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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Articles avec #reflexions...enfin on essaye tag

Europe : "d’où qu’elle est la sortie ?"

14 Juin 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

 


Petit point d’ordre. J’ai donc sollicité Bertrand Delanoë pour sa venu à Lille le19. Pour l’heure, je pense que c’est cuit même si son cabinet doit me rappeler Lundi. Au passage, je remercie la promptitude de l’un deux qui m’a répondu dans l’instant à un sms ce matin. Pour revenir sur l’objet de ce machin, ce n’est pas un traquenard simplement un temps avec quelques militants autour de la démocratie militante…

J’espère simplement que nos dirigeants sont conscients avec la victoire d’Obama de la puissance des réseaux virtuels et de leur émergence dans le débat public au cours des prochaines années.

Alors sur l’Europe, je vous propose ce texte initié en 2005 par Pierre Larrouturu (clin d’œil amical aux copains de NG pour cet après midi) et co-signé par Michel Rocard, José Bové, Jacques Delors, Boris Geremek et Martin Hirsch (avant de sombrer…) et bien d’autres. 

5 critères pour l'Europe sociale


COMMENT Jacques Chirac pourrait-il refuser au peuple français de se prononcer sur un texte aussi important qu'une nouvelle Constitution ? Le traité de Maastricht fut soumis à référendum, le quinquennat fut soumis à référendum, le statut de la Corse fut soumis à référendum... et, aujourd'hui, après Tony Blair, ce sont Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et l'ensemble de l'UMP qui demandent un référendum.

Il y aura probablement un référendum, et tout le monde sent bien que le non risque de l'emporter si le texte proposé aux citoyens reste trop proche de celui issu des travaux de la Convention.

Cette Constitution ne répond pas suffisamment aux attentes des citoyens. Elle ne donne pas à l'Europe un projet concret et mobilisateur. Dès lors, pourquoi ne pas profiter de l'initiative de Blair pour corriger le tir avant qu'il ne soit trop tard ? Pourquoi ne pas améliorer le texte avant que les peuples ne disent non ? La nouvelle Constitution n'entrera en vigueur qu'en 2009. Pourquoi ne pas prendre quelques mois pour améliorer le texte et lui donner les meilleures chances d'être accepté par les citoyens ?

« Votez oui à Maastricht, et on se remettra au travail tout de suite sur l'Europe sociale », affirmait Jacques Delors quelques jours avant le référendum sur Maastricht.

Il reconnaissait que le traité était très insuffisant en matière sociale mais demandait aux citoyens de ne pas casser la dynamique européenne. Le oui l'avait emporté d'extrême justesse.

Douze ans plus tard, alors que la crise sociale s'aggrave dans tous les pays d'Europe, alors que des millions de citoyens (Autrichiens, Italiens, Allemands, Français et bien d'autres encore) sont descendus cette année dans les rues pour dénoncer la régression sociale qu'on veut leur imposer, l'argument « Faites nous confiance, on va se mettre au travail » ne portera plus. Si l'on ne veut pas que le non l'emporte aux référendums de ! ratification, si l'on ne veut pas que l'Europe se disloque ou devienne une zone de libre-échange sans puissance politique, il faut d'urgence inclure dans la Constitution un vrai complément social. Un traité, un accord, un pacte aussi concret, ambitieux et contraignant que le fut le traité de Maastricht en matière monétaire.

Le traité de Maastricht comportait cinq critères (un déficit inférieur à 3 % du PIB ; une dette inférieure à 60 %...). De même, nous proposons cinq objectifs, et donc cinq critères pour l'Europe sociale :


- un emploi pour tous : un taux de chômage inférieur à 5 % ;
- une société solidaire : un taux de pauvreté inférieur à 5 % ;
- un toit pour chacun : un taux de mal-logés inférieur à 3 % ;
- l'égalité des chances : un taux d'illettrisme à l'âge de 10 ans inférieur à 3 % ;
- une réelle solidarité avec le Sud : une aide publique au développement supérieure à 1 % du PIB.

L'objectif pour nos démocraties doit êtr e l'éradication totale de la pauvreté, du travail précaire et du chômage de longue durée. Mais, comme première étape, nous proposons que des sanctions comparables à celles infligées aux pays qui sortent des critères de Maastricht soient prévues pour les Etats qui ne respecteraient pas ces critères sociaux en 2015.

A nous d'aller voir comment nos voisins danois sont parvenus à faire tomber l'illettrisme à 3 %. A nous d'aller voir en Hollande comment ont été réglés les problèmes de logement ou comment la Suède a fait reculer la pauvreté.

Le traité doit comporter également des garanties fortes en matière de financement des systèmes de sécurité sociale et de pérennité des services publics. Le droit de la concurrence a pris une place excessive dans la construction européenne. Il est temps de reconnaître à sa juste valeur l'importance des services publics.

Le traité doit aussi mettre fin au moins-disant social que provoque la règle d'unanimité en matière fisca le et ouvrir la possibilité de créer un impôt européen (écot! axe, impôt sur les bénéfices ou taxe Tobin améliorée).


Nous avons été capables de créer une monnaie unique. Douze Etats qui décident de faire monnaie commune, c'est du jamais-vu en temps de paix. Nous avons vaincu l'inflation : en quelques années, elle est passée de 12% à 2% ! Pourquoi ne pas lutter avec autant de force contre la précarité ou l'illettrisme ? Pourquoi ne pas nous attaquer vraiment au mal-logement ou au mal-développement ? N'est-ce pas le meilleur moyen d'affirmer concrètement nos valeurs humanistes, le meilleur moyen de réconcilier l'Europe et les Européens ?

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L'Irlande dit NON !

13 Juin 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

 

 

 

Tous les bulletins irlandais ne sont pas encore dépouillés… cependant on peut déjà parler d’une dépouille au sujet de l’Union Européenne.

 

On pourra toujours disserter à l’infini sur les raisons de ce troisième revers… pas assez expliqué, les électeurs n’ont rien compris… il n’en demeure pas moins que l’Europe a mesure qu’elle s’élargit, s’est éloignée des citoyens alors même que sa capacité politique s’est figée depuis le traité de Maastricht.

