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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Abstentionniste, dois tu fermer ta gueule ?

22 Juin 2017 , Rédigé par Marc

Non, Fred, t’es pas tout seul… toi et tes copains abstentionnistes, vous êtes 27.125.535… soit 57,36% des français en âge de voter pour les législatives. Une paille quoi.

Ce chiffre affolant permet à certains de dire que, les nouveaux députés ne sont pas légitimes… enfin pas tous… notamment si t’es député Insoumis car toi, en fait, tu es LE Peuple donc de facto tu es légitime. A contrario, si tu es député LREM, ben tu dois démissionner sur le champ, en te flagellant et en marchant sur les genoux de ta circonscription à l’Assemblée Nationale. En général, cette fine analyse s’accompagne d’un non moins définitif « façon, l’abstention c’est à cause de Macron ».

On pourrait croire que je caricature… malheureusement, il suffit d’écouter un Mélenchon ou un Corbières pour se rendre compte que non. Il faut reconnaitre qu’il y a également le discours diamétralement opposé du « si t’es abstentionniste, tu fermes sa gueule et pis c’est tout, je suis légitime et je t’emmerde ».

Loin de ces positions caricaturales et bien réelles, cette montée progressive de l’abstention depuis plusieurs décennies pose un certain nombre d’interrogations, qu’à ce jour aucune initiative n’a réussi à enrayer.

Bien entendu, on n’aurait tort de balayer d’un revers de main, cette question de la légitimité de nos élus, et je dis bien tous nos élus, du simple conseiller municipal au député. Qui peut en effet contester que cette légitimité s’effrite à mesure que le corps électoral le désignant se rétrécie. Face à cette réalité, on a été tenté de mettre en avant la démocratie participative - comité de quartier, conseil citoyen - avec des succès, il faut bien l’avouer, fort modestes. Lieux où très souvent, quand on a un peu de bouteille, on a tendance à rencontrer les mêmes personnes dans un vase clos qu’on dénonce par ailleurs.

La démocratie de proximité est à réinventer, en généralisant des budgets participatifs ? en retissant les liens distendus entre les citoyens et les élus ? en généralisant via des plateformes permettant des consultations directs ? Cela peut bien entendu revitaliser notre démocratie néanmoins il nous faut également repenser la lisibilité de la décision politique et son millefeuille politico-administratif. A ce propos, la métropolisation semble devenu l’alpha et l’oméga pour les élus au détriment des municipalités où le citoyen lambda peine encore plus à trouver sa place, si d’ailleurs on veut réellement lui donner.

Autre élément de désaffection, à tort ou à raison, ce sentiment qui veut se qui font et appliquent la loi sont trop souvent au dessus d’elle. Alimentant de facto, le tous pourris et malheureusement les évènements récents ont contribué à accentuer ce fossé. Fossé encore plus grand quand les élus veulent demander des sacrifices à une grande partie de la population et que certains de ces mêmes élus ne se les appliquent pas à eux-mêmes.

Probablement un autre élément qui déstructure l’engagement citoyen minimal qu’est le vote. Celui d’une dilution toujours plus importante du sens collectif au profit de l’individu et de l’individualité. Cette atomisation se généralise à tous les pans de notre vie quotidienne… du smartphone, premier pas vers la transhumanisation de nos existences augmentées ou pas d’ailleurs ; à cette ubérisation de nos vies salariées où là également le soi supplante radicalement le nous. Avec comme conséquence cette même nécessité de réinventer l’expression syndicale. Cette somme d’individualisations a pour conséquence, une déliquescence du « pouvoir » politique sur nos sociétés. Sans compter la prégnance du tout économique et de l’immédiateté sur les champs des possibles alors même que nous sommes face à des défis qui n’ont jamais demandé autant à la décision politique.

Enfin, comment passer sous silence la responsabilité des partis politiques dans cette crise actuelle. Longtemps considérés comme des lieux d’éducation populaire – avec un prisme par trop idéologique -, peu à peu ils se sont vidés de cette dimension essentielle où l’intelligence citoyenne était un bien commun – ok je m’emballe un peu mais il y avait de ça -. Aujourd’hui, tous sont devenus des machines à égos dont l’ambition se limite quasiment exclusivement à la conquête d’un mandat où la fin - faim ? - justifie les moyens. Alors que plus que jamais les débats ont besoin d’une confrontation du terrain et de l’expertise ; les partis sont désormais dans l’incapacité de les accueillir. Les intellectuels et scientifiques ont été exclus il y a déjà quelques décennies, et les porteurs d’expériences considèrent qu’ils n’ont plus de temps à perdre avec les partis. Bien entendu, de temps à autre, hommes/femmes politiques tentent de mettre en exergue l’un ou l’autre mais très rarement ce nécessaire dialogue.

La conjonction de ces éléments – et il y en d’autres – a eu pour conséquence une déflagration terrible pour les partis de gouvernement, l’un est quasi mort, l’autre est sévèrement amputé. Si les partis aux extrêmes de notre échiquier politique ont pu tirer parti de cette situation, ils ne le doivent qu’à leur seule fonction tribunicienne. Ils ont beau jeu de vouloir délégitimiser leurs « ennemis », il n’en demeure pas moins qu’ils n’ont pas réussi à mobiliser davantage – ok il y a le grand complot des médias -.

Les partis politiques s’ils veulent inverser cette tendance lourde d’une abstention endémique et durable, doivent se réinventer ou s’inventer pour l’un d’entre eux. Tant au niveau de leurs pratiques que de dans leur capacité à produire de l’intelligence et donc de l’envie. Les seuls slogans ne seront d’aucune utilité sur le moyen et long terme.

