présidentielle : Manu faut se ressaisir et vite … !!!

26 Avril 2017 , Rédigé par Marc

Autant jusqu’au soir du 1er tour, Emmanuel Macron avait fait une campagne honorable sans être extraordinaire, lui permettant de passer entre les gouttes où les quelques égarements pouvaient être mis sur le compte de sa jeunesse « politico-communicationnelle » et sur l’attrait du souffle nouveau qu’il peut incarner. Là force est de reconnaitre que depuis dimanche soir, c’est un festival en matière de communication contre productive.

Toujours bienveillant, à la rigueur on peut admettre son escapade d’après résultat avec la justification du « j’ai souhaité passé un moment avec les gens qui m’ont aidé ». Problème, le lendemain, ce moment se traduit par une photo en compagnie de Line Renaud, Jacques Attali... manquait que Giscard et Le Luron qui lui avait une excuse. Je ne parle même pas du coté « j’ai gagné avant l’heure ». Je vous l’ai dit, je suis bienveillant.

Dès lors, on se dit que lundi, le toujours candidat et non Président, va mettre les bouchées doubles d’autant que les résultats ne sont ni quantitativement mirobolants et qualitativement un tant soit peu inquiétants – d’autant qu’on doit avoir une armée de professionnels de la carte électorale pour mettre en perspective les points saillants -. Ben non, lundi c’est repos. Pendant ce temps, le soir, la candidate Frontiste, pour le moins rassurée par un Mélenchon qui ne s’exprime pas - Mélenchoniste n’y voyait aucun jugement)- se fait son plateau télé tranquillou en cochant quasiment toutes les cases sociales de ce dernier.

Là, en vieux militant avachi dans ton fauteuil, tu te dis que « le Manu, il a tout de même intérêt à envoyer quelques signaux à ces électeurs proche de la Corée du Nord – je déconne les copains -, parce que bon manifestement on n’est plus en 2002 où il suffisait de manifester avec tes potes en gueulant F comme Fasciste N comme Nazi pour renvoyer le Jean Marie à 20% ». Sans compter qu’en tout aussi vieux briscard des réseaux sociaux, tu vois bien que c’est un peu tendu de ce coté là… on est loin, voire un peu plus loin encore, d’un grand moment d’allégresse collective autour de la candidature de Manu.

Donc, gentiment tu attends le mardi soir, en te disant qu’avec tous les génies de la communication qui l’entourent, il va te régler ça peinard… sur le thème du « oui je reste convaincu que nous devons moderniser le travail et ses conditions d’accès ; néanmoins à travers le vote de dimanche, j’ai entendu l’inquiétude des salariés et des ouvriers et je m’engage à ouvrir au lendemain de ma prise de fonction, une large concertation avec les partenaires sociaux avec comme objectif de proposer un texte pour la rentrée parlementaire de septembre ». Bref, un truc de ce genre à la portée du premier étudiant qui fait Sc Pol option communication politique pour ceux au fond à gauche près du radiateur pour montrer que tu écoutes les préoccupations de ceux d’en bas. Donc, t’écoutes et rien, nada…

Là, on est mardi soir… l’autre, elle a mis le turbo parce qu’une campagne à 11 manifestement ça l’a gonflée. Aussi, tu te dis, « putain mais merde qu’est-ce qui fout, nan parce que l’alignement des 4 lunes c’est pas tous les 15 jours non plus – ça c’est pour si tu lis régulièrement mon blog -, François H. il n’a pas tort sur tout… faut aussi y mettre un peu du sien ».

T’en es là mercredi… bref… tu te dis et à échanger avec un Marketteux - mais néanmoins talentueux sachant que lui c’est un gars sensé, il n’a jamais été trotskiste - que t’es pas le seul à le penser, ben que depuis dimanche soir… elle est bien pourrie sa campagne et que ouais ça peut craindre et fort heureusement y a que 15 jours ; confère les autres points évoqués plus haut et dans le dernier billet.