 

Au moins, j’espère que les partisans du oui peuvent entendre ce propos. L’Union Européenne est un nain politique… en refusant de grandir à 15 et en courrant après un hypothétique élargissement censé lui donner une réelle dimension… elle a fermée tous les débats… celui de la politique étrangère commune, celui de la cohésion sociale… alors oui désormais… on entre dans un brouillard politique total.

 

Et je ne partage pas l’idée que ce mini traité allait changer fondamentalement la donne… pour moi cela reste un faux espoir, une chimère… et c’est donner une victoire aux Libéraux… c’est déjà la cas et rien ne changeait la donne avec ce nouveau traité… pour une raison simple… l’Europe est gouvernée par les Libéraux conservateurs.

 

A chaud, un autre grandissime perdant, celui qui se targue de résoudre tous les problèmes à coup de « on ne peut pas faire autrement »… Nicolas Sarkozy… il arrive pour six mois à la tête de l’UE comme un grand blessé, un déjà mort-vivant ? Vous allez voir ce que vous allez voir… on ne verra rien… car hormis flatter son électorat a coups de grandes promesses sur la TVA, les quotas de pêche… quelle vision de l’Europe pour cet homme… peu ou rien… il ne s’agit pas de lui jeter la pierre au titre qu’il est le Président de la France… c’est le lot de l’immense majorités des politiques français… Pour beaucoup, elle se résume à une base de repli en cas reflux électoral  en terre nationale… rien de plus.

 

Aucun ne sera en mesure de redonner un nouveau souffle à cette grande et belle idée qui doit dépasser la seule espérance de paix surtout en ces temps de peur liée à une mondialisation devenue complètement folle.

 

Au fond… depuis des décennies, on entend parler du modèle européen…quel est-il aujourd’hui ? y en a-t-il déjà eu un ?

 

C’est à la classe politique européenne de tenter d’apporter des réponses… hélas… hélas… cela fait bien trop longtemps qu’elle se plie aux seules injonctions du marché pour apporter des réponses nouvelles et tenter de répondre aux défis de demain en matière d’énergie, d’environnement, de social, de culture… 

En complément et parce qu'il est bien plus brillant que moi... je vous invite à lire ce texte d'un gars qui travaille l'Europe au quotidien et qui n'est à proprement parler un gauchiste... : http://nrs1966.wordpress.com/2007/12/06/pour-une-europe-citoyenne-si-elle-doit-etre-de-gauche-autrement-on-sen-fout-iere-partie/ 

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Internet... nouvelle menace pour l’Elysée.

9 Juin 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

 

 



Il est toujours intéressant de se pencher sur les éminences grises de l’Elysée car au fond c’est désormais là où se situe le vrai pouvoir de
la France. Au détour de tribunes nichées au fin fond des quotidiens, on peut y décrypter la réalité idéologique de Sarkozy et de ses intentions futures.

Mercredi, je suis tombé sur celle de Franck Louvrier, conseiller pour la communication et la presse de son état, avec un bien  bel intitulé « L’information de qualité n’est pas soluble dans le haut débit »… déjà, on sent chez ce monsieur, un certain parti pris, brandi comme un ancien soixante-huitard.

 

Ce texte commence d’ailleurs sur cette référence… en gros, ils l’ont rêvé (les soixante-huitards), Internet l’a fait ; durant trois paragraphes c’est une ôde à la liberté, à l’information libre… «Cet espace public d’expression et de débat, bâti hier à coups de pavés, est aujourd’hui à la portée d’un simple clic »… ¨. Ca commence à m’énerver, il ne se passe pas un jour sans qu’un média nous fasse cette référence… est-ce un signe qu’écrasante majorité de nos éditorialistes et analystes politiques ont dépassé le stade des quinquagénaires…

 

Bien entendu, il se félicite de l’émergence de ce citoyen apte à produire de l’information grâce à ces nouveaux outils… « Cette évolution technique augmente de façon révolutionnaire notre capacité à rendre public »… Ah pour tout dire, c’est joliment écrit, on sent qu’il a dû suer sang et eau pour l’écrire sa tribune… pour la rendre présentable… au fond… c’est trop beau pour être honnête… et c’est dans les paragraphes suivant qu’on sent ses accents réactionnaires.

 

Ca arrive sereinement au détour de l’évolution du modèle économique de la presse… ce passage du payant au gratuit… où on sent entre les lignes ce partage entre le bien et le mal. Toujours doucereux dans le propos, intelligent dans la construction, Louvrier tente de gommer cet écart en redisant tout le bien qu’il pense de cette démocratisation, en allant même jusqu’à rappeler le joyeux temps de l’ORTF...

 

C’est ensuite qu’on rentre dans l’idéologie et le hard de la pensée néoconservatrice, avec ce principe de base du « c’est pour votre bien »… « Le développement technique d’Internet amène un premier paradoxe, qui présente un risque pour la vie privée du citoyen »… et pour moi une question : que vient faire ma vie privée de citoyen dans le débat… j’ai la réponse quelques lignes plus bas…  « …par la pression de l’actualité «en temps réel», fait primer le commentaire sur l’explication et le scoop sensationnel sur l’information vérifiée… Faisons en sorte que les circuits économiques de l’Internet ne sacrifient pas l’information de qualité» le tout assaisonné à la "mode" du gratuit et on obtient même si ce n’est pas dit comme tel : la presse de caniveau, la télé poubelle sont arrivées à cause de la gratuité d’Internet… avant que nenni.

 

Trois autres petites phrases m’ont également interpellé.

