Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Articles récents

Le désarroi de l’homme de gauche.

2 Mars 2017 , Rédigé par Marc

Indécrottable social démocrate, sans attache partisane fixe depuis quelques années, c’est peu de dire que je regarde cette Présidentielle avec une certaine stupéfaction, une bonne dose de cynisme mais aussi avec ce refrain qui revient sans cesse du « et pourquoi pas ? ».

Fidèle à mon aversion qui touche aux partis politiques, et qui remontent à de veilles pratiques que je ne connais que trop bien, je me voyais mal aller voter à la primaire socialiste. Alors me déplacer pour un Hamon dont la seule ambition est la prise d’une maison en ruine très peu pour moi. A ce propos, je crains que cette dernière soit quasiment rasée à la sortie de ce cycle électoral. En effet, si Solférino a déjà connu quelques tempêtes, jamais le PS n’avait eu une base d’élus aussi réduite avec des effectifs qui ont fondu de moitié en moins de deux ans et des bastions qui se comptent bientôt sur les doigts d’une seule main. C’est d’ailleurs la grosse différence avec la catastrophe des législatives de 1993. A l’époque, pour se relever, la maison rose pouvait encore compter sur un nombre conséquent de communes, conseils régionaux ou départements… Là en clair, le maillage territorial s’est dramatiquement réduit. Et si d’aventure, Emmanuel Macron devenait Président, on peut légitimement penser que celui-ci va encore s’étioler.

Mélenchon me direz vous ? Je reconnais à ce dernier une verve et une qualité de tribun indéniable… après… trotskyste un jour, trotskyste toujours, je n’ai jamais cru au socialisme dans un seul pays… je vous prie d’excuser ce raccourci mais raison gardée ce qui était déjà vrai dans les années 20/30, l’est à mon sens encore plus dans une économie globalisée, dans un monde interconnecté et qui le sera encore davantage demain. Partant de ce postulat, au-delà des bons sentiments, il y a, à tort ou à raison, une nécessaire prise en compte de la réalité du monde environnant.

Alors aujourd’hui, seul et si nombreux, nous nous sentons orphelins d’une gauche qui ne nous représente plus depuis longtemps. Il y a bien entendu, la logique du pire où dans un deuxième tour la présence de Marine Le Pen – oui je sais, les sondages tout ça… qui à défaut de donner un chiffre, expriment une réelle tendance- est quasiment acquise, on préfère aller à la piscine.

Et il y a… le saut dans le vide sans parachute en se disant que dans tous les cas, ce système politique dans lequel nous sommes depuis plus de 30 ans est définitivement carbonisé et qu’au fond, le choix d’Emmanuel Macron n’est pas le plus irrationnel et où tout est à construire… et ce malgré quelques gugus qui tentent de prendre la vague et que tu connaissais et n’appréciais que très modérément par ailleurs.

Aujourd’hui, j’ai pris le temps de lire le programme de Macron. Il serait ridicule de dire que je me reconnais dans toutes ses propositions et tout autant dans aucune. Néanmoins, il y a des éléments qui me parlent comme celui des propositions sur l’Education en mettant en avant le primaire et les classes en quartier prioritaire. Vivant à Roubaix, je ne peux qu’approuver ces mesures. Ensuite oui, il y a d’autres points qui me dérangent comme la généralisation du CICE sans condition - que je préfèrerai réorienter vers les TPE/PME – ou encore la question de l’emploi recevable pour un chômeur – désolé mais selon que tu gagnes 1.200 euros ou 5.000 ce n’est pas la même chose. De même, la généralisation du référendum d’entreprise qui immanquablement aboutira à un chantage à l’emploi.

Je ne développerai pas plus, sachant que dans tous les cas, chaque militant selon son obédience, le trouvera de gauche, de droite…

Au final, à 5 semaines du premier, mon hésitation se situe davantage si je fais ce saut dans l’inconnu dès le premier tour ou si j’attends le 2nd. Et comme tout au long de mes années d’engagement militant, je resterai un électron libre, et de revendiquer le droit à l’erreur… pratiqué par un nombre conséquent de militants que je connais J.

Et ce désarroi d’homme de gauche, je ne le traduis pas dans un quelconque espoir inconsidéré vis-à-vis d’un homme providentiel seulement dans un moment rare pour le militant que je suis, celui d’être devant la décomposition/recomposition d’un nouveau paysage politique ou pas. Et d’y participer ou pas avec mes convictions qui n’ont que peu varié depuis plus de 20 ans.

Lire la suite

Une primaire dans le désert.

20 Janvier 2017 , Rédigé par Marc

(on pourrait faire une chanson avec le titre…)

Quelques mois après le peuple de « droite », le peuple de « gauche » est amené à se déplacer pour désigner son champion en papier crépon. Le but étant de rendre gorge au candidat néolibéral matinée d’une naphtaline conservatrice fleurant bon la fin du XIX èeme.

Et bien comme pour la première, je me sens tout aussi « déconcerné » pour cette votation mais pour des raisons très différentes. Pour Fillon, c’est simple, je ne partage aucune de ses valeurs et donc signer une charte m’engageant sur des éléments que ne je partage aucunement, ce n’est pas mon truc.