Et là… le truc cool avec une campagne, surtout le 2ème tour, t’es en mode express ; et là, ben y a l’épisode Whirlpool…

Alors au risque de m’attirer les foudres des copains macronistes qui l’ont forcément vu super bon de leurs yeux énamourés – un peu comme ceux qui ont trouvé que la campagne de Benoit avait été super méga cool et bonne… si tu vois bien les 6% que je veux dire- j’ai voté pour E.M mais bon je ne suis pas en transe bien que je puisse concédé qu’il ait du sex-appeal

Donc oui la séquence est un peu compliquée pour le Manu … Ok il n’a pas fait dans la démagogie facile ; ok il n’est pas monté nu sur le toit d’un camion… mais bon être accueilli par des sifflets et les « Marine Présidente » – ouais ça semble avoir fait le tour des médias – c’est pas génial, génial… on appelle ça le choc des photos… C’est con mais c’est comme ça et après toute façon tu rames que tu le veuilles ou non… surtout quand l’autre est passée avant toi…

Y a ça, donc pas top top et pis y a le poids des mots ; et là, tu tombes malencontreusement sur un passage du brillantissime Jacques Einstein Attali qui dit en ouvrant bien les guillemets « Whirlpool, c'est une anecdote. Le cas de 300 personnes n'est pas du ressort du président ». Bon alors quand je dis malencontreusement qu’on soit clair… en moins d’une heure c’est déjà en tête des charts… twitter, Facebook, site d’informations… et sur les forums – j’en parle parce que ouais ces machins alors que ça paye pas de mine c’est pire que Twitter et FB réunis en matière de propagation virale.

Donc perso si j’étais dircom de Manu, je m’enfile une bouteille de gin et j’envoie Jacques et quelqu’uns de ses potes pour une mission d’une bonne dizaine de jours sur les iles kerguelen. Parce qu’avec un coup comme ça… déjà que tu galères à récupérer l’électeur mélenchoniste, hamoniste… là tu peux même voir le gars qui même en geulant « troisième tour social » mettait son bulletin Macron, ben celui-là et tu auras beau lui répéter qu’il fait le lit du fascisme en 2017, il peut encore le retirer…

Je dis ça mais c’est vrai je ne suis pas dir com pol issu de sc pol donc je dois forcément avoir tort.

Il reste 13 jours un truc comme ça… Pour l’instant, Marine peut y croire malgré tout, malgré elle…

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Présidentielle : injonction, insoumission… et déjà l’oubli.

25 Avril 2017 , Rédigé par Marc

On y est sur ce fameux choix… entre cette fameuse France ouverte et cette France du repli. Que les choses sont simples dans un monde parfait, dans une France électorale qui aurait donné une clé unique de lecture. Où on peut tranquillement décidé des bons et des méchants.

Si mon choix même nuancé ne fait aucun doute, je me garderai bien de juger celles et ceux qui ne feront pas le même en se "réfugiant" dans l’abstention ou dans un vote de rejet. Alors oui, j’ai regretté l’intervention de Mélenchon, sous le coup de la colère et de la rancœur, où un peu de distance eut été meilleure conseillère par rapport à l’image qu’il a su donner durant toute sa belle campagne.

Néanmoins, je ne perds pas de vue que ce vote, pour un bon tiers de l’électorat, traduit une profonde inquiétude. A la différence d’un Laurent Bouvet qui voit dans le scrutin de dimanche une droitisation de la France ; je préfère y voir comme Henri Guaino une radicalisation de la société. Ce qui n’est pas à mon sens tout à fait la même chose. Je n’oublie pas que le premier décrochage dans les sondages de François Fillon intervient sur l’avenir de la Sécurité Sociale... 

Pour corroborer cette hypothèse, je m’appuie également sur la double segmentation de l’électorat et la corrélation, revenus/territoire sont les ressorts des scores tant pour la France Insoumise que pour la candidate du Front National. Je reste par ailleurs persuadé - des villes comme Roubaix, Marseille et d’autres semblent le confirmer - que le vote Mélenchon a permis d’enrayer le vote Lepeniste.

Cette dimension du vote qu’on ne peut considérer comme marginale, à laquelle s’ajoute au moins dans le discours porté par Marine Lepen en direction des classes « populaires » – au moins dans les mots –, ne peut être évacuée dans les prochains mois, dans les prochaines années. Et surtout, elle doit être intégrée par Emmanuel Macron au risque pour lui de n’incarner qu’un feu de paille de quelques semaines, de quelques années.

Oui il y a une France qui souffre, qui a peur de l’avenir pour elle, pour ses enfants, et celle-là on peut ni la rayer d’un trait de vote, on ne peut la moquer, on ne peut la railler ou l’insulter. Il est d’ailleurs un débat que certains ont soigneusement éviter durant cette période, celui des inégalités qui ne cessent de progresser.

Hors à gauche comme à droite, certains s’en inquiètent, aussi il serait grand temps qu’on parle sereinement avec la volonté d’apporter des réponses avec la nécessité de prendre en compte leur efficience dans une économie mondialisée. Est-ce de droite ou est-ce néolibéral de dire cela ?