 

La première « Dans cet écart s’érode la légitimité des grands noms de la presse et la confiance du citoyen »… Une réflexion en passant… peut être tout simplement parce que le citoyen-lecteur est las de lire les mêmes jugements, les mêmes constats du « on ne peut pas faire autrement » et que celui attend justement des avis différents, des prises de position plus originales. Peut-être aussi une façon de dire leur dire, messieurs les éditorialistes si vous coopérer, l’Elysée sera là pour vous aider…

 

La deuxième est pour moi beaucoup plus inquiétante…notre communicant se pose en garant de la vérité … « Faisons en sorte que ce nouvel espace de liberté tant rêvé ne se construise pas en dehors d’une aspiration plus large à la vérité. Car il n’y a pas de société libre et démocratique sans un citoyen bien informé »… Or qu’est-ce que l’information vraie ? Pour moi il y a un fait… ensuite arrive son interprétation forcément subjective… c’est à partir de là qu’il devient un information… et en aucun cas, elle ne peut tendre à la vérité. Quand j’écris un article,je  ne prétends pas à la vérité seulement à ma subjectivité que j’essaye d’étayer par des faits… la nuance me parait essentielle et indivisible.

 

Enfin… et j’ai préféré garder le meilleur pour la fin car c’est à la fin du papier… « Un espace de liberté n’est pas un lieu où tout est permis ».  En clair et si vous vous voulez un décodeur… le temps du contrôle et de la censure va revenir… c’est d’ailleurs dans les tuyaux depuis un certain temps. A un moment avait été évoqué un permis de bloguer (cf infos du net ), certains éditorialistes avaient également hurlés contre les blogueurs (un papier sur Joffrin ici même, il y a quelques mois), les raccourcis intellectuels de Sarkozy et Morano sur l’Internet censé être incarné par la seule pédophilie…  Au moins, on est prévenu… et je ne suis pas certains que les assises du numérique enraille cette belle mécanique.

 

Au final, je retiens deux choses de cette tribune.

 

1° quand un gouvernement parle de vérité et de contrôle, je suis inquiet pour mes libertés de citoyens.

 

2° Nous avons un nouvel exemple du discours de Sarkozy. On commence un sujet sur un terrain où on ne l’attend pas, pour glisser tranquillement, après qu’on ait baissé la garde, vers une logorrhée réactionnaire et néoconservatrice sans nuance.

Edit
: au moment de publier, je tombe sur cette info : "Les changements envisagés par TF1 font forcément plaisir à l'Elysée"... PPDA par Laurence Ferrari... (source tempsréel)... ah ben... rien de mieux effectivement pour contrôler la vérité...

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Un socle commun. Le livre noir du Libéralisme (1).

4 Juin 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye


LarrouturouVoilà, la semaine dernière, je vous avais proposé de commencer un cycle issu du livre de Pierre Larrouturou intitulé « Le livre noir du libéralisme »… Cette démarche peut sembler curieuse de vouloir synthétiser un ouvrage. En fait, cela correspond aussi à un objectif somme tout assez égoïste en me mettant au clair avec certaines réalités économiques, par prolongement, j’espère que cela permettra de « construire » un socle commun aux militants socialistes qui viennent me lire.

 

Au fond, je me retrouve complètement dans cette phrase : « Oui, il faut comprendre pour pouvoir agir ». Je me permettrai d’annoter chacun des chapitres, la technique de cette synthèse sera faite de reformulation et de passage repris dans l’ouvrage (Si l’auteur me lit, j’espère qu’il ne m’en voudra pas). C’est parti.

 

Préalable : Le livre noir du libéralisme se décompose en trois parties. 1. Le Livre noir du libéralisme 2. Construire une alternative 3. Qu’est ce qui bloque ? A noter que tous les chiffres (oui désolé mais c’est nécessaire) proviennent de sources dont on ne peut suspecter une quelconque obédience gauchiste (eurostat, OCDE, journaux économique…). Si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à demander.

 

Préface par Michel Rocard.

 

« La science économique a dérivé et s’est recroquevillée pour n’être plus qu’une science de la circulation de l’argent »… « Il est moins que jamais admissible le monopole de ses réflexions de ses débats au seuls spécialistes, alors qu’on les découvre en train de jouer aux apprentis sorciers ».

 

Chapitre 1 : Dire la Vérité.

 

Deux mots me viennent naturellement à la lecture de ce chapitre mensonge et précarité et ces constats ne sont pas propre à la France.

 

Mensonges par omission ?

 

Deux exemples illustrent bien cette réalité. Celui des retraites dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles depuis plusieurs années qu’il nous faudra travailler plus longtemps or l’age moyen de départ en retraite est passé de 62 ans en 2001 à 60,8 ans au 1er semestre 2006. C’est un des paradoxes cachés de la Réforme Fillon, celle-ci a précipité les départs en retraite. L’autre conséquence est qu’en 2002 les caisses de retraite étaient à l’équilibre et qu’aujourd’hui elles accusent un déficit de plus de 7 milliards…  belle réussite.

Le deuxième exemple est bien entendu celui du chômage. Celui-ci serait à son plus bas historique depuis 30 ans. Rien de plus commode d’arranger les statistiques, de sortir telles ou telles catégories, d’oublier les dispenses, de ne pas prendre en compte les RMIstes… avec ça on arrive à un minimum de 4,5 millions de personnes sans emploi.

Ces mensonges comme tant d’autres n’ont-ils après tout qu’une fonction, cacher une autre, la précarisation accélérée pour une très large majorité de nos concitoyens au profit d’une infime minorité déjà largement pourvue ?

 

Une explosion de la précarité.

 

A mon sens un indicateur peut traduire cette réalité (attention, je ne suis pas un spécialiste), l’évolution de la part des salaires dans le PIB (Produit Intérieur Brut), celle-ci a chuté de 11% en 25 ans. Ce phénomène n’est pas propre à la France, il est mondial. Cela se traduit par une autre réalité qui nous vient des Etats-Unis : entre 1979 et 2004, le revenu des 20% des plus riches a progressé de 69% contre 9% pour les 20% les plus pauvres (à titre anecdotique c’est 169% pour le 1 les plus riches…).

