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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Articles avec #reflexions...enfin on essaye tag

Nicolas Hulot, l'alibi écologiste.

6 Octobre 2009 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

Ce matin, j'ai écouté Nicolas Hulot sur Inter... avec lui l'écologie c'est simple comme un coup de fil à l'Elysée... Pour ma part, il y une ligne de partage... le temps de travail, j'y reviendrai bientôt...

Pour se mettre en forme, un bon Guillon.

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Après la votation citoyenne, souvenons nous des manifs de cet hiver...

5 Octobre 2009 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

Génial, la votation citoyenne a très bien fonctionné, on ne peut que s'en réjouir, tous nos dirigeants se congratulent... fort bien.. et maintenant... si ils s'imaginent un instant que le dépôt d'une loi dont on connaît l'issue va redonner le sentiment aux citoyens que la "Gauche" est revenue... Je crains que les lendemains soient particulièrement difficiles.

Je me souviens, les manifs de cet hiver ont également drainé plus de deux millions de salariés, de citoyens.... et ? et rien, les syndicats n'ont même pas été en mesure de donner une quelconque suite à ce mouvement.

Alors, j'ai peur que ce samedi soit vite oublié faute de perspectives.... Si on pense un instant que 2012 se joue sur le rejet ou un nouveau Tout Sauf Sarko qui a échoué, on se plante complètement.

Personne pour proposer à tous les partis qui se revendiquent dans une opposition progressiste d'aller un peu plus loin que ça pour proposer une vision commune des services publics au delà du seul cas de la poste...

En somme commencer à bâtir une alternative crédible et forte face à Nicolas Sarkozy.
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Nicolas Sarkozy est un menteur... ok et après ?

5 Octobre 2009 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

Bon, il y a eu la votation citoyenne sur la Poste cependant je ne suis pas certain que ce type de coup médiatique change fondamentalement la donne. Comme le disent certains, la question n'est pas la bonne, sont-ils pour autant de droite... je ne le pense pas.

Il n'y a toujours pas de discours alternatif et cohérent de la part des partis capable de provoquer l'alternance.

J'attends autre chose qu'une loi automatique rejetée par une assemblée à bien à droite. Il serait temps que toutes les oppositions se bougent le cul.

De facto, j'élimine NPA de ceux-ci... et j'assume complètement.

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Le PS sera-t-il au 2ème tour de 2012 ?

1 Octobre 2009 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

Ce soir le PS vote sa refondation dans un climat épouvantable. Dans mes échanges avec des amis qui sont dans l’appareil, ces derniers évoquent des mots durs parfois plus que les miens…


Hélas, ce matin par le Figaro, on apprend que Martine Aubry reporte la convention économique et sociale de janvier à l’après régionales… Non que celle-ci verrouillée pilotée par un Moscovici aurait été révolutionnaire mais elle aurait au moins permis l’esquisse d’un débat chez les militants et pourquoi pas avec l’ensemble de l’opposition.

Ce report sera pris pour les éternels optimistes comme un temps supplémentaire donné à la réflexion… sortez les violons et les mouchoirs.


Je crains qu’au contraire, ce soit l’absence de projet qui vient d’être actée pour la prochaine présidentielle.


Car à moins d’être particulièrement crédule, on sait qu’après les régionales, c’est bien la question du candidat socialiste pour 2012 qui sera au centre dans le cadre de primaires ouvertes ou pas. Et ce d’autant plus, qu’il y a normalement une convention « rénovation » déjà prévu pour juin 2010…

Alors pensez si décembre 2010, ou janvier 2011 sera propice à une réflexion de fond…


Alors et même si 2102 est encore loin, on peut légitimement se demander si un remake de 2002 n’est pas en préparation du coté de Solférino.


Certains m’objecteront qu’en 81 VGE était donné gagnant, qu’en 95 chirac n’avait aucune chance, certes mais avec une différence de taille… Le PS et le RPR étaient en ordre de marche… là, on en est loin.


D’autre part, on ne peut pas dire que la dynamique soit du coté du PS.


Reste qu’au final, cette décomposition du PS est tragique pour l’ensemble de l’opposition. Espérons qu’avec les régionales, on puisse y voir plus clair et que des initiatives voient le jour autour d’idées et de propositions.