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Législatives : le cadeau de Jospin à Emmanuel Macron...

6 Juin 2017 , Rédigé par Marc

On semble s'acheminer vers une vague En Marche de forte magnitude aux prochaines Législatives.

Si Les Républicains espèrent limiter la casse, c'est à dire avec un perte d'une centaine de députés. L'enjeu de LR, c'est l'après avec en ligne de mire, un éclatement en deux tendances qui semblent de moins en moins conciliables. Et ce d'autant moins si Laurent Wauquiez prend la tête de LR.

Pour le Parti Socialiste, c'est davantage la question de sa survie qui se joue. Dans un département comme le Nord, ce fameux bastion, au soir des résultats, il aura au mieux un/deux députés, des villes qui se comptent sur les doigts de la main et une poignée de conseillers départementaux... c'est peu pour un futur reconquête et cette réalité est semblable sur l'ensemble du territoire.

Jean Luc Mélenchon, avec son attitude depuis le soir du 1er tour de la Présidentielle, a dilapidé son capital sympathie auprès de beaucoup de ses électeurs. A cela s'ajoute, des candidats quasi anonymes, de fait alors qu'il aurait pu jouer la carte du 1er parti d'opposition, il ramène les Insoumis au cadre plus étroit du parti contestataire en partie inutile... nul doute qu'il prépare déjà sa revanche victorieuse pour 2022... 

Et il y a, ce que les trois autres considèrent comme un braquage, La République En Marche qui va réussir le tour de force d'obtenir non seulement une majorité absolue sans réelle structuration et avec une majorité "d'anonymes"... Beaucoup de militants s'interrogent sur ce "grand scandale".

Pourtant, la raison de cette situation est relativement : elle est le résultat de l'inversion de calendrier des Législatives et de la Présidentielle.

Le passage au quinquennat a de fait renforcer le poids du Président dans notre constitution. Que son élection se fasse avant les élections législatives a encore accru son importance. Et la pratique de Sarkozy a montré que le vrai patron de l'exécutif, c'est bien le Président. Fillon n'a été qu'un faire valoir ou un souffre douleur ; Hollande a cru qu'on était au bon vieux temps de Mitterrand ou de Chirac.

Cela peut paraitre anodin mais cette inversion a aussi eu un impact pour les candidats aux législatives, l'obligation de faire une campagne éclaire avec un effet quasi nul surtout quand on a un déficit de notoriété, tant les législatives sont un faire valoir et figées par le résultat de la Présidentielle. Mais pire, quand le système est stable, les deux blocs  PS/LR (ou UMP) ont encore la capacité d'exister surtout quand les deux sont au second tour en mai.

Là, nous sommes à plusieurs titres dans une situation inédite... Macron qui a complètement tourneboulé le système. Les prétendants des grands partis absents du 2nd tour de la présidentielle et donc avec une légitimité très faible voire nulle (Fillon et Hamon) pour croiser le fer au cours de ces 3 semaines. Par conséquent, l'effet dynamique présidentielle latent a joué pleinement cette fois et probablement au delà des espoirs des "dirigeants" d'En Marche. 

Je lisais quelqu'un qui écrivait récemment "une chèvre marqué En Marche peut être élue"... c'est vrai mais on ne va pas se mentir c'était également le cas dans le passé dans de moindre proportion. Aujourd'hui, nous sommes dans une situation totalement inédite... il faudra quelques années pour la restabiliser.

Au final, Emmanuel Macron peut donc légitimement remercier Lionel Jospin pour ce coup de génie de 2002...

Enfin je sais également que mes anciens camarades socialistes trouveront une autre explication... c'est la faute des autres... bonne marche les copains.

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Moralisation : Les annonces de Bayrou vont dans le bon sens

1 Juin 2017 , Rédigé par Marc

Malgré un télescopage plus que dommageable avec l’affaire Ferrand – il aurait déjà dû démissionner – François Bayrou a annoncé un train de mesures visant à moraliser visant à encadrer les élus.

Et bien celles-ci vont dans le bon sens. Bien sûr, on pourra toujours mégoter, trouver que ça ne va pas assez loin, pas assez vite, ouais et ? on fait quoi on attend tant qu’on n’a pas coché toutes les cases ce qui fait qu’on continue sans rien changer.

Alors oui, limiter le cumul dans le temps (3 mandats) c’est une excellente chose ! Contrôler davantage les activités de conseil des parlementaires, très bien. D’autant que je suis persuadé que la démocratie liquide et le contrôle citoyen sur ces questions sont en marche et pour longtemps.

De même, cette curiosité souvent clientéliste que constituait la réserve parlementaire est enfin supprimée. Intéressant également, la probable fin des micros partis et la volonté de contrôler davantage les finances des partis politiques qui vivent principalement – et je suis farouchement pour – sur nos Impôts.

Une proposition m’a néanmoins fait sourire… la fin des emplois familiaux pour les élus… Sérieusement, ou est ce moi ? , y a qu’en France où on doit préciser cela. Quand je dis cela t au regard des grandes démocraties comme en Allemagne, dans les Pays scandinaves. Après on s’étonnera du nombre de lois en France… quand on en est à préciser cela dans la loi.

Toutes les propositions sont là.

Donc, après ces annonces du Ministre de la Justice, je ne boude pas mon plaisir et dans un timing respecté. Un engagement tenu par le Président et son exécutif, il s’agira maintenant pour les citoyens, les militants d’être vigilant sur les détricotages possibles au niveau des assemblées.

Les principes sont posés mais qui sait nos députés iront peut être plus loin, on ne poura que les y encourager.

 

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