Cependant, et c’est plus grave, l’autre face de ce chiffre froid c’est l’explosion sans précédent de la précarité et de la pauvreté symbolisées dans le meilleur des cas par une augmentation sans précédent du temps partiel en France, aux Etats-Unis, au Japon… alors que Sarkozy n’a de cesse de vouloir faire travailler plus, ce n’est certainement pas le RSA ou les fameux emplois à la personne de Borloo qui inverseront la tendance. Au final des millions de travailleurs pauvres se voit imposer un temps de travail réduit (la durée moyenne du travail est inférieur à 34h aux USA… étonnant… grace/à cause de la multiplication des petits boulots). En Allemagne, plus de 6 millions de travailleurs sont à 15h/semaine et la loi Hartz du gouvernement Schröder a jéte des milliers d’allemand dans la pauvreté. Le salarié est non seulement précarisé dans son travail mais il l’est également dans son accès aux soins, dans son accès à l’éducation.

 

Autre conséquence des changements structurels de ce fameux PIB… un Etat qui a de moins en moins de ressources pour agir durablement et redistribuer plus équitablement les fruits d’une croissance ininterrompue depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

 

Fin du premier chapitre et je vous prie d’excuser ce résumé partiel et partial. Je n’ai pas relevé la question de la flexibilité car elle est inhérente à la précarité et que d’autres indicateurs démontre qu’elle est déjà une réalité en France. D’ailleurs, les 35h ont permis d’étendre cette sacro-sainte flexibilité. Chapitre 2 dans quelques jours.

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Présidence Française de l'UE : "Les marchés financiers ne peuvent nous gouverner !"

25 Mai 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye


Grosse journée de Copié/Collé... mais j'ai failli passer à coté de ce texte... Il me paraît pourtant intéressant plus d'un titre.

Les marchés financiers ne peuvent nous gouverner !

Lettre collective à Nicolas Sarkozy, en vue de la présidence française de l’Union européenne, signée par Laurent Fabius et plusieurs dirigeants de la gauche européenne (Jacques Delors, Jacques Santer, Helmut Schmidt, Otto Graf Lambsdorff, Lionel Jospin, Pär Nuder, Michel Rocard, Hans Eichel, Göran Persson, Daniel Dãianu, Massimo d’Alema, Ruairi Quinn, Poul Nyrup Rasmussen, Eero Heinäluoma, Paavo Lipponen).

M. le Président,

Les marchés financiers ne peuvent nous gouverner !

La crise financière actuelle n’est pas le fruit du hasard. Elle n’était pas impossible à prévoir, comme le prétendent aujourd’hui les hauts responsables du monde des finances et de la politique. La sonnette d’alarme avait été tirée il y a des années déjà par des individus lucides. La crise incarne de fait l’échec de marchés peu ou mal régulés et elle nous montre une fois de plus que ceux-ci ne sont pas capables d’autorégulation. Elle nous rappelle également les inquiétantes inégalités de revenus qui ne cessent de croître dans nos sociétés et jette de sérieux doutes sur notre capacité à nous engager dans un dialogue crédible avec les nations en développement concernant les grands défis mondiaux.

Les marchés financiers sont devenus de plus en plus opaques et l’identification de ceux qui supportent et évaluent les risques se révèle être un défi titanesque. Le secteur bancaire dit ‘de l’ombre’, peu ou pas régulé, n’a fait que croître au cours des vingt dernières années. Les grandes banques ont participé à un jeu de « création and distribution » de produits financiers extrêmement complexes et elles se sont embarquées dans la vente, sous un emballage assez douteux, de dettes liées à des emprunts immobiliers à haut risque. Des régimes de primes inadéquats, une vision à trop court terme et les conflits évidents d’intérêt ont encouragé les transactions spéculatives.

Les prêts hypothécaires douteux, basés à tort sur l’idée que les prix de l’immobilier continueraient d’augmenter sans cesse, permettant ainsi de rembourser la dette contractée, ne sont que les symptômes d’une crise plus large en matière de gouvernance financière et de pratiques commerciales. Les trois plus grandes agences de notation au monde ont noté ces drôles de valeurs comme étant relativement sans risque. Une banque d’investissement a gagné des milliards de dollars américains en spéculant à la baisse sur les titres subprime tout en les vendant à ses clients, ce qui résume de façon plus qu’éloquente la perte de toute éthique dans le monde des affaires !

Nous avions été mis en garde des dangers de cette situation. Alexander Lamfalussy et le Comité des sages, dans un rapport sur les marchés des valeurs européennes (2001), ont souligné le lien entre l’apparente efficacité accrue de ces marchés et le prix à payer en matière de stabilité financière. Paul Volker il y a quelques années avait déjà exprimé son inquiétude. Paul Krugman a également pointé le doigt vers les menaces posées par des entités financières non régulées en croissance il y a à peu près une décennie. En 2003, Warren Buffett a taxé les produits dérivés d’« armes financières de destruction massive ». Un rapport de la Banque d’Angleterre sur la stabilité financière a mis en avant le fossé dangereux existant entre les créanciers et les conséquences de leurs décisions.

Le problème réside dans le modèle actuel de gouvernance économique et d’entreprise axé sur une maigre réglementation, sur un contrôle inadéquat et sur une offre trop faible de biens publics.

La crise financière ne démontre que trop clairement que l’industrie financière est incapable d’autorégulation. Il est impératif d’améliorer le contrôle et le cadre réglementaire des banques. Il faut également revoir les cadres réglementaires pour les instruments d’investissement. L’utilisation d’instruments financiers (comme les CDO - obligations adossées à des actifs) doit être réglementée. Toutes les institutions financières devraient, à l’instar des banques, maintenir des réserves minimales et le ratio d’endettement ne peut rester illimité. Enfin, les régimes de primes doivent être revus afin d’éviter que la prise de risques inconsidérés ne soit encouragée sans une certaine prudence.

En ce qui concerne les conséquences de cette crise sur l’économie réelle, il semble que les experts économiques du monde entier aient été frappés d’un accès de timidité. Presque tous les instituts de prévisions revoient leurs évaluations de croissance à la baisse pour les pays développés en 2008 et 2009. Mais personne n’ose dire clairement si l’Europe est menacée d’une récession économique ou pas. Certains symptômes toutefois ne trompent pas. Dans le cas de l’Union européenne, une récession cette année ou l’année prochaine aurait des conséquences dramatiques.