C’est sur ce seul terrain que peut être battu Nicolas Sarkozy, 2002 nous a montré qu’on ne gagnait pas une Présidentielle par défaut.

 

 

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Pierre Larrouturou : sortir du piège ?

29 Septembre 2009 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

Bon, ce n'est pas très original, je vous mets un texte de Pierre... ben oui... Cependant, à mon sens c'est un article assez important par la pertinence de son propos et c'est un parfait résumé de la période que nous traversons.


Sortir du piège ?


C’est un chiffre inquiétant que vient de publier la Banque centrale américaine : en trois mois, la dette publique des Etats-Unis a augmenté de 520 milliards. En un an, elle a bondi de 2.000 Mds, soit 14 % du PIB. 2.000 milliards, c’est la totalité des réserves de change de la Chine. En un an, les Etats-Unis ont “brulé” l’équivalent de toutes les réserves accumulées par la Chine en vingt ans…


Quant à la Chine elle-même, c’est peu dire que son économie est instable : “88 % de la croissance vient de l’investissement. Jamais, dans aucun pays, on n’a vu une croissance aussi déséquilibrée” explique Stephen Roach, Chef-économiste de Morgan Stanley. La consommation stagne. Les exportations ne redécollent pas. 37 millions d’emplois ont été détruits en six mois… Pour éviter un effondrement de la croissance, le gouvernement chinois a ouvert tout grand les vannes du budget et du crédit. A court terme, cette politique a permis d’éviter un effondrement de l’économie et une explosion sociale mais personne ne pense que cette relance peut être durable.


Le rétablissement chinois n’est ni stable, ni solide, ni équilibré” admettait le 10 septembre le Premier Ministre, Wen Jiabao. Le même jour, Xu Xionian, Professeur à la China Europe International Business School, affirmait : “Pour apaiser sa soif, la Chine a bu du poison.”


Quoiqu’en disent les adeptes de la méthode Coué, la crise n’est pas finie. Loin de là !

 

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Renationaliser France Télécom ?

29 Septembre 2009 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

La ronde macabre des suicides continue chez France-Télécom et certains en profitent pour asséner comme une évidence la nécessité de renationaliser cette entité voire de revenir, comme à un saint graal, à l’antique PTT… pourquoi pas la compagnie du télégraphe.


Dans cette affaire bien plus que la question du statut de l’entreprise c’est bien davantage celle du management qui est posée. Et je suis très loin  de penser qu’il y a le bon mangement celui du public et le mauvais celui du privé et j’avoue ma perplexité à attendre une réponse des politiques sur ce point surtout ceux-ci sont très rarement des modèles en la matière.


Alors plutôt que de poser en des termes assez binaires, la question de la renationalisation de FT, pour ou contre la privatisation de la Poste ; ne serait-il pas plus opportun de lancer un débat sur ce qu’est un service public en ce début de XXIème siècle ?


En définissant dans un premier temps le périmètre d’intervention de l’Etat et dans un second temps sur ses modalités de mise en œuvre. Ce qui ouvre une autre perspective pour l’opposition que la seule complainte du Sarkozy néocon… Ce qui est vrai mais  qui ne doit pas empêcher d’offrir une alternative politique assumée dans a perspective de 2012.


Les primaires n’en déplaisent à certains caciques ne sauraient l’alpha et l’oméga des prochains mois d’autant qu’hormis le Parti Socialiste,  les autres partis qui composent l’opposition (NPA, FdG, PS, Europe Ecologie, MoDem) semblent assez réticents. Et si j’en juge par la non engouement de l’initiative de Terra Nova (la pétition a recueilli à cette heure moins de 5.600 signataires… avec un objectif à 100.000…), le citoyen même progressiste n’a pas l’air spécialement transcendé par cette perspective.


Alors en lieu et place d’un débat sur qui de tartempion ou de tartempionne on choisira comme challenger face à Nicolas Sarkozy, ne serait pas plus intéressant de lancer une grande initiative sur l’avenir du service public en France en associant les citoyens, les partis qui le souhaitent dans le cadre d’un « parlement de l’opposition » élargi. Je sais c’est une proposition de François Bayrou et je trouve que son idée est assez heureuse.


Nucléaire, éducation, santé, aménagement du territoire… Il y a des choses à dire, à faire, à proposer non ?