Pierre Mendès-France disait que gouverner c’est prévoir ; je crois aussi que gouverner, tout en gardant une vision d’avenir claire, c’est prendre en compte les réalités qui nous entourent. C’est peut-être la différence entre le révolutionnaire et le réformiste.

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Présidentielle : Tant d’erreurs à ne pas faire…

24 Avril 2017 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

Les résultats sont tombés hier soir relevant une France polytraumatisée et malheureusement durablement fracturée comme en atteste les commentaires sur les réseaux sociaux, sur les plateaux télévisés.

Des France qui se regardent en chiens de faïence ; celle des villes, celle des campagnes, celle de groupes sociaux antagonistes,  celle d’une France ouverte sur le monde, celle d’une France qui a peur de son voisin. Tout cela, on le lit calmement sur les cartes de géographie électorale diverses et variées. Toutes les corrélations sont possibles et se superposent, pour montrer un peuple qui est exaspéré au point de liquider proprement les deux partis de gouvernement qui sont au pouvoir depuis plusieurs décennies.

Les deux se montrant déjà incapables de produire la moindre analyse des raisons qui ont concouru à leur déclin. Des traites au bouc émissaire facile et bien entendu, les citoyens qui ne comprennent si peu et ces satanés médias. Mais à quoi bon s’attarder, demain se fera probablement sans eux. Il y a également le mauvais joueur acceptant mal la défaite où le naturel, après une si belle campagne, a refait surface en quelques secondes.

Et pourtant ce scrutin doit avant tout nous permettre de ne pas réitérer les erreurs qu’on a connu dans le passé.

Je me garderai d’avoir un jugement définitif sur l’électeur mélenchoniste qui déciderait de s’abstenir au second tour mais peut-il en retour éviter tout amalgame hâtif mettant au même niveau Lepen et Macron. D’ailleurs, il n’est pas impossible que Jean Luc Mélenchon ait joué un rôle significatif pour minorer le score de la leadeuse Frontiste. Et je me garderai de tout raccourci voulant que les extrêmes se rejoignent. Très souvent, ce sont les souffrances qui se rejoignent et qu’il faut prendre en compte dans nos politiques publiques.

Tout à leur joie, les militants actifs d’Emmanuel Macron, et Emmanuel Macron lui même, doivent veiller à ne pas se griser de cet exploit inédit. L’ivresse de pouvoir est la pire des choses, elle est une pathologie reconnue mais pourtant quand le diagnostic est posé sur le « patient » elle n’est jamais acceptée… où à de trop rares exceptions.

La victoire d’Emmanuel Macron qui se dessine ne fera pas disparaître les fractures qui traversent notre société. Et le résultat du 1er tour montre également qu’il n’est pas le nouveau messie d’une nation qui se cherche un avenir en l’espérant commun ; simplement, il représente l’espoir d’une minorité de français comme moi aspirant à la recherche du consensus dépassant les clivages traditionnels.

Au fond, la France forte de son héritage des lumières et des trente glorieuses, s’est permis, à raison, le luxe de gouverner en fixant deux pôles antagonistes. Aujourd’hui, beaucoup sentent que face aux urgences économiques, sociales et environnementales ; il est grand temps de mettre en sourdine certaines divergences parfois stériles pour se concentrer sur ce qui nous rassemble. C’est un défi probablement insurmontable et pourtant nécessaire. - Je crois que beaucoup de vieux militants comme moi, éreintés par les partis politiques, espèrent un changement de la "fabrique politique"-.

La capacité d’Emmanuel Macron a été de cristalliser cette aspiration.

En somme comme pour reprendre une expression que j’affectionne, il est le prolongement de l’alignement des quatre lunes. Phénomène qui ne se produit qu’une fois tous les mille ans et qui est particulièrement difficile à faire perdurer. Mais pour le coup, cet alignement il l’a en partie provoqué.

Alors oui se mettre en marche, c’est une nécessité au regard des enjeux et des fractures qui ont explosé hier soir. On ne le découvre pas… seulement aujourd’hui, on ne peut plus les nier.

PS : Billet un peu confus sur la forme qui ramasse un certain nombre de réflexions qui seront développées dans les prochains jours :)

 

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Une campagne pour rien…

19 Avril 2017 , Rédigé par Marc

Cela fait maintenant plus de neuf mois qu’on nous inflige cette présidentielle.