L’inégalité croissante de revenus s’est produite parallèlement à une croissance continue du secteur financier. Il est vrai que les progrès technologiques ont contribué de façon significative à des différences de plus en plus importantes de revenus en favorisant la main d’œuvre hautement qualifiée. Toutefois, les politiques mal avisées ont également eu un impact majeur dans ce domaine. Le capital financier représente à présent 15 fois le produit intérieur brut (PIB) de tous les pays. La dette cumulée des ménages, des entreprises financières et non financières et des autorités publiques américaines représente plus de trois fois le PIB des USA, soit deux fois le niveau enregistré lors du krach boursier de 1929. Le monde des finances a accumulé une masse gigantesque de capital fictif mais qui n’améliore que très peu la condition humaine et la préservation de l’environnement. Cette crise financière a permis de cerner un peu mieux les alarmantes disparités de revenus qui n’ont fait qu’augmenter au cours des dernières décennies. L’ironie de la chose est que les salaires et les primes de nombreux PDG ont atteint des niveaux extrêmement élevés alors que le rendement de leurs sociétés stagnaient ou même baissaient. L’enjeu éthique est donc majeur.

Les libres marchés ne peuvent faire fi de la morale sociale. Adam Smith, père du laisser-faire économique, a également écrit la « Théorie des sentiments moraux » et Max Weber a établi le lien entre le dur labeur et les valeurs morales d’une part, et l’avancée du capitalisme de l’autre. Le capitalisme décent (soit un capitalisme respectueux de la dignité humaine, pour reprendre les propos d’Amartya Sen) requiert une intervention publique efficace. La recherche du profit constitue l’essence de l’économie de marché. Mais lorsque tout est à vendre, la cohésion sociale s’effrite et le système s’effondre.

La crise financière actuelle réduit la capacité de l’Occident à entamer un dialogue plus constructif avec le reste du monde sur les défis mondiaux, sur la gestion des effets de la mondialisation et du réchauffement de la planète - alors que le boom économique extraordinaire de l’Asie pose de nouveaux défis sans précédent.

Les augmentations spectaculaires des prix de l’énergie et des produits alimentaires viennent aggraver les effets de la crise financière et sont de mauvais augure. Il est très significatif que les fonds spéculatifs aient contribué à la hausse des prix des denrées de base. Les citoyens des pays les plus pauvres en seront les plus touchés. Nous risquons de nous trouver face à une misère sans précédent, à une prolifération d’états faillis, à des flux migratoires plus importants et à davantage de conflits armés.

Certains clament haut et fort que l’Europe compte ‘des économies solides’, avec un meilleur contrôle financier et une meilleure réglementation qu’aux Etats-Unis. On pourrait dire qu’il en est en partie ainsi. Mais n’oublions pas les problèmes croissants sur les marchés immobiliers au Royaume-Uni, en Espagne et en Irlande et le marasme économique qui se répand partout en Europe. Pensons également au nationalisme économique et au populisme qui ont tous deux le vent en poupe.

Les décideurs européens, tant au niveau de l’Union que national, doivent apporter une réponse ferme à l’actuelle crise financière. Nous avons besoin de pragmatisme, d’ouverture d’esprit et de coopération dans la poursuite d’objectifs communs.

L’Europe doit étudier ces évolutions et identifier les conséquences prévisibles dans le court et le long terme afin d’élaborer des propositions à l’adresse de la communauté internationale permettant de contrer les effets et les causes profondes de cette crise.

Il est temps de créer un ‘Comité de crise européen’ qui rassemble des représentants politiques de haut niveau, d’anciens chefs d’Etat et de gouvernement ou des ministres des finances ainsi que des économistes renommés et des experts financiers de tous les continents. Ce comité doit se donner comme tâche de :

- Procéder à une analyse détaillée de la crise financière dans le contexte plus large que nous avons essayé de décrire plus haut ; 
- Identifier et évaluer les risques socioéconomiques que comporte la crise financière pour l’économie réelle, en particulier en Europe ; 
 - Proposer une série de mesures au Conseil de l’UE afin d’éviter ou de limiter ces risques ; 
 - Présenter au Conseil des ministres, aux Etats membres du Conseil de sécurité de l’ONU, au directeur général du FMI et à toutes les autorités et instances concernées une série de propositions afin de limiter les effets de la crise et préparer une Conférence financière mondiale afin de repenser les règles de la finance internationale et de la gouvernance concernant les thèmes économiques mondiaux.

En 2000, nous avons convenu de faire de l’Union européenne la région la plus compétitive au monde. Cette ambition a été réitérée en 2005. Nous devons garantir que la compétitivité de l’Europe soit soutenue et non minée par les marchés financiers. Nous devons agir sans plus tarder : pour nos citoyens, pour davantage d’investissements, pour la croissance économique, pour la justice sociale, pour des opportunités d’emplois, et en définitive, pour un meilleur avenir pour tous les Européens.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments distingués.

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LCC : Un think tank ouvert ?

12 Mai 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye


Ce billet est une réponse à l'appel de Luc Mandret et de Ronald dans leur volonté d'ouvir un nouvel espace de discussion transparti (Left & Center Citizens)... en fait, je reprends un texte sans en changer une virgule que j'ai écrit le 21 décembre 2006.




D'une rive à l'autre.

Avec la toile, on renoue des contacts qui se sont étiolés avec le temps, avec les parcours de chacun, seul reste la même passion pour la vie de la cité, chacun à notre façon.


Aujourd’hui, cet outil a permis de renouer le fil, d’échanger, de comprendre davantage « l’autre » en dehors des lieux traditionnelles, davantage portés sur la forme que sur le fond.


Nous sommes quelques uns à penser que les clivages historiques ne résistent plus à un monde toujours plus complexe, toujours plus incertain
. Nous regardons également la gestion des collectivités, où bien loin des militants et des grandes envolées lyriques, se mettent en place des partenariats pour le moins intéressants entre le PS et l’UDF (notamment au Conseil Régional).