A vrai dire, je ne suis pas persuadé que c’est du rôle de l’Etat de vendre des abonnements adsl ou mobile par contre sur la question des infrastructures beaucoup plus mais ce n’est que mon point de vue.

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Ce dimanche, l’Allemagne va-t-elle achever le SPD ?

27 Septembre 2009 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

Aujourd’hui l’Allemagne vote cependant le degré d’incertitude ne semble pas se porter sur la reconduction  de la chancelière sortant Angela Merkel, sorte d’antithèse sarkozienne, mais sur le nature de la prochaine alliance : sociaux-démocrates/chrétiens-démocrates ou Libéraux/chrétiens-démocrates.


Le véritable enjeu de ce scrutin porte plus certainement sur l’avenir de la social-démocratie allemande et du SPD. Il semble que sa ligne de survie se situe autour des 28% (correspondant au plus mauvais score obtenu par le SPD en 1953) avec un paradoxe même au-dessus, les lendemains seront particulièrement délicats.


Au sein de cette formation, le clivage porte sur les alliances ou  non avec Die Linke le parti d’Oscar Lafontaine, cependant, on aurait tort de croire à un simple décalque de notre propre situation.


Si incontestablement, Die Linke est plus « à gauche » que la tendance dominante du SPD, social-libéral depuis les années Schröder, faire de du Front de Gauche son équivalent français me paraît aller un peu vite en besogne.


Où Mélenchon regarde à sa gauche dans la perspective de 2012, Lafontaine tend plutôt à regarder sur sa droite pour la mise en place de coalition Die Linke/SPD. Et il n’est pas certain qu’en allant dans le détail des propositions (oui, j’avoue mon scepticisme sur les effets de tribune), cette proximité revendiquée par JLM soit aussi évidente.


On est forcément tenté de voir un SPD faire un Bad-Godesberg à l’envers (congrès qui marqua l’acceptation de l’économie de marché) mais son aile gauche n’est pas non plus une succursale inavouée de NPA.


En somme, et au contraire d’un Joschka Fischer (ancien ministre emblématique des Grünens) qui estime que la social-démocratie a triomphé en oubliant un peu rapidement qu’on est plutôt en présence d’une abdication totale face aux néo-conservateurs depuis une vingtaine d’années… la tendance naturelle des vieillissants on dirait, ça m’inquiète… Le SPD reviendra vers une social-démocratie plus combattive peut être même osant revendiquer une social-démocratie révolutionnaire.


Article dans le cadre d’un partenariat avec Courrier International.

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Martine Aubry : « les classes sociales, je pense que c'est largement dépassé »..

19 Septembre 2009 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

Voilà aussi une des raisons pour laquelle j’ai quitté le Parti Socialise (avec Moscovici qui voit la réduction du temps de travail comme une réponse du passé). Pourtant, je ne suis pas un gauchiste, un futur adhérent du PdG de Mélenchon, simplement toutes les études sur le revenu et/ou le patrimoine qu’au contraire elles n’ont jamais été aussi présente malgré les discours de la droite et des libéraux.


Cette phrase a été prononcé lors d’une réunion pour renouer avec les intellectuels.


Un autre passage de Martine Aubry témoigne de la bunkerisation dont j'ai parlé mardi, du lien définitivement coupé avec les… gens… ceux qui se posent la question de savoir comment faire pour terminer le mois quand il ne se termine pas au 10.


« Ensemble, il faut que nous soyons capables de nous poser la question : de quelle société voulons-nous ? Quand on est au chômage, on veut être en CDD ; quand on est en CDD, on veut être en CDI. Est-ce que c'est de cette course effrénée dont on veut vraiment ? ».


Désolé, ancien camarade, mais ces problématiques sont centrales dans ma définition du progrès social, à ce stade, hélas, on n’est plus très loin de la pensée de Laurence Parisot qui justifié la précarité par le fait que l’amour est précaire.


Certains me diront que je n’ai pas compris la dimension utopique de cette envolée… probablement mais l’utopie c’est peut être aussi remettre du concret dans le quotidien de millions de citoyens. Après, on s’étonnera qu’en 2002, après les 35h, les ouvriers aient déserté le Parti Socialiste malgré ce beau cadeau ou tout au moins considéré comme tel par ses dirigeants.