Pour ce dimanche, et même si je continue à me reconnaitre comme un homme de gauche, je ne me vois pas cautionner une primaire PS qui a jugé bon de sélectionner les candidats par des tours de passe-passe, rappelant les magouilles de congrès. Je ne suis pas un supporter de Filoche, loin de là, mais le fait qu’il ne puisse concourir, je trouve ça vraiment incroyable.

Maintenant, sur le fond et les candidats.

Déjà Peillon est hors concours, le gars qui revient en politique la semaine précédent le dépôt des candidatures, je pose simplement une question simple : de qui se moque-t-on ? D’autant que le gars vivait bien sur le dos de la bête durant sa retraite politique.

Hamon, sur le plan des idées, certaines thématiques peuvent m’interpeller mais le problème de Hamon, c’est son passé. Une personne qui a cautionné un vol démocratique – lors du congrès de Reims – je ne peux tout simplement pas. Et sa carrière d’apparatchiks ainsi que ses principaux lieutenants, ces deux éléments font que c’est impossible.

Un temps je me suis posé la question de Montebourg malheureusement je suis allé le voir à Roubaix et j’en suis ressorti fort déçu. Un propos économique fleurant bon la religion croissantiste « genre quand le bâtiment va tout va » et un keynésianisme de bon aloi mais qui à mon sens ne répond plus en l’état aux enjeux des prochaines décennies.

Enfin, Valls mais bon comme pour Fillon, il est garant d’un bilan que j’estime presque aussi mauvais que celui du duo Sarkozy/Fillon. Moralité, quand on se plante de cette façon, on n’y va pas… et comme pour Fillon, un peu d’humilité ne ferait pas de mal quant à la posture.

Pour les autres, cela reste des candidatures alibis au-delà de leurs qualités respectives.

Enfin, je ne suis pas certain que cette votation suscite beaucoup d’intérêt quand en prime on sait que le désigné ne fera que de la figuration et encore… Un score à la Gaston Defferre est parfaitement envisageable (5,01%). Au fond, la seule vraie question qui vaille et m’intéresse : est ce que le Parti Socialiste va survivre à ce nouveau choc ?

Personnellement, je ne le pense pas et pour tout dire j’espère qu’il disparaisse.

Lire la suite

Emmanuel Macron ou l'ambivalence généralisée.

11 Janvier 2017 , Rédigé par Marc

Constatons déjà que fort heureusement Emmanuel Macron existe pour donner à cette présidentielle 2017, un peu de peps sinon c'était l'ennui assuré. Ennui entre un candidat tout fier de sa victoire idéologique nous promettant un bon vieux retour vers une ère conservatrice matinée de néolibéralisme. Une gauche éparpillée façon puzzle du fait de son incapacité ou volonté à repenser un monde qui a considérablement changé depuis 1997... c'est marrant à l'époque François Hollande prenait la tête du PS, comme quoi il n'y a pas de hasard... la médiocrité constatée au PS durant plus de 10 ans, se confirme 10 ans plus tard, au moment d'un quinquennat tout aussi médiocre que celui laissé par Sarkozy et Fillon. Enfin, une Marine Le Pen qui tente de capitaliser sur un silence prudent et très surement calculé.

Je l'ai déjà dit, si cette configuration était la seule proposée en mai, je voterai blanc sans aucun état d'âme. Laissant les bonnes âmes militantes s'égosiller pour tenter de me rendre responsable d'une possible victoire de la candidate frontiste. Cette situation si elle devait se produire ne peut être mise sur le compte de la faute à pas de bol , elle sera simplement la résultante de faits et petites magouilles entre amis. Tout cela a été dénoncé en son temps ici ou ailleurs et ces mêmes bonnes âmes militantes ont au mieux toujours minoré, nul besoin d'y revenir.

Alors, j'avoue, cette tentation Macron m'intéresse. Non que je sois un adepte du Messie, loin de là, mais sa démarche sur fond de bras d'honneur aux partis politiques m'interpelle. D'autant plus facilement que j'ai quelque peu roulé ma bosse dans un certain nombre d'entre eux et au regard de leur déliquescence, nous ne pouvons plus rien en attendre, tant ils sont devenus incapables de produire un quelconque contenu différentiant en prise avec les enjeux de demain.

Par ailleurs, comment peut on balayer d'un simple revers de main, cette foule d'anonymes ignorants tout du monde politique se retrouvant dans le sillon d'Emmanuel Macron et de son machin En Marche. En Spectateur actif de la vie politique, on ne peut qu'essayer de comprendre un tel phénomène ; tout en gardant un certain recul notamment avec le volte face d'apparatchiks notoires vis-à-vis de partis qui les ont nourris. Je ne donnerai pas de nom mais j'en connais déjà quelqu'uns dans le Nord... et ça ne peut que me faire sourire.

Voilà pour la forme.

Sur le fond, je suis très ambivalent par rapport aux propositions qu'il a commencé à égrener. Certaines me semblent aller dans le bon sens, comme le fait de remplacer les cotisations par la CSG car en effet comment continuer à financer notre système de santé dans un monde où le travail ne peut que se raréfier. A ce propos, même si il évoque cette question à travers quelques exemples comme dans les banques, sa réflexion s'arrête au milieu du gué1.