Bien plus qu’un simple principe de réalité, nous sommes persuadés qu’il s’agit également d’une certaine convergence de points de vue.

Sans nier les différences mais que deviennent elles quand il s’agit d’améliorer le sort de milliers de concitoyens, il est temps que des ponts se forment pour que ces « arrangements » dépassent les seuls bureaux de nos gouvernants. Ces réflexions, ces débats ne peuvent et ne doivent être réservés à ces derniers, l’urgence des situations (écologie, social, économie…), l’exigence de vérité impose que les citoyens que nous sommes s’emparent de cette question du « travailler, penser ensemble au delà de nos différences ».


Si l’élection présidentielle se cristallise sur les individus en compétition,  elle ne peut empêcher l’émergence d’une aspiration au changement tant sur le fond que sur la forme d’affrontements politiques devenus pour le moins artificielles pour ne pas dire archaïques.


Pour ma part, je suis incurablement de gauche (pas de la vraie, l’unique… celle qui n’a jamais eu à opérer des choix…) cependant j’estime qu’il est faux de penser que l’ultime horizon de la sociale démocratie réside toujours dans ce triptyque PS/ « Gauche véritable »/Extrême Gauche
. D’autant que le spectacle offert par la gauche anti-libérale ne peut conduire à un quelconque optimisme… surtout dans le cadre d’une politique gouvernementale.


Il ne s’agit pas d’entériner une prétendue droitisation du parti socialiste ; plus sûrement de dire que nous n’avons pas le monopole d’une société humaniste et plus juste et de sa mise en mouvement et d’en assumer les choix à un moment donné.

Mendès France disait « gouverner, c’est choisir » ; en cela le PS devra dans les prochaines années choisir… tant sur le possible et avec qui mais aussi entre se condamner à l’alternance ou enfin devenir un parti de gouvernement durable car ce n’est pas en cinq ans qu’on change la vie…


A mon sens, le moment est propice à la naissance d’un espace non pour  « candidater » mais pour débattre, proposer, oser d’une rive à l’autre, au moins au niveau de notre département.

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Manifeste pour une alternative européenne écologique

10 Mai 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye


on a toujours raison d_inventer

Je  vous livre le texte intégral d'On a toujours raison d'essayer. Pour tout vous dire... je m'y retrouve et cela faisait longtemps que je n'avais pas pris un tel "plaisir" en le lisant.



Manifeste pour une alternative européenne écologique

 

L’histoire est en suspens.

 

Soit la trajectoire d’effondrement dans laquelle s’inscrit notre civilisation de marché et de prédation se prolonge, et l’on verra la crise écologique globale précipiter la planète dans une régression sociale et humanitaire sans précédent ; soit la société affirmera son refus d’une telle spirale et surgiront alors les réformes nécessaires pour échapper au chaos et tracer l’horizon d’une nouvelle espérance. Nous n’avons plus le temps. Tous les indicateurs sont au rouge et déjà le grand cri des souffrances retentit. Les ressources s’épuisent, le climat s’emballe, le vivant se rétracte, les catastrophes s’enchaînent, les inégalités s’aggravent, les ventres crient famine, l’économie dérive, les liens sociaux se déchirent, le mal être individuel empire. L’humanité avance vers son désert. L’homme va vers son affaissement.

 

D’autres orientations économiques et sociales s’imposent. D’autres choix de société sont indispensables. Une autre politique de civilisation est possible. Ni demain, ni peut-être. Maintenant et résolument. L’enjeu est tel et son urgence si prégnante que nous ne pouvons plus consentir à la tradition des jeux de rôle auxquels la représentation politique se complaît, avec ses rabâchages traditionnels qui pétrifient le futur et ses crispations claniques qui dévalorisent les consciences. Quelques soient leurs référentiels idéologiques, les politiques bégaient devant les défis du nouveau siècle, refusant l’obstacle du grand tournant nécessaire. Ils restent assermentés à un modèle de développement insoutenable. Chacun à leur façon, ils persévèrent dans la reproduction d’un type de progrès de plus en plus aliénant.

La défense de la vie sous toutes ses formes et le devoir d’équité universelle commandent de passer à un autre niveau d’ambition et de changer de pratique politique.

 

D’abord, il faut rompre la perspective. Rompre avec les impostures de l’accompagnement social et écologique du mécanisme broyeur des hommes et de l’environnement ; rompre avec les illusions qui tentent de corriger les excès du productivisme marchand et s’épuisent à réguler l’irréversible ; rompre avec cette logique implacable qui conduit à nous accommoder honteusement de

perspectives douloureuses pour nos enfants et les trois quart des hommes et des femmes de cette planète. Rompre, c’est s’en prendre enfin aux racines, au sein du système économique et social comme au coeur de nous-mêmes, dans l’architecture de la mondialisation aussi bien que dans l’imaginaire de chacun, et c’est permettre ainsi, avant que le chaos ne vienne tout compromettre, l’éclosion progressive et pacifique d’une refondation de nos manières d’être et de vivre. Ni surenchère utopique, ni ivresse insurrectionnelle, l’objectif que nous poursuivons consiste à ouvrir les premières pistes d’un horizon émancipateur, redonnant sens au progrès et consistance à l’espoir.


Pour ce faire, le verrou que les forces idéologiques dominantes imposent à la société doit être débloqué. Produits d’une époque révolue où l’abondance et la croissance des richesses apparaissaient infinies, et où le plus avoir l’emportait sur le mieux être, les formes partidaires de la représentation politique, à droite comme à gauche, au centre comme aux extrêmes, ne sont plus en phase avec le temps de la rareté qui s’annonce, ni avec l’aspiration grandissante des populations à vivre autrement que dans l’accumulation, le factice ou les dettes, ni encore avec les interpellations de la crise écologique et sociale. Ce sont ces partis hors d’âge, avec leurs promesses irréelles et leurs réflexes obsolètes qu’il faut maintenant contester, électoralement et démocratiquement. Ce sont ces vestiges du passé qu’il s’agit de remplacer. Nous ne nous résoudrons jamais à un apartheid mondial et à la destruction de la nature que leur aveuglement véhicule.