 

Après, on pourra décerner des brevets de gauche dans l'éventualité de virer Sarkozy en 2012... Faire des congrès à gauche toute...

 

Zut, j'ai gaché le concours de Ronald... ce gars qui coure après un CDD, un CDI... faut être utopiste mon ami.

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De l’autonomie du citoyen à la bunkérisation du politique.

15 Septembre 2009 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

Par avance, je tiens à m’excuser, ce papier n’a rien de construit, c’est juste le fil d’une intuition et le besoin de la coucher sur le papier, pour tenter de la rationaliser avec malgré tout une pratique politique et militante qui remonte à près de 20 ans (ce qui ne garantie en rien la validité de mon raisonnement).


Donc, comme vous le savez bien que n’ayant jamais adhéré à Désirs d’Avenir, rejoint la motion de Ségolène ou encore le courant Espoir A Gauche, j’ai toujours suivi avec un réel intérêt la sphère qu’on pouvait qualifier de Royaliste. Aussi, j’ai pu en observer les fluctuations au cours de ces derniers mois, de ces dernières semaines jusqu’au naufrage du nouveau site de Désirs d’Avenir, qui symbolise comme le souligne fort justement Sylvain Lapoix (Marianne 2) un naufrage politique.


J’ai toujours reconnue à Ségolène Royal son intuition sur la démocratie participative et de tenter de l’appréhender dans une démarche politique (par ailleurs si elle a commis quelques gaffes, comme d’autres, j’ai toujours été globalement d’accord avec ses prises de position).


Cependant force est de constater que celle-ci est désormais la grande absente de la démarche de Ségolène Royal : un changement majeur à la tête de Désir d’Avenir sans consultation des adhérents, la volonté de faire de DA une ONG toujours sans consultation, les prises de distance de personnalités comme Jean-Pierre Mignard ou Jean-Louis Bianco et pour couronner le tout un site ni fait ni à faire sans la moindre consultation de spécialistes de la communication sur le web (alors DA possède la ressource en son sein… pas comme le mickey qui a pondu cette bouse honteuse et non finalisée).


Bref, Ségolène Royal après avoir parfaitement pris conscience qu’un nouveau citoyen plus informé, plus averti, moins sujet au clientélisme avait fait son apparition dans le champ Politique. Elle s’est résolue à faire comme si il n’existait pas en veillant néanmoins à garder une posture de pure forme sur la question participative.

Au fond François Bayrou a fait sensiblement la même chose en allant moins loin dans la démarche initiale de la politique autrement.


Le PS quant à lui confond démocratie plébiscitaire et démocratie participative.


Désirs d’Avenir, cet objet politique non identifié, vient donc probablement de s’écraser sur les illusions de plusieurs milliers de personnes qui croyaient en celui et ce par l’action même de sa fondatrice.


Les propos qui vont suivre vont paraître violents, cependant vous auriez torts de les interpréter comme un procès à charge contre Ségolène Royal… ils sont valables pour une immense majorité de nos représentants politique (de Fabius à DSK, Aubry, Sarkozy, j’en passe et même à des niveaux moindres).


Notre système politique est fascinant par sa perversité, sa capacité à enfanter des monstres de mégalomanie, d’individus croyant posséder le pouvoir et la vérité où de facto toute parole déviante est assimilé à une remise en cause de ce pouvoir. En somme, ils sont frappés d’un syndrome bien connu, celui de la paranoïa.


Aussi et à l’inverse d’une société de plus en ouverte, et de citoyens plus autonomes ; notre monde politique s’est encore davantage refermé sur lui-même. Phénomène amplifié par le cumul des mandats et aussi par le fait qu’il devient rare qu’un militant de base émerge sauf si il est docile (en ce sens où il ne dira jamais une parole contraire à celle énoncée par son « supérieur »), on y préfère la cooptation.


Et le désir présidentiel n’arrange certainement pas ce constat.


Au final, Ségolène Royal redevient une politique comme les autres… ni plus, ni moins. Et je doute que les jeunes hommes et jeunes femmes issus du sérail aient une quelconque envie de changer les choses… la politique est devenue une carrière professionnelle comme les autres pour eux.