C'est d'ailleurs, une des constances dans ces différents discours, j'ai toujours l'impression qu'il n'ose aller au bout de sa pensée ménageant sa gauche et sa droite loin de certains ces propos tout en rupture, se plaçant trop souvent du coté du marteau que de l'enclume. C'est à mon sens, une de ses grosses faiblesse, sa difficulté à comprendre la brutalité à laquelle doivent faire face des millions de salariés. Ce sentiment - cette réalité - ne m'empêche pas d'être sensible aux difficultés que peuvent connaitre les patrons face aux aberrations de nos administrations qui - faut il le rappeler- ne sont jamais que la déclinaison des orientations politiques. 

De même, j'ai quelques difficultés à me retrouver sur sa propension européenne où quelques réformettes peuvent remettre en selle une Europe déshumanisée et moribonde. Au chapitre des regrets, je guette quelques déclarations sur l'évasion fiscale et les paradis mais sur ce point, je risque d'être déçu. Non parce qu'Emmanuel Macron est banquier mais peut être tout simplement parce que ce n'est pas dans sa culture où plutôt que cette situation est tout simplement acceptée.

Alors à ce jour, oui j'aurai envie de croire Macron représente une certaine modernité à laquelle j'aspire où les entreprises ne sont pas le mal absolu et une source d'innovation qui peuvent être un progrès pour chacun. Néanmoins, j'ai une certaine réserve avec ce sentiment que cette quête n'a d'autre objet que de permettre à quelqu'uns d'espérer l'immortalité. Fonds de commerce de ce qu'on nomme les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) où le libertarisme est la norme.

Futuribles dec 2016 : au cours des 20 prochaines années, plus de la moitié des travailleurs de cinq pays d’Asie du Sud-Est, soit 137 millions d’ouvriers qui représentent 56 % de la masse salariale du Cambodge, de l’Indonésie, des Philippines, de la Thaïlande et du Viêt-nam, risquent fortement de perdre leur emploi du fait de l’automatisation des tâches. 

 

 

 

 

Lire la suite

De l’ubérisation de nos sociétés sans travail humain.

5 Décembre 2016 , Rédigé par Marc

Depuis quelques années, ll est désormais convenu de s’indigner contre les parasites du système qui l’empêchent de s’épanouir pleinement. Celles et ceux qui sont fonctionnaires trop grassement payés et ne travaillant pas assez, de celles et ceux qui profitent trop largement d’un CDI et protégés par un droit du travail par trop favorable. De celles et ceux qui doivent survivre avec un RSA et de la CMU.

Désormais, il nous faut nous enthousiasmer et appeler de nos vœux à l’uberisation de la force du travail et pour quiconque ose émettre un semblant d’interrogation sur ce nouveau d’organisation, ce dernier se voit ranger dans la catégorie des populistes, dernier stade avant la case fascisante. Il y a d’ailleurs lieu de s’interroger si cette détestation de la modernité – stade ultime de l’humanité éclairée – ne porte en elle les germes d’un retour à l’âge de fer. Et est-il convenant de s’interroger sur ce tsunami ?

Car si incontestablement, le consommateur sort vainqueur de cet « échange » asymétrique pour l’instant, est ce que ce même consommateur - qui est souvent lui-même un salarié – ne sera-t-il pas soumis à plus ou moins brève échéance soumis à la même pression sur son lieu de travail ? Et par extension, n’est ce pas aussi une dépréciation accélérée de ses taches qui se profile pour lui ?

 cette première interrogation quant au lien dominant/dominé, qui s’apparente à une forme modernisé du servage datant du moyen-âge – je ne peux que sourire quand certains abrutis parlent de liberté pour l’uberisé -, apparait également en creux la transformation profonde que va subir nos sociétés dans son rapport au travail. Outre la dépréciation de sa valeur déjà évoquée ; l’importance de la robotisation, de l’automatisation de haut niveau et le développement de l’Intelligence Artificielle poseront de facto celle de la ressource disponible pour le travail humain.

Et je m’interroge très ouvertement sur la capacité d’une grande partie de notre personnel politique à  prendre en compte ces évolutions, évolutions qu’on ne peut par ailleurs arrêter, n’en déplaisent aux Filoche en culottes courtes ou aux Fillon en chaussettes rouges. Prise en compte ou pire simplement connaitre à minima l’état de l’art dans ces seuls domaines tant sont ils concentrés sur leur propre petite personne. Force est de constater l’incroyable vacuité intellectuelle de ceux qui doivent présider aux destinées d’un pays.

Coupés de la société, coupés de la réalité et de la vitesse de l’innovation, à quoi nous servent les hommes et femmes politiques aujourd’hui ?

Certains veulent nous faire croire que des programmes datant de plus de 30 ans sont à même de répondre aux problématiques actuelles et de demain ; d’autres à défaut de poser une quelconque réflexion de moyen malgré leur « jeune » âge tentent de surfer sur cette vague de la modernité qui n’est rien d’autre que la génuflexion du mercantilisme le plus vulgaire au détriment de l’humain. Alors qu’au contraire les progrès que nous connaissons et allons connaître doivent permettre d’appréhender cette crise systémique par une remise de l’Humain au centre de notre réflexion commune.  