 

C’est pourquoi il s’agit d’entreprendre la construction et la mise en mouvement d’un nouvel espace politique : la social-écologie. Au sein de celui-ci, les forces vives de la société se rassembleraient dans leur diversité pour tracer la perspective d’un autre modèle de développement et appliquer les transitions nécessaires.

Cet autre modèle n’est inscrit dans aucun dogme ni bréviaire, même s’il doit se rattacher aux meilleures traditions humanistes héritées de l’histoire des civilisations. Il se construira à partir des besoins humains de bientôt neuf milliards d’individus, de l’intérêt collectif, du partage des ressources et du respect des équilibres du vivant. Il se fondera sur les valeurs de justice sociale et de solidarité planétaire, de sobriété et de conscience des limites, de participation et de dialogue. Il orientera progressivement les activités vers de nouvelles façons de consommer, de produire, de se déplacer, de travailler, d’échanger, d’innover, d’habiter les territoires et de faire ensemble société.

 

Un nouvel espace politique ne peut se concevoir d’emblée qu’européen puisque l’Europe est notre village, et international puisque la planète est notre patrie.

L’Union européenne, malgré ses aléas, a bâti un espace de paix et de coopération entre les Etats qui la composent. Elle représente une puissance dont les choix constituent un formidable levier d’action planétaire. Les peuples qui la composent en attendent légitimement un projet qui les fédère. C’est donc là, au coeur de cette maison commune, à l’échelle de la masse critique que représente le continent européen, qu’il faut mettre la pression pour construire des politiques transnationales fondées sur les principes de la durabilité : durabilité des ressources et des équilibres naturels, durabilité des systèmes économiques, des contrats sociaux et des modes de vie. Ceux-là même qui sont inconciliables avec un système dont les deux dogmes, productivisme et consumérisme, précipitent les dégâts de la dérégulation, de la financiarisation et de la marchandisation. Une alternative européenne écologique repose sur l’impulsion de valeurs civilisationnelles basées sur l’épanouissement personnel et le mieux être collectif, a contrario des aliénations marchandes et techniciennes qui précipitent les individus dans la course au toujours plus, à l’excès, aux frustrations sans fin, à la compétition, à l’individualisme, à l’artificialisation et au désenchantement du monde. Il s’agit de rendre désirable un changement favorisant un nouvel imaginaire d’émancipation et d’encourager les élans de créativité, d’innovation et d’organisation collective tournés cette fois vers l’humain et la réconciliation avec la nature.

On a toujours raison d'inventer.

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La « blogosphère » misogyne ?

9 Mai 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

 

rosa luxemburg
De prime abord cette question peut sembler au mieux sans intérêt au pire idiote…

 

Pourtant à y regarder de plus près… on s’aperçoit que cet espace devenu à priori asexué et « égalitaire » semble bien au contraire amplifier certains comportements d’une société où la femme doit en permanence prouver sa compétence.

 

Je n’ai pas la prétention de faire de cet article une étude sociologique mais plus simplement de tenter de poser quelques constats sur un écosystème auquel « j’appartiens »… la blogosphère et plus particulièrement la blogosphère politique.

 

En regardant le fameux classement wikio (« maître étalon » de l’influence pour certains, truc débile pour d’autres mais ça néanmoins outil)… un fait me saute au visage… la sous représentation des femmes dans un tel classement. C’est d’autant plus intéressant que celui-ci mesure essentiellement les échanges entre blogs… d’où la fausse idée d’influence… mais c’est un autre débat.

 

Sur les 100 premiers blogs politiques… j’ai dénombré 5 blogs tenus par des femmes… et la première d’entre elles arrive en 27ème position… en la personne de Corinne Lepage. (Ce n’est pas mon président ayant cessé toute activité…)

 

A n’en pas douter, l’informatique de ses débuts était un univers particulièrement masculin voire machiste aussi avec une démocratisation accrue, et plus particulièrement du web, depuis ces 5/10 dernières années, on aurait pu penser que cet espace se féminise plus rapidement que la société en tant en terme d’appropriation que de représentation.

 

Au final, et j’en discutais avec Marianne, ce nouveau média obéit aussi à une logique chronophage et ne traduit-il pas fondamentalement cette réalité quotidienne. La femme se voit contrainte, pour une très large majorité d’entre elles encore aujourd’hui, de pouvoir à plusieurs « vies » au cours d’une même journée… chose dont l’homme se voit traditionnellement dispensé depuis de nombreux siècles.

En cela, il est frappant de constater et de mettre en parallèle les partis politiques qui abusent encore d’un fonctionnement archaïque excluant de facto les femmes…. La sempiternelle réunion qui commence à 19h… la logique de représentation qui impose une disponibilité sans faille pour espérer « exister ».

 

Aussi notre pratique, ma pratique internautique ne participe-t-elle pas à la perpétuation de cet habitus… je pose juste la question car je suis bien en peine d’y donner un début de réponse.

 

Alors la blogosphère, territoire a-féministe ? Misogyne ?

 

Pour terminer quelques liens de blogs Y : Stupeurs et tremblement, bah (article sur le même sujet hier), MIP, Femina Novo, Irene Desle, oRélie, Zoriade, Marie-Laurence Davoine… et pardon à toutes celles que je n’ai pas cité...

Edit : Je suis naze... en réfléchissant à ce post dans le métro, j'avais pensé aux liens... j'avais bien entendu pensé à
Fanette... et hop on écrit... et je l'ai oubliée au moment du jet final...

PS
 : cet article est fatalement incomplet, inexact, raccourci… bref comme souvent c’est une ébauche… c’est ma ligne éditoriale qui veut ça.

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Je n’ai pas le moral.