Combien de temps cela va-t-il encore durer ? Devant l’abdication des citoyens, c’est difficile à dire…

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Pierre Larrouturou : "Pour un chèque carbone"

11 Septembre 2009 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

Pour apporter, un élément au débat en essayent de sortir de l'impasse sarkozienne dans laquelle sont tombés les Verts, et le PS, je vous propose le texte de Pierre Larrouturou disposnible sur le blog de Nouvelle Gauche.

La solution : le chèque carbone.


Pour éviter qu’un débat confus ne débouche sur l’adoption de demi-mesures, il faut garder en tête ce qu’affirmait le chef économiste de l’Agence Internationale de l’Energie le 3 août dernier : « Les réserves de pétrole s’épuisent plus rapidement que prévu. Le temps du pétrole bon marché sera très bientôt derrière nous.» La production mondiale de pétrole devrait atteindre un maximum dans une dizaine d’années. La pénurie devrait se traduire par une augmentation forte et durable du prix du baril car la demande augmente et devrait dépasser l’offre disponible “dès 2010″.


Le pétrole était à 15 dollars le baril en 1998. L’an dernier, il est monté à 150 dollars avant que la crise ne fasse chuter le prix de toutes les matières premières, mais il a déjà recommencé à augmenter et une majorité d’économistes pensent qu’on n’échappera pas à une flambée des prix dans les dix prochaines années. En 2005 déjà, Patrick Artus, Directeur des études à la Caisse des Dépôts, affirmait que le prix du baril pourrait atteindre 300 euros en 2015 et que « la croissance mondiale pourrait s’arrêter en raison de la hausse très forte du prix des matières premières énergétiques


Le débat n’est donc pas “Pour ou contre une augmentation du prix de l’énergie ?” puisque de toutes façons le prix de l’énergie va fortement augmenter dans les prochaines années. La vraie question est “Quelle augmentation ?” : une augmentation progressive, compensée et gérée collectivement ou une augmentation un peu plus tardive mais nettement plus violente, dévastatrice pour les plus faibles revenus et pour l’ensemble de notre économie ?


Et si les prix augmentent, où ira l’argent ? Sur les comptes en banque des actionnaires des compagnies pétrolières et des dirigeants des états pétroliers ou ces sommes resteront-elles sur le territoire européen pour financer des investissements d’avenir et donc créer de l’emploi ?


C’est un point fondamental à rappeler : si nous voulons éviter un choc pétrolier dévastateur, nous devons radicalement changer nos modes de vie. Une course de vitesse est engagée pour sortir de notre dépendance au pétrole.


Deuxième point fondamental : ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy a relancé le débat de façon assez “politicienne” que nous devons oublier la gravité du dérèglement climatique. Le Président du Groupe International d’Etude du Climat (GIEC), Rajendra Pachaury, est venu à Paris il y a quelques mois pour présenter des études récentes qui, toutes, confirment que le dérèglement climatique est plus grave et plus rapide que ne le prévoyaient les scénarios les plus pessimistes.


La fonte des glaciers est une vraie “bombe à retardement” : les glaciers de l’Himalaya fondent de plus en plus tôt au printemps, ce qui signifie que, en été, les cours d’eau que ces glaciers alimentaient sont vides (ou n’ont qu’un très faible débit) lorsque des millions d’habitants ont besoin d’eau pour leur alimentation et pour les cultures. Dans certaines zones, les glaciers de petite taille pourraient avoir complètement disparu dans 30 ans, et ainsi une source très sûre d’eau potable pourrait disparaître. Or ce sont souvent dans ces zones subtropicales, où vit déjà 70 % de la population mondiale, que la population va continuer de croître à un rythme rapide.


De moins en moins d’eau disponible pour une population de plus en plus importante… Si le dérèglement climatique se poursuit, combien de centaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants vont devoir quitter ces territoires ? Et pour aller où ? Que faire si les zones côtières, elles aussi très peuplées, deviennent nettement moins hospitalières à cause de la montée des eaux et des ouragans de plus en plus nombreux ?


Pour éviter que le dérèglement climatique ne débouche sur des conflits majeurs (guerre de l’eau ou conflit pour les territoires habitables), le GIEC a montré que les pays occidentaux doivent diviser par 4 leur production de gaz à effet de serre.


Eviter un choc pétrolier et éviter l’aggravation du dérèglement climatique : tel est le double objectif (la double course de vitesse) que doivent en permanence avoir en tête les dirigeants chargés de trancher le débat sur la fiscalité Carbone.