Pour cela, il ne suffit pas d’écrire « Révolution », peut-être s’agit il d’être courageux pour porter une ambition qui résiste mal à la médiocrité ambiante du jeu politico-médiatique.

Lire la suite

La vieille France en force.

21 Novembre 2016 , Rédigé par Marc

« Aujourd'hui, si vous naissez pauvre, vous mourrez en moyenne neuf ans avant les autres. Si vous êtes noir, vous êtes traités plus durement par le système pénal que si vous êtes blanc. Si vous êtes un garçon blanc issu de la classe ouvrière, vous avez moins de chance que tous les autres d'aller à l'université. Si vous êtes une femme, vous gagnez toujours moins qu'un homme"*.

La primaire de la Droite et du (Centre… la bonne blague) a rendu deux verdicts forts. Le premier est que les électeurs de droite ne veulent plus de Sarkozy et le deuxième c’est qu’on assiste au retour en force de la vieille France néolibérale et franchement réactionnaire. François Fillon incarnant à merveille cette orientation propre à la tranche électorale la plus vieillissante. Celle qui veut que les sacrifices des générations futures puissent assumer leur propre fin de vie et… à après le déluge.

Quand on entend François Fillon, on pense toujours à ces comités de bienfaisance patronesque  du XIXème siècle où le pauvre ne doit pas être trop pauvre parce que ça peut abîmer les yeux et ça permet aussi de se donner bonne conscience. Tout cela bien entendu dans un cadre de société très rigide où les questions d’émancipation individuelle sont incongrues car porteuses de mauvaises idées.

L’avantage d’un François Fillon c’est qu’il ne poussera pas l’électeur trop loin dans les incertitudes d’un monde en crise. Il n’interrogera pas sur l’augmentation continue des inégalités sociales, culturelles et économiques, en France comme ailleurs ; celle-ci faisant partie d’un ordre naturel qu’il serait malvenu de modifier. Au même titre que la chose environnementale où François Fillon, qui sans jamais affirmer son climatoscepticisme plus ou moins assumé, estime que tout rentrera dans l’ordre sans autre forme de volonté. Il n’est d’ailleurs pas surprenant qu’une de ses propositions phares dans ce domaine, c’est l’augmentation de la durée de vie des centrales nucléaires. Le présent au détriment de l’avenir.

C’est ce qui me frappe le plus chez lui, cette absence totale de perspective et de remise en question. De ses cinq ans à Matignon, il n’a retenu qu’une chose, il a été empêché par Nicolas Sarkozy, comprenez qu’il fallait encore allait plus loin dans ces antiennes néolibérales. Après une embardée du coté du séguinisme, sa véritable boussole semble être le phare Thatchérien - dont même la Première Ministre Britannique s’est clairement détachée -. Qu’au début des années 80, on soit séduit par le discours de la dérégulation totale, on peut l’admettre ; aujourd’hui quand on fait les comptes de cette dernière, il y a matière à s’interroger (et il n’y a pas que les méchants gauchistes comme moi) sans compter qu’à cette époque, nous n’avions aucune idée des révolutions auxquelles la société devra faire face au cours des deux prochaines décennies.

« Pensée » économique bloquée sur les années 80, « pensée » sociétale bloquée au XIXème. La droite redevient la droite me direz vous, et la gauche redevient la gauche. Je fais partie de ceux qui estiment que la réussite n’est pas un péché en soi et qu’il faut effectivement encourager l’initiative. Cependant dans ce domaine, l’indécence ne peut être le but ultime. Alors oui, si effectivement penser qu’un individu puisse gagner en une année l’équivalent de plusieurs milliers d’années de SMIC, je reste de gauche. Et ce d’autant plus que je ne crois pas un instant à la théorie du ruissellement et que dans le domaine économique, il n’y a pas de fatalité, mais uniquement des choix.

 

* Thérésa May – Première Ministre du Royaume Uni.

Lire la suite

Non, ce n’est pas « ma » primaire.

15 Novembre 2016 , Rédigé par Marc

Dès avant le séisme Trump, une certain nombre d’électeurs de gauche étaient tentés de s’immiscer dans le choix du futur candidat de la droite pour la Présidentielle de 2017. Au prétexte que la seule issue possible pour faire battre Marine Le Pen réside dans la victoire d’Alain Juppé à la primaire de dimanche.

Nul doute que la victoire « surprise » de Trump les a confortés dans cette stratégie qui consiste à  choisir le moins pire du pire.  Adepte depuis de longs mois du « blanc – à moins que-, blanc », cette nouvelle donne ne change en rien ce précepte qui vaudra pour 2017. A ce propos, je suis quelque peu mal à l’aise quand je vois pas mal de sémillants commentateurs donner des leçons de démocratie aux américains et notamment sur ce décalage entre grands électeurs et vote citoyen. Soit dit en passant, les Etats Unis sont une fédération et ce depuis quelques décennies... et les mêmes ont jusqu’à mercredi défendu le fait que les USA étaient bien une démocratie, et une grande démocratie confère les deux élections de Barak Obama. Le changement c’est maintenant mais avec un peu de mémoire s’il vous plait.