Une campagne qui a commencé avec la primaire des « Républicains », puis celle du Partie Socialiste. Deux séquences qui n’auront servi à rien d’autre qu’à démontrer que ces deux partis sont désormais exsangues.

Sans préjuger du résultat de dimanche, on peut néanmoins penser qu’ils auront les plus grandes difficultés à passer à deux la barre des 30% voire 25%... situation inédite pour ces deux partis qui se succèdent au pouvoir depuis plus de 30 ans.

A coté, une forme d’hystérisation de notre société se traduit par l’affirmation de deux blocs inconciliables avec Jean Luc Mélenchon et Marine Le Pen ; sans compter une partie des supporters de celui qui pensait accéder à l’Elysée comme on valide un titre de transport.

De cette campagne du rien que restera-t-il en définitive et ce au-delà du résultat ? Peu de choses en définitive tant l’instant médiatique et politique n’est plus en capacité à faire vivre le débat de fond.

Hier soir, je regardais enfin le film « Demain » constatant avec effarement le fossé entre les problématiques majeurs aux quelles nos enfants seront confrontés dans les prochaines décennies et notre classe politique – à l’échelle des Etats -.

Une chose m’a frappé au cours de ces 2 heures. Moins l’Etat est centralisé, plus l’initiative collective peut prendre sa place et innover et que plus jamais c’est la notion de réseau qui prédominera dans la société de demain.

Il y a quelques mois, j’avais lu J. Rifkin sur la Troisième Révolution Industrielle où en matière de production d’énergie, il mettait en exergue la production électrique via une myriade de petites unités forcément orientées vers les énergies renouvelables. Je trouvais cette approche particulièrement intéressante et « Demain », à renforcer chez moi, l’idée que les solutions d’avenir passent par le « small is beautiful and connected » où la place à l’expérimentation est déterminante. Mais où la finalité n’est pas de copier une solution mais de s’en inspirer pour l’adapter à un environnement forcément différent.

On est loin de cette vision paresseuse qui consiste à dire « ben ça marche dans tel pays, y a qu’à faire pareil en France ». Ce qui revient à nier l’identité, la culture des groupes, territoires ou nations et c’est particulièrement risible quand cette même pensée paresseuse se veut défenseur de l’identité française…

De cela, je crains que les partis politiques traditionnels soient incapables de se saisir d’une part, du fait de leur structuration pyramidale et centralisée et d’autre part, une incapacité à entendre et à formaliser les inquiétudes des « gens normaux ».

Alors dimanche, tranquillement, je voterai Macron non parce que je crois que cela soit l’Homme Providentiel et qui plus est, je suis parfaitement lucide sur des points de divergences notables de son programme.

Simplement, je vois dans son élection, un moyen de rebattre les cartes de l’engagement citoyen et de voir disparaître ces appareils politiques obsolètes. C’est peu de choses et c’est bien en-deçà de mes attentes d’un futur Président mais c’est ma seule demande… un saut dans l’inconnu avec son lot d’incertitudes, j’en conviens mais le connu je n’en veux plus.

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Le désarroi de l’homme de gauche.

2 Mars 2017 , Rédigé par Marc

Indécrottable social démocrate, sans attache partisane fixe depuis quelques années, c’est peu de dire que je regarde cette Présidentielle avec une certaine stupéfaction, une bonne dose de cynisme mais aussi avec ce refrain qui revient sans cesse du « et pourquoi pas ? ».

Fidèle à mon aversion qui touche aux partis politiques, et qui remontent à de veilles pratiques que je ne connais que trop bien, je me voyais mal aller voter à la primaire socialiste. Alors me déplacer pour un Hamon dont la seule ambition est la prise d’une maison en ruine très peu pour moi. A ce propos, je crains que cette dernière soit quasiment rasée à la sortie de ce cycle électoral. En effet, si Solférino a déjà connu quelques tempêtes, jamais le PS n’avait eu une base d’élus aussi réduite avec des effectifs qui ont fondu de moitié en moins de deux ans et des bastions qui se comptent bientôt sur les doigts d’une seule main. C’est d’ailleurs la grosse différence avec la catastrophe des législatives de 1993. A l’époque, pour se relever, la maison rose pouvait encore compter sur un nombre conséquent de communes, conseils régionaux ou départements… Là en clair, le maillage territorial s’est dramatiquement réduit. Et si d’aventure, Emmanuel Macron devenait Président, on peut légitimement penser que celui-ci va encore s’étioler.