29 Avril 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

   

En fait, vous pouvez traduire le « Je » par les ménages français… et donc ces derniers ont le moral au plus bas dans les chaussettes et pas sûr que la feuille de déroute (selon le non mot de Royal) pondue par Nicolas Sarkozy arrange les choses dans les prochains mois.

 

Et à se demander si le gouvernement ne tente pas de remettre au goût du passé ce bon vieil adage du « quand le bâtiment va tout va » de notre politique économique, le tout assaisonné de la bonne veille certitude libérale voulant que la concurrence entraîne une baisse des prix…. Enfin sauf quand ça peut fâcher les amis proches du Président (la non attribution d’une 4eme licence de téléphonie mobile… Bouygues ayant beaucoup à perdre...).

 

Au fond, je me demande qui peut encore croire à ces non mesures comme la « maison à 15 euros par jour » (la dessus je n’ose revenir sur cette aberration en pleine crise des subprimes… passons…) ou encore la truculence de cette « exacerbation » de la concurrence dans le secteur des grandes surfaces. Alors certes on balance à la tête du tout venant que ça va créer n-emplois sans mettre dans la balance les destructions induites… mais bref l’essentiel c’est d’y croire quitte à faire mentir les chiffres et la réalité le moment des comptes venu. Seul réel domaine où le gouvernement fait preuve d’une compétence sans égale.

 

Tout cela pourrait prêter à rire au même titre que notre guignol bondissant comme un cabri à chaque nouvelle centrale nucléaire vendue… hélas et alors que les signaux tirent au rouge aux quatre coins de la planète… l’inquiétude des population semble renforcé chaque jour un peu plus le courant réactionnaire dominant qui œuvre depuis plusieurs décennies pour nous emmener dans un mur toujours plus près.

 

Ce mur porte désormais un nom : le développement durable et l’incroyable autisme dont font preuve nos gouvernants permet d’affiner notre inconséquence en la matière.

 

Alors que ces derniers s’inquiètent de cette sacro-sainte croissance à dix ans, Nicolas Stern, auteur d’un rapport sur les risques climatiques qui a servi de base de travail au gouvernement britannique, a déclaré dans un entretien qu’il avait sous-estimé le changement climatique. A moins de penser comme notre mésestimé Claudre Allègre qui enfile des bouquins comme d’autres des perles sur ce sujet sans jamais cité ses sources… le doigt mouillé c’est bien suffisant… de plus en plus de scientifiques se font beaucoup plus inquiets. Sans être un expert dans le domaine, j’avoue qu’à la lecture de deux articles, l’un sur la fonte de la calotte polaire et l’autre sur les conséquences « inattendues » de la disparition annoncée du permafrost sibérien ne me rassure pas vraiment… avec comme résultat la perspective d’un basculement climatique intervenant dans la prochaine décennie…

 

Alors pendant ce temps… ben pas grand-chose… enfin si, certains, trop contents de l’aubaine de voir s’ouvrir de nouvelles voies de navigation, commencent à mettre en chantier des supers tankers géants… ben oui ça urge… C’est la première chose à faire.

 

Après les problématiques de réfugiés climatiques, d’accès à l’eau… pfouff qu’est qu’on en a foutre de ces conneries « de la pensée unique et de la bien pensance ».

 

Et pour moi la question de la décroissance commence à irriguer les méandres de mon cerveau gauchisant…


Edit : ajout d'une vidéo de Serge Latouche, économiste. Professeur à Paris XI et directeur du Groupe de Recherche en Anthropologie, Épistémologie et Économie de la Pauvreté .

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A gauche, sommes nous encore capable de débattre ?

19 Avril 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

 

 

Ce matin, je suis en mode humeur maussade… la raison… depuis quelques jours (semaine ?), je m’interroge sur le dérèglement génétique qui semble s’emparer de la gauche et plus particulièrement des socialistes… Sommes nous collectivement encore en capacité de débattre, d’échanger, de progresser vers un socle commun solide.

 

Je passe François Hollande et son arrivée dans le web 2.0 où le moindre commentaire mettant un tant soit peu sa manière de faire est impitoyablement supprimé… je n’en attendais pas moins de sa part… il est plus difficilement d’accepter le débat que de maintenir son pouvoir sur des synthèses sans fond.

 

Non ça vient de l’arrêt de Congrès Socialiste dont j’étais l’un des initiateurs (vous pouvez lire o160o et NicolasJ qui ont également jeté l'éponge)… il n’aura pas réussi à dépasser le cadre des querelles de chapelles, des querelles de leaders… il y a une semaine j’avais annoncé que je cessais de m’en occuper… las des tensions générées alors que le congrès est encore loin… ça promet pour la suite…

 

Vous me direz… oui mais c’est propre au microcosme de la « blogosphère »… hélas je ne le crois pas… le mal est plus profond… Le PS et ses militants ont perdu la culture du débat, de l’affrontement des idées… Dans le même temps, j’ai l’impression que c’est le mal de toute la gauche… la mouvance altermondialiste est dans le même état avec comme résultat une incapacité chronique à s’organiser et donc à peser.

 

En bon bon ségoliste, vous pensez certainement que je vais vous vanter le site congrès utile et serein… même pas… à quoi rime près de 600 contributions… j’ai comme la vague impression qu’il n’y a aucun process de régulation avec le risque d’une overdose de textes qui débouche sur une impasse… D’autant qu’au niveau local… il ne se passe rien… ah si une grosse réunion… pour la région grand nord avec un thème…  « Comment faire pour un congrès utile et serein »… Je reste sur ma faim

 

Que faire ? Comme dirait Vladimir Illitch Oulianov… je n’en sais rien… continuer à blogger comme avant… avec fatalement la mise en avant de son égo…

 

Ma seule certitude c’est qu’à ce rythme le travail de démolition sociale entrepris par Nicolas Sarkozy et François Fillon a de beaux jours devant lui… la semaine qui vient de s’écouler en est une éclatante démonstration.

 

Alors oui… je m’interroge… et pourtant j’ai fait mon chèque pour le PS…

 

Billet vite fait avant d’aller au tennis…

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