Alors pour mai, c’est entendu, il nous faut aller choisir dès dimanche le bon candidat qui sera en capacité de faire un barrage efficace à Marine Lepen.

Si je peux entendre ce discours et le respecter, je suis néanmoins au regret de dire que je n’y souscris pas et que je ne me plierai pas aux injonctions qui ne manqueront pas de déferler au lendemain du 1er tour. Car le désastre vers lequel nous allons n’est pas le fruit de fâcheux concours de circonstances, il est avant tout le résultat de choix ou plutôt d’absence de choix de la majorité des hommes et femmes politiques, de gauche notamment. Et, n’ayant pas commencé à m’éveiller à la politique la semaine dernière, j’ai malheureusement trop souvent eu à dénoncer les renoncements, les aveuglements de ces derniers durant plus de 20 ans pour cautionner leur propre faillite.

Et me demander de voter demain pour les héritiers des thèses ultralibérales de Hayeck et consorts, c’est juste pas possible – parce que je lis aussi les programmes -. Sachant que par ailleurs c’est l’application de ces mêmes idées qui nous ont conduites dans l’impasse systémique à laquelle nous devons faire face aujourd’hui. Et la gauche de gouvernement n’a pas été la dernière pour s’y conformer en se cachant derrière le cache sexe sociétal. Soyons clair, j’approuve la plupart des réformes dans ce domaine –touchant à l’extension de droits individuels-  néanmoins elles ne peuvent constituer des solutions aux problèmes collectifs de nos sociétés.

A ce jour, hormis le débat jambon/frites, quelles réflexions sur la place grandissante de la robotisation et l’Intelligence Artificielle dans le monde du travail et donc des bouleversements induits pas dans un siècle dès demain –à moins de considérer cette fable qui veut que la robotisation ne détruit pas d’emplois, thèse en vogue chez les climatosceptiques d’ailleurs - ? quid des inégalités grandissantes dans nos sociétés postindustrielles mettant en exergue la difficulté de se construire un avenir si tu as le malheur de faire déjà partie de la périphérie ou craignant toi-même de t’y retrouver ? Quelles solutions pour un monde post énergies fossiles ? Et que répondre à la problématique de l’accès à l’eau qui va cruellement se poser aux cours des prochaines décennies ?

Ces trois questions – et il y en a bien d’autres ouvrent à elles seules un champ des possibles et de complexité - mettent en avant ce thème rebattu et pourtant bien réel, d’une crise systématique couplé de fait à un changement de paradigme.

Pour l’heure, aucun politique ne se risque sur ce terrain, préférant se réfugier au mieux dans un entre-soi confortable, aveugle et globalisé ; au pire exacerbant les peurs d’un monde inconnu où l’autre sera toujours le responsable de son « propre  malheur ».

Alors définitivement, la primaire de la droite et du centre ce n’est pas pour moi.

Lire la suite

Good Morning América, Le jour d’après…

9 Novembre 2016 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaitre et dans ce clair obscur surgissent les monstres » A. Gramsci

Catastrophe nucléaire pour les uns, demie surprise pour les autres (dont je fais partie) ; Trump néo-populiste a été élu Président de la plus grand démocratie déliquescente.

On se gardera bien des raccourcis quant aux raisons de cette victoire et notamment celle qui voudrait que « l’homme blanc » ne voulait pas d’une femme à la Maison Blanche. On évitera de rappeler que par deux fois, ce même homme blanc a porté un noir dans cette même Maison Blanche.

Par contre on a tendance à oublier que c’est probablement les classes moyennes et populaires déclassées qui ont voulu sortir par la fenêtre tout un establishment. Car si les marchés financiers et le 1% des plus riches se sont remis très rapidement de la crise des subprimes, les laborieux payent encore le tribu de la joyeuse financiarisation et globalisation de l’économie.

Rares sont les économistes à avoir mis en garde sur une lecture trop idyllique de la « reprise américaine » ; elle a encore plus fragilisé l’américain « moyen » et ce quelque soit la couleur de peau de l’américain lambda… elle fut avant tout l’explosion de la précarité et des sous jobs. Et passons sur ce risible taux de chômage de 5,1% quand dans le même temps le taux de participation au travail n’a jamais été aussi bas depuis trois décennies. Sans omettre également le nombre d’américains pris en charge par le programme alimentaire fédéral qui a explosé depuis 2007.

Alors oui, cela peut sembler paradoxal que ces américains, à qui on a vendu de l’endettement privé qui ne coûte rien en échange d’une destruction des pouvoirs publics dans les années 80/90 – Républicains comme Démocrates – se tournent aujourd’hui vers un de ceux qui a le plus profité de cette dérégulation économique organisée.

Malheureusement, et au delà des discours délirants, Donald Trump a pris en compte ces citoyens méprisés depuis plusieurs années.

Celles et ceux qui ne comprennent pas que les délocalisations et la désindustrialisation est une chance pour eux… privés de boulot. Car demain dans la doxa néolibérale mondialisée et heureuse, chacun sera ingénieur en informatique dans une start up cool ou uberisé grâce au bon vouloir d’une multinationale généreusement implantée dans un paradis fiscal. Parce que tout de même, les impôts c’est sale et tellement pas glamour.