Mélenchon me direz vous ? Je reconnais à ce dernier une verve et une qualité de tribun indéniable… après… trotskyste un jour, trotskyste toujours, je n’ai jamais cru au socialisme dans un seul pays… je vous prie d’excuser ce raccourci mais raison gardée ce qui était déjà vrai dans les années 20/30, l’est à mon sens encore plus dans une économie globalisée, dans un monde interconnecté et qui le sera encore davantage demain. Partant de ce postulat, au-delà des bons sentiments, il y a, à tort ou à raison, une nécessaire prise en compte de la réalité du monde environnant.

Alors aujourd’hui, seul et si nombreux, nous nous sentons orphelins d’une gauche qui ne nous représente plus depuis longtemps. Il y a bien entendu, la logique du pire où dans un deuxième tour la présence de Marine Le Pen – oui je sais, les sondages tout ça… qui à défaut de donner un chiffre, expriment une réelle tendance- est quasiment acquise, on préfère aller à la piscine.

Et il y a… le saut dans le vide sans parachute en se disant que dans tous les cas, ce système politique dans lequel nous sommes depuis plus de 30 ans est définitivement carbonisé et qu’au fond, le choix d’Emmanuel Macron n’est pas le plus irrationnel et où tout est à construire… et ce malgré quelques gugus qui tentent de prendre la vague et que tu connaissais et n’appréciais que très modérément par ailleurs.

Aujourd’hui, j’ai pris le temps de lire le programme de Macron. Il serait ridicule de dire que je me reconnais dans toutes ses propositions et tout autant dans aucune. Néanmoins, il y a des éléments qui me parlent comme celui des propositions sur l’Education en mettant en avant le primaire et les classes en quartier prioritaire. Vivant à Roubaix, je ne peux qu’approuver ces mesures. Ensuite oui, il y a d’autres points qui me dérangent comme la généralisation du CICE sans condition - que je préfèrerai réorienter vers les TPE/PME – ou encore la question de l’emploi recevable pour un chômeur – désolé mais selon que tu gagnes 1.200 euros ou 5.000 ce n’est pas la même chose. De même, la généralisation du référendum d’entreprise qui immanquablement aboutira à un chantage à l’emploi.

Je ne développerai pas plus, sachant que dans tous les cas, chaque militant selon son obédience, le trouvera de gauche, de droite…

Au final, à 5 semaines du premier, mon hésitation se situe davantage si je fais ce saut dans l’inconnu dès le premier tour ou si j’attends le 2nd. Et comme tout au long de mes années d’engagement militant, je resterai un électron libre, et de revendiquer le droit à l’erreur… pratiqué par un nombre conséquent de militants que je connais J.

Et ce désarroi d’homme de gauche, je ne le traduis pas dans un quelconque espoir inconsidéré vis-à-vis d’un homme providentiel seulement dans un moment rare pour le militant que je suis, celui d’être devant la décomposition/recomposition d’un nouveau paysage politique ou pas. Et d’y participer ou pas avec mes convictions qui n’ont que peu varié depuis plus de 20 ans.

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Une primaire dans le désert.

20 Janvier 2017 , Rédigé par Marc

(on pourrait faire une chanson avec le titre…)

Quelques mois après le peuple de « droite », le peuple de « gauche » est amené à se déplacer pour désigner son champion en papier crépon. Le but étant de rendre gorge au candidat néolibéral matinée d’une naphtaline conservatrice fleurant bon la fin du XIX èeme.

Et bien comme pour la première, je me sens tout aussi « déconcerné » pour cette votation mais pour des raisons très différentes. Pour Fillon, c’est simple, je ne partage aucune de ses valeurs et donc signer une charte m’engageant sur des éléments que ne je partage aucunement, ce n’est pas mon truc.

Pour ce dimanche, et même si je continue à me reconnaitre comme un homme de gauche, je ne me vois pas cautionner une primaire PS qui a jugé bon de sélectionner les candidats par des tours de passe-passe, rappelant les magouilles de congrès. Je ne suis pas un supporter de Filoche, loin de là, mais le fait qu’il ne puisse concourir, je trouve ça vraiment incroyable.

Maintenant, sur le fond et les candidats.

Déjà Peillon est hors concours, le gars qui revient en politique la semaine précédent le dépôt des candidatures, je pose simplement une question simple : de qui se moque-t-on ? D’autant que le gars vivait bien sur le dos de la bête durant sa retraite politique.