Avec la proposition de François Fillon d’une taxe carbone fixée l’an prochain à 14 euros par tonne de CO2, le système perd toute efficacité. Comme l’ont expliqué Cécile Duflot et Jean-Paul Besset en quittant l’Elysée la semaine dernière, “une contribution aussi faible va alourdir la facture des plus modestes sans dissuader les comportements les plus énergivores de ceux qui ont les moyens”.


Le rapport Rocard avait retenu l’idée d’une taxation de 32 euros par tonne de CO2 en 2010. Ce chiffre était déjà le fruit d’un compromis. Il semble impossible de créer une taxe plus faible. Et pour qu’une taxe d’un tel niveau soit acceptable politiquement et socialement, la meilleure solution est de créer d’abord un Chèque Carbone : avant tout nouveau prélèvement, il faut que chaque ménage reçoive en janvier prochain un chèque de 150 euros.


Le système de compensation que propose François Fillon est tardif (l’Etat rembourse après coup les sommes prélevées) et très peu lisible (une petite baisse des cotisations par ci, une petite baisse des impôts par là, un peu plus de prime à la cuve…). Avec une telle complexité et une telle opacité, nombreux seront les citoyens qui penseront que, une fois encore, on leur a menti et qu’on les a taxés de façon indue. Du coup, en 2011, un an avant la Présidentielle, nul ne prendra le risque d’augmenter le niveau de la taxe. Si l’on s’en tient au projet de François Fillon, la taxe est créée à un niveau trop faible pour être efficace et, faute de soutien populaire, elle restera durablement à ce niveau.


Par contre, si la même semaine, en janvier prochain, nous recevons tous un chèque de 150 euros alors qu’aucune nouvelle taxe n’a encore été créée, nul ne pourra contester l’honnêteté du dispositif. Dans tous nos immeubles, tous nos quartiers et tous nos villages, un débat s’amorcera entre voisins sur le thème « On va vraiment vers une crise majeure (sinon, ils ne nous auraient pas envoyé ce chèque). Comment utiliser ces 150 euros pour diminuer notre consommation et notre facture ? »


Avec un Chèque Carbone reçu en début d’année, tous ceux et celles qui feront des efforts pour diminuer leur consommation d’énergie sauront qu’ils sont gagnants en terme de pouvoir d’achat. Seuls seront perdants ceux qui continueront à rouler plus pour consommer plus…


Si l’on crée un Chèque Carbone avant de créer la taxe Carbone, l’augmentation progressive de la taxe devient tout à fait possible. Et pourquoi ne pas imaginer que chaque année, au moment où les citoyens reçoivent leur Chèque Carbone, un débat au Parlement et une soirée de débat sur une des chaines publiques de télévision permettent de faire le point sur l’état d’avancement de notre combat collectif contre le dérèglement climatique ?


Comment financer ce Chèque carbone ? Les travaux de la Fondation Hulot et de la Commission Rocard montrent que ce chèque pourrait être intégralement financé par le fruit de la taxe Carbone si l’on retient l’idée d’une taxe à 32 euros par tonne de CO2 produit (en Suède, la taxe est de 100 euros par tonne).


Toutes les enquêtes montrent qu’une majorité de Français ont conscience de la gravité de la crise climatique et que si l’intégralité de la future “contribution climat-énergie” était reversée aux ménages par le biais d’un chèque, seule une minorité s’opposerait à sa création.


En mai 1961, dans un discours resté célèbre, John F. Kennedy affirmait que les Etats-Unis se donnaient comme objectif d’envoyer des hommes sur la lune avant la fin de la décennie. Huit ans plus tard, le rêve devenait réalité… Aujourd’hui, nous sommes des millions à rêver que notre pays prenne enfin au sérieux la question de l’énergie et du climat et que tous ensemble, nous nous donnions les moyens d’être les pionniers qui prouveront, grandeur nature, qu’il est possible de diviser par 4 notre production de gaz à effet de serre sans renoncer -au contraire !- à une certaine qualité de vie. Pour y parvenir, il n’y pas de solution magique. Agir sur la fiscalité ne suffira pas. Mais la création d’un Chèque Carbone d’abord et d’une Contribution Climat ensuite, serait un premier pas très important.

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