Alors oui, on peut s’étonner que l’ouvrier américain ait été séduit par un Trump qui a promis des grands travaux, promis aux laissés pour compte de Chicago qu’il allait interdire les délocalisations des entreprises américaines et obliger Apple à rapatrier ces chaines d’assemblage.

Pendant ce temps, Hilary Clinton levait des fonds chez Apple et comme dans 90% des entreprises cotés au DowJones et au Nasdaq (relire à ce propos le livre de Jospeh Stiglitz sur les années où il a conseillé Bill Clinton…).

En aucun cas je me réjouis de la victoire de Trump, j’essaye simplement de la comprendre comme j’essaye de comprendre l’ascension de Marine Lepen (et je le répète son arrivée dans le Pas de Calais est essentiel, je l’ai écrit il ya quelques années).

Et ce n’est certainement pas avec des injonctions du camp du bien contre celui du mal que ces peurs vont refluer et même si la planète risque d’avoir un gros coup de chaud au regard des délires de Trump en matière d’environnement.

Lire la suite

Présidentielles à tous les étages…

8 Novembre 2016 , Rédigé par Marc Publié dans #Résistance Politique

C'est une reprise, j'espère arriver à un rythme de 3 ou 4 billets par semaine. Premier billet forcément un peu bordélique, trop de choses à écrire, à formuler, à poser. 

Depuis des semaines, nos bons médias nous déversent chaque jour notre pitance de politique à toutes les sauces souvent indigestes et pâteuses. Des Etats Unis à la France, nous sommes dans l’incapacité de nous en extraire. Doucement mais sûrement, nous nous enfonçons toujours un peu plus dans la peur, les phobies sous toutes ses formes... pauvres, fonctionnaires, arabes, noirs, jaunes.

Peur qui fait désormais partie de notre quotidien de bons français et ce depuis déjà quelques années. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, les Etat Unis avaient été épargnées lors des élections de 2008 et 2012. Néanmoins, force est de constater que celle de cette année dépasse toutes les désespérances… et qu’au fond l’élection de Barak Obama ne fut qu’une mise entre parenthèses dans cette descente aux abîmes du débat public.

Chacun aura beau jeu de se parer de ses plus belles plumes d’oie blanche pour nous expliquer que nous sommes à l’aube d’un grand danger, du retour de la peste, d’un pas certain vers une prochaine guerre… cependant, on parle de quoi ? qui par son vote, doit sauver qui ?  

Le peuple, les citoyens, le monde politique en pleine déliquescence intellectuelle, morale et éthique ? Alors non, je n’ai pas envie de voter pour le moins pire… ce coup là, on nous le fait depuis plus de 20 ans et encore au début, nos politiques faisaient mine d’avoir encore des différences. Aujourd’hui, à force de trahisons, ils ne font même plus l’effort. Préserver les avantages acquis d’une caste en sacrifiant tout avenir à la grande masse des besogneux, sous couvert de modernité et d’inéluctabilité. Les Politiques ayant acceptés de sacrifier toute vision de société pour se consacrer à la gestion d’une pseudo loi économico-naturelle… nouveau paradigme du pauvre politique dépourvu de toute vision et de toute remise en question.

Car fondamentalement, le problème est bien là, à travers ce gros mot, dans cette insécurité sociale et culturelle grandissante. Où à chaque scrutin, on feint de s’étonner de la monter des tendances les plus « grégaires » de nos sociétés. Peut-on pour autant condamner ces électeurs ? Non, part contre il  convient de s’interroger sur la logique qui prévaut de soutenir un Donald Drump, héros de la mondialisation et de la dérégulation financière, pour tenter d’endiguer ce déclassement social qui ne fait que grandir au sein des populations occidentales.

Face à cette réalité (on y reviendra par la suite), Droite et Gauche de gouvernement oppose au pire la fameuse « théorie du bon sens » – pour la droite –, au mieux « c’est pour votre bonheur » – pour la gauche - avec comme outil de communication privilégié, le gimmick usé jusqu’à la corde du défaut de pédagogie. Même si il semble, que le prochain Président français se passera de pédagogie pour privilégier la voie des ordonnances… au prétexte qu’il est légitime…  alors qu’on sait déjà que ce dernier sera un élu par défaut, comme tant d’autres me direz vous. Et c’est bien pour ça que faute de choix probant, je ne participerai pas à cette mascarade du second tour – en l’état au 1er comme au 2nd tour, ça sera un vote blanc « non… ça ne sert à rien… ah ben merde alors, je ne savais pas… et sinon il servira à quoi le bulletin ? ».

Oui ce n’est plus possible que le citoyen soit en quelque sorte sommé de choisir entre le moins pire du pire… et nul besoin de se voiler la face, nous en sommes bel et bien là, les Français vont devoir choisir le Président le moins pire des pires. Comme aujourd’hui aux Etats Unis.