Hamon, sur le plan des idées, certaines thématiques peuvent m’interpeller mais le problème de Hamon, c’est son passé. Une personne qui a cautionné un vol démocratique – lors du congrès de Reims – je ne peux tout simplement pas. Et sa carrière d’apparatchiks ainsi que ses principaux lieutenants, ces deux éléments font que c’est impossible.

Un temps je me suis posé la question de Montebourg malheureusement je suis allé le voir à Roubaix et j’en suis ressorti fort déçu. Un propos économique fleurant bon la religion croissantiste « genre quand le bâtiment va tout va » et un keynésianisme de bon aloi mais qui à mon sens ne répond plus en l’état aux enjeux des prochaines décennies.

Enfin, Valls mais bon comme pour Fillon, il est garant d’un bilan que j’estime presque aussi mauvais que celui du duo Sarkozy/Fillon. Moralité, quand on se plante de cette façon, on n’y va pas… et comme pour Fillon, un peu d’humilité ne ferait pas de mal quant à la posture.

Pour les autres, cela reste des candidatures alibis au-delà de leurs qualités respectives.

Enfin, je ne suis pas certain que cette votation suscite beaucoup d’intérêt quand en prime on sait que le désigné ne fera que de la figuration et encore… Un score à la Gaston Defferre est parfaitement envisageable (5,01%). Au fond, la seule vraie question qui vaille et m’intéresse : est ce que le Parti Socialiste va survivre à ce nouveau choc ?

Personnellement, je ne le pense pas et pour tout dire j’espère qu’il disparaisse.

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Emmanuel Macron ou l'ambivalence généralisée.

11 Janvier 2017 , Rédigé par Marc

Constatons déjà que fort heureusement Emmanuel Macron existe pour donner à cette présidentielle 2017, un peu de peps sinon c'était l'ennui assuré. Ennui entre un candidat tout fier de sa victoire idéologique nous promettant un bon vieux retour vers une ère conservatrice matinée de néolibéralisme. Une gauche éparpillée façon puzzle du fait de son incapacité ou volonté à repenser un monde qui a considérablement changé depuis 1997... c'est marrant à l'époque François Hollande prenait la tête du PS, comme quoi il n'y a pas de hasard... la médiocrité constatée au PS durant plus de 10 ans, se confirme 10 ans plus tard, au moment d'un quinquennat tout aussi médiocre que celui laissé par Sarkozy et Fillon. Enfin, une Marine Le Pen qui tente de capitaliser sur un silence prudent et très surement calculé.

Je l'ai déjà dit, si cette configuration était la seule proposée en mai, je voterai blanc sans aucun état d'âme. Laissant les bonnes âmes militantes s'égosiller pour tenter de me rendre responsable d'une possible victoire de la candidate frontiste. Cette situation si elle devait se produire ne peut être mise sur le compte de la faute à pas de bol , elle sera simplement la résultante de faits et petites magouilles entre amis. Tout cela a été dénoncé en son temps ici ou ailleurs et ces mêmes bonnes âmes militantes ont au mieux toujours minoré, nul besoin d'y revenir.

Alors, j'avoue, cette tentation Macron m'intéresse. Non que je sois un adepte du Messie, loin de là, mais sa démarche sur fond de bras d'honneur aux partis politiques m'interpelle. D'autant plus facilement que j'ai quelque peu roulé ma bosse dans un certain nombre d'entre eux et au regard de leur déliquescence, nous ne pouvons plus rien en attendre, tant ils sont devenus incapables de produire un quelconque contenu différentiant en prise avec les enjeux de demain.

Par ailleurs, comment peut on balayer d'un simple revers de main, cette foule d'anonymes ignorants tout du monde politique se retrouvant dans le sillon d'Emmanuel Macron et de son machin En Marche. En Spectateur actif de la vie politique, on ne peut qu'essayer de comprendre un tel phénomène ; tout en gardant un certain recul notamment avec le volte face d'apparatchiks notoires vis-à-vis de partis qui les ont nourris. Je ne donnerai pas de nom mais j'en connais déjà quelqu'uns dans le Nord... et ça ne peut que me faire sourire.

Voilà pour la forme.

Sur le fond, je suis très ambivalent par rapport aux propositions qu'il a commencé à égrener. Certaines me semblent aller dans le bon sens, comme le fait de remplacer les cotisations par la CSG car en effet comment continuer à financer notre système de santé dans un monde où le travail ne peut que se raréfier. A ce propos, même si il évoque cette question à travers quelques exemples comme dans les banques, sa réflexion s'arrête au milieu du gué1.