Car si les médias sont souvent complaisants - et surtout les dirigeants de presse -, on ne peut malheureusement pas dire que les hommes et femmes politiques actuels haussent de manière notoire le niveau des débats. Certains nous refaisant le coup de l’ascenseur social en panne – pour les plus vieux on a juste le sentiment de se retrouver devant les Guignols de l’info avec la ‘nalyse arrosée de poire avec Serge July et Philippe Alexandre - ; les autres se frappant vaillamment le torse en beuglant « la République, c’est double ration de Frites ». Pour le reste c’est bonjour tristesse intellectuelle, si ce n’est prendre quelques bribes d’éléments statistiques mal digérées – ça fait sérieux et posé - en nous promettant de singer tel ou tel nouveau modèle… avant-hier le Japon, hier l’Espagne, aujourd’hui l’Allemagne, demain la Chine et après demain le néant.

Et pourtant, la société bien au-delà de ses chaos actuels doit faire face à des défis majeurs. Et "nos" politiques sont coupables, coupables de ne s’intéresser qu’à eux-mêmes alors que la matière existe, les spécialistes sont là, encore faut il avoir le courage de vouloir appréhender sérieusement et avec humilité ces sujets fondamentaux.

Et malgré tout, cette présidentielle sera de bas étage.

Lire la suite

Le jour d’après…. (1)

13 Décembre 2015 , Rédigé par Marc

A l’heure où j’écris ces lignes, je ne sais qui de Xavier Bertrand ou de Marine Le Pen a remporté la région. Je ne sais qui pourra pérorer sur les plateaux de télévision. Du FN qui aura conquis 2 ou 3 régions ; de LR et son leader Sarkozy qui dans tous les cas ne pourra prétendre à un petit chelem ; du PS qui bien que sacrifiant son appareil politique dans deux régions pourra s’estimer heureux d’avoir sauvé quelques régions.

Par contre, je sais déjà que ces régionales à travers le 1er tour auront été marquantes pour un système politique à bout de souffle où ses dernières ressources ont été mises à « déprofit » pour entrer en résistance contre un parti qu’il a lui-même contribué à nourrir, au point de devenir incontrôlable à force de considérer ses électeurs pour quantité négligeable.

Bien sûr, la matrice du FN est incontestablement dangereuse et toxique pour toute société démocratique mais peut on sérieusement contesté qu’une grande partie de ses électeurs est avant tout des citoyens cassés et désemparés par rapport à deux réalités. Une première réalité qui s’inscrit dans une trajectoire continue en terme de désertification industrielle propice au double sentiment d’abandon et de déclassement. Une seconde liée à l’absence de vision à long terme de nos politiques de droite comme de gauche, de gauche comme de droite : vision remplacée par des slogans vide de sens et de promesses non tenues. Du chant d’espoir nous sommes passés à des champs de désespoir au nom de lendemains meilleurs sous le saint autel des sacrifices supportés par une majorité au profit d’une minorité - cette fameuse et fumeuse théorie du ruissellement qui ne vaut que si les mécanismes de répartition perdurent -.

Dimanche soir, personne ne pourra plastronner, personne ne pourra faire comme si il ne s’était rien passé le 6 décembre et même si in fine, le FN n’aura pas réussi son pari. Ses scores suffiront à sa victoire ; malgré des retraits, des appels, nulle ne pourra atteindre le score des 80% qui aura conclu l’épisode des manifestations de 2002. D’ailleurs, personne n’est descendu dans la rue en cette fin d’automne, comme si nous rentrions déjà dans un hiver politique à la sortie incertaine et hasardeuse.

On imagine déjà les prochaines semaines où chaque camp ne manquera pas de se renvoyer le boulet frontiste… Socialistes, Républicains, Ecologistes, Centristes, vous êtes tous responsables !

Responsables au nom d’une responsabilité économique et sociale que vous avez clairement abandonnée au profit de débats sociétaux tout aussi malsains que déconnectés de ce que vivent une part non négligeables des Français.

Lire la suite

A la Légion d'Honneur de mon patron...

25 Octobre 2014 , Rédigé par Marc

Hier soir, j'étais à la remise de la Légion d'Honneur de Gérard Caudron - Maire de Villeneuve d'Ascq, ancien Parlementaire Européen - mon patron.

 

Mon Patron car j'ai fait partie de son équipe municipale de 1995 à 2001 et son collaborateur de 1997 à 2002. Et le désigner comme tel c'est par respect et aussi par affection.

 

Respect parce durant cette période, j'ai pu constater que c'était un bosseur, un gros bosseur et les résultats électoraux qu'il a enregistré dans sa ville ne sont pas le fruit du hasard mais avant tout du fait d'un travail sans relâche. Je me souviens encore de ces petits papiers qui garnissaient ses poches tout au long de la journée quand il arpentait Villeneuve. Le soir tard, ils étaient retranscris sur la messagerie interne de la ville et adressés au service pour un traitement... traitement qui très souvent voulait dire dans les 48h. Hier soir, il faisait allusion à son relatif anonymat malgré son statut de Parlementaire Européen vis à vis des socialistes français, c'était tout autre chose au niveau du Parlement car il était impliqué, il travaillait tout autant, était présent.

 

Affection car je n'oublie pas que c'est lui qui m'a mis le pied à l'étrier et que c'est en partie gràce à lui que je travaille pour mon nouveau patron Guillaume Delbar - Maire de Roubaix-. Il est d'ailleurs curieux de constater que tous les deux sont arrivés à la tête de leur ville dans des circonstances non programmées. Tout comme moi il y a 19 ans, tout comme moi il y a 6 mois ; nous n'étions pas programmer pour.

 

De Gérard, je garde trois anecdotes.

 

La première c'est comment je suis devenu conseiller municipal à 25 ans. Durant quelques mois, je m'étais investi dans le groupe de jeunes - au PS - pour préparer les municpales de 1995. Quelques semaines avant le dépôt des listes, la personne qui gérait ce groupe nous demandant qui était interessé pour être sur la liste. Je me suis dit pourquoi pas sauf qu'elle Gauche Socialiste moi Rocardien revendiqué, cette candidature n'est jamais arrivée à Gérard... allez savoir pourquoi ? Bref à quelques jours du dépot des listes, j'en avais presque oublié cette candidature. Au même moment, une lettre de Caudron est arrivée dans ma boite m'invitant à une réunion car il ne trouvait pas de candidat sur le quartier du Pont de Bois. Après avoir hésité, je me suis rendu à cette réunion un samedi matin, je suis intervenu et à la fin j'ai été voir le Maire pour lui expliquer que je m'étonnais de ne pas avoir été à minima conctaté. Réponse : "tu me fais un CV, une lettre de motivation", tu me l'as dépose lundi à 8h. A midi, sa sécretaire m'appelé, "êtes vous dsponible ce midi pour manger avec Monsieur le Maire ?". Le lendemain, c'était fait, j'allais être le Benjamin de la nouvelle équipe avec la mission de mettre en place des réunions publiques élus/citoyens/services ; encore aujourd'hui elles sont d'actualité.

 

La deuxième anecdote, c'est la façon dont je suis devenu son collaborateur parlementaire en 1997. En juin, Franck -celui en place - part pour une autre aventure, j'avoue que ce boulot m'interressait bien mais bon, je n'avais pas fait sciences Pol, juste une licence d'histoire. Le Maire demande à me voir, je me rends dans son bureau et là simplement "j'aimerai bien travailler un peu plus avec toi et toi ?"... l'entrevue a duré moins d'une minute ; pour assurer le tuilage, je commençais le lendemain.

 

La dernière illustre davantage le caractère parfois éruptif et légendaire du Gérard. De mémoire c'était un ou deux après la prise de fonction de ce poste. Les choses étaient bien huilées, le travail passionnant et parfois éprouvant - ah les demandes d'explications écrites ou discours pour les sessions parlementaires du dimanche pour livraison lundi matin  :) -. Donc Gérard Caudron avait à coeur un A4 bien tassé sur son activité de parlementaire de la semaine, chaque jeudi. Après quelques mois, cela me prennait une heure parfois un peu plus quand il fallait un peu trouvé l'actu. Bref le temps de quelques modifications par le Patron - par fax ... - , le tout était bouclé,envoyé à quelques 400 destinataires, mis en ligne en moins de 4h. Sauf que... un jeudi matin les choses ne se sont pas passées comme ça. J'arrive au boulot, fais mon truc rapidement (en plus j'étais content de moi...), je faxe à Bruxelles, après une heure pas de retour... chose étonnante. Il appelle "bon tu m'envoies Fax Info, je pars en commission" moi "ben je l'ai fait, bon je te le renvoie"... je réexpédie. 20 mn passe... coup de fil "JE N'AI TOUJOURS RIEN !" moi 'Gérard, je t'assure je l'ai envoyé déjà deux fois, je recommence", je réessaye... 5 mn plus tard coup de fil "MAIS QU'EST CE QUE TU FOUS, J'EN AI MARRE DE BOSSER AVEC UN INCAPABLE..." bref, Gérard éructait au téléphone. A cet instant, j'ai posé le combiné, me suis levé et suis sorti de mon bureau sous l'oel médusée de ma sécrétaire. A cet instant, je pensais sincèrement que je pouvais chercher autre chose, je quittais mon boulot. J'ai donc passé une partie de la journée à errer en mairie quand la secrétaire du Maire m'appelle en milieu d'après midi pour me dire que ma collègue à Bruxelles tentait de me joindre. Celle-ci me dit alors "Marc, il n'y avait plus de papier dans le fax".

 

Le soir, j'ai croisé Gérard qui m'a simplement dit "Ca va ?'comme si de rien n'était ; le lendemain, j'étais au boulot. En 5 ans, c'est la seule fois où je l'ai vu s'emporter sur moi... 

 

Alors, oui c'est peu de dire que Gérard Caudron, et aujourd'hui encore dans mes nouvelles fonctions, m'a appris beaucoup par rapport à l'action publique, par rapport à l'action politique.

 

Et 20 ans après, oui ça reste quelque part mon patron et ce même si nous ne nous voyons plus hormis en de rares et très - trop -brèves occasions.

 

Cette légion d'honneur c'était aussi l'occasion de revoir des collègues du Conseil, des copains, des citoyens que j'avais rencontrés durant cette première vie politique, et ça aussi ça m'a fait plaisir.

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>