C'est d'ailleurs, une des constances dans ces différents discours, j'ai toujours l'impression qu'il n'ose aller au bout de sa pensée ménageant sa gauche et sa droite loin de certains ces propos tout en rupture, se plaçant trop souvent du coté du marteau que de l'enclume. C'est à mon sens, une de ses grosses faiblesse, sa difficulté à comprendre la brutalité à laquelle doivent faire face des millions de salariés. Ce sentiment - cette réalité - ne m'empêche pas d'être sensible aux difficultés que peuvent connaitre les patrons face aux aberrations de nos administrations qui - faut il le rappeler- ne sont jamais que la déclinaison des orientations politiques. 

De même, j'ai quelques difficultés à me retrouver sur sa propension européenne où quelques réformettes peuvent remettre en selle une Europe déshumanisée et moribonde. Au chapitre des regrets, je guette quelques déclarations sur l'évasion fiscale et les paradis mais sur ce point, je risque d'être déçu. Non parce qu'Emmanuel Macron est banquier mais peut être tout simplement parce que ce n'est pas dans sa culture où plutôt que cette situation est tout simplement acceptée.

Alors à ce jour, oui j'aurai envie de croire Macron représente une certaine modernité à laquelle j'aspire où les entreprises ne sont pas le mal absolu et une source d'innovation qui peuvent être un progrès pour chacun. Néanmoins, j'ai une certaine réserve avec ce sentiment que cette quête n'a d'autre objet que de permettre à quelqu'uns d'espérer l'immortalité. Fonds de commerce de ce qu'on nomme les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) où le libertarisme est la norme.

Futuribles dec 2016 : au cours des 20 prochaines années, plus de la moitié des travailleurs de cinq pays d’Asie du Sud-Est, soit 137 millions d’ouvriers qui représentent 56 % de la masse salariale du Cambodge, de l’Indonésie, des Philippines, de la Thaïlande et du Viêt-nam, risquent fortement de perdre leur emploi du fait de l’automatisation des tâches. 

 

 

 

 

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De l’ubérisation de nos sociétés sans travail humain.

5 Décembre 2016 , Rédigé par Marc

Depuis quelques années, ll est désormais convenu de s’indigner contre les parasites du système qui l’empêchent de s’épanouir pleinement. Celles et ceux qui sont fonctionnaires trop grassement payés et ne travaillant pas assez, de celles et ceux qui profitent trop largement d’un CDI et protégés par un droit du travail par trop favorable. De celles et ceux qui doivent survivre avec un RSA et de la CMU.

Désormais, il nous faut nous enthousiasmer et appeler de nos vœux à l’uberisation de la force du travail et pour quiconque ose émettre un semblant d’interrogation sur ce nouveau d’organisation, ce dernier se voit ranger dans la catégorie des populistes, dernier stade avant la case fascisante. Il y a d’ailleurs lieu de s’interroger si cette détestation de la modernité – stade ultime de l’humanité éclairée – ne porte en elle les germes d’un retour à l’âge de fer. Et est-il convenant de s’interroger sur ce tsunami ?

Car si incontestablement, le consommateur sort vainqueur de cet « échange » asymétrique pour l’instant, est ce que ce même consommateur - qui est souvent lui-même un salarié – ne sera-t-il pas soumis à plus ou moins brève échéance soumis à la même pression sur son lieu de travail ? Et par extension, n’est ce pas aussi une dépréciation accélérée de ses taches qui se profile pour lui ?

 cette première interrogation quant au lien dominant/dominé, qui s’apparente à une forme modernisé du servage datant du moyen-âge – je ne peux que sourire quand certains abrutis parlent de liberté pour l’uberisé -, apparait également en creux la transformation profonde que va subir nos sociétés dans son rapport au travail. Outre la dépréciation de sa valeur déjà évoquée ; l’importance de la robotisation, de l’automatisation de haut niveau et le développement de l’Intelligence Artificielle poseront de facto celle de la ressource disponible pour le travail humain.

Et je m’interroge très ouvertement sur la capacité d’une grande partie de notre personnel politique à  prendre en compte ces évolutions, évolutions qu’on ne peut par ailleurs arrêter, n’en déplaisent aux Filoche en culottes courtes ou aux Fillon en chaussettes rouges. Prise en compte ou pire simplement connaitre à minima l’état de l’art dans ces seuls domaines tant sont ils concentrés sur leur propre petite personne. Force est de constater l’incroyable vacuité intellectuelle de ceux qui doivent présider aux destinées d’un pays.

Coupés de la société, coupés de la réalité et de la vitesse de l’innovation, à quoi nous servent les hommes et femmes politiques aujourd’hui ?

Certains veulent nous faire croire que des programmes datant de plus de 30 ans sont à même de répondre aux problématiques actuelles et de demain ; d’autres à défaut de poser une quelconque réflexion de moyen malgré leur « jeune » âge tentent de surfer sur cette vague de la modernité qui n’est rien d’autre que la génuflexion du mercantilisme le plus vulgaire au détriment de l’humain. Alors qu’au contraire les progrès que nous connaissons et allons connaître doivent permettre d’appréhender cette crise systémique par une remise de l’Humain au centre de notre réflexion commune.  

Pour cela, il ne suffit pas d’écrire « Révolution », peut-être s’agit il d’être courageux pour porter une ambition qui résiste mal à la médiocrité ambiante du jeu politico-médiatique.

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La vieille France en force.

21 Novembre 2016 , Rédigé par Marc

« Aujourd'hui, si vous naissez pauvre, vous mourrez en moyenne neuf ans avant les autres. Si vous êtes noir, vous êtes traités plus durement par le système pénal que si vous êtes blanc. Si vous êtes un garçon blanc issu de la classe ouvrière, vous avez moins de chance que tous les autres d'aller à l'université. Si vous êtes une femme, vous gagnez toujours moins qu'un homme"*.

La primaire de la Droite et du (Centre… la bonne blague) a rendu deux verdicts forts. Le premier est que les électeurs de droite ne veulent plus de Sarkozy et le deuxième c’est qu’on assiste au retour en force de la vieille France néolibérale et franchement réactionnaire. François Fillon incarnant à merveille cette orientation propre à la tranche électorale la plus vieillissante. Celle qui veut que les sacrifices des générations futures puissent assumer leur propre fin de vie et… à après le déluge.

Quand on entend François Fillon, on pense toujours à ces comités de bienfaisance patronesque  du XIXème siècle où le pauvre ne doit pas être trop pauvre parce que ça peut abîmer les yeux et ça permet aussi de se donner bonne conscience. Tout cela bien entendu dans un cadre de société très rigide où les questions d’émancipation individuelle sont incongrues car porteuses de mauvaises idées.

L’avantage d’un François Fillon c’est qu’il ne poussera pas l’électeur trop loin dans les incertitudes d’un monde en crise. Il n’interrogera pas sur l’augmentation continue des inégalités sociales, culturelles et économiques, en France comme ailleurs ; celle-ci faisant partie d’un ordre naturel qu’il serait malvenu de modifier. Au même titre que la chose environnementale où François Fillon, qui sans jamais affirmer son climatoscepticisme plus ou moins assumé, estime que tout rentrera dans l’ordre sans autre forme de volonté. Il n’est d’ailleurs pas surprenant qu’une de ses propositions phares dans ce domaine, c’est l’augmentation de la durée de vie des centrales nucléaires. Le présent au détriment de l’avenir.

C’est ce qui me frappe le plus chez lui, cette absence totale de perspective et de remise en question. De ses cinq ans à Matignon, il n’a retenu qu’une chose, il a été empêché par Nicolas Sarkozy, comprenez qu’il fallait encore allait plus loin dans ces antiennes néolibérales. Après une embardée du coté du séguinisme, sa véritable boussole semble être le phare Thatchérien - dont même la Première Ministre Britannique s’est clairement détachée -. Qu’au début des années 80, on soit séduit par le discours de la dérégulation totale, on peut l’admettre ; aujourd’hui quand on fait les comptes de cette dernière, il y a matière à s’interroger (et il n’y a pas que les méchants gauchistes comme moi) sans compter qu’à cette époque, nous n’avions aucune idée des révolutions auxquelles la société devra faire face au cours des deux prochaines décennies.

« Pensée » économique bloquée sur les années 80, « pensée » sociétale bloquée au XIXème. La droite redevient la droite me direz vous, et la gauche redevient la gauche. Je fais partie de ceux qui estiment que la réussite n’est pas un péché en soi et qu’il faut effectivement encourager l’initiative. Cependant dans ce domaine, l’indécence ne peut être le but ultime. Alors oui, si effectivement penser qu’un individu puisse gagner en une année l’équivalent de plusieurs milliers d’années de SMIC, je reste de gauche. Et ce d’autant plus que je ne crois pas un instant à la théorie du ruissellement et que dans le domaine économique, il n’y a pas de fatalité, mais uniquement des choix.

 

* Thérésa May – Première Ministre du Royaume Uni.

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