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Le lecteur lambda doit certainement penser qu’un week-end de bobo, c’est obligatoirement des chouettes fêtes où tu manges bien, tu bois bien et tu discutes beaucoup… surtout que par définition il a un réseau à spectre large… en théorie oui… en pratique ça dépend.
Ca peut commencer très bien, mais du fait de ce foutu réseau… ça peut également déraper… c’est ce que j’ai, c’est ce que nous avons, connu ce samedi.
Tout commençait formidablement (comme dirait Jack Lang) bien, l’anniversaire surprise d’un ami qui fêtait ses 2*35 printemps… tu lui en donnes 20 de moins… « tin j’espère que j’aurai la même jeunesse »… enfin on fera tout pour.
Bon déjà y avait un bug dans le programme concocté par Marianne… oui il faut un bouc émissaire.On est arrivé avec 30 mn de retard et donc la surprise pour Claude était un peu éventé… mais bon comme d’habitude la « Maîtresse » de maison… je mets des guillemets parce qu’elle revenait d’Afghanistan… avait préparé des petites choses fort sympathiques… le temps d’avoir le petit goût qui vous dit que vous allez passer une bonne soirée et hop on doit décoller… direction la soirée du CE de Marianne….
C’est là que notre Destin a basculé… Déjà surprise (déjà deux vous me direz)… c’est une soirée cabaret… ah génial… je veux pas faire mon associable mais par nature ça me gonfle… je regarde le « flyer »… Brassens, Brel (oh putain y sont courageux…), Piaf, l’exilé fiscal suisse (Aznavour pour qui je vous un mépris sincère)… mouais… Après 30 minutes à trouver ce truc… j’avoue j’y ai mis une mauvaise volonté évidente… on arrive à « La petite Cave ». Par précaution, si vous aimez le lieu… ne lisez pas les lignes qui suivent…
Donc on descend au sous sol, logique me direz vous, et là quelques articles dithyrambiques de la Voix du Nord sur ce lieu… ça commence mal… un gars chante… on dira ça… waouhhh la qualité du son… déjà le mec est mauvais mais en plus il n’est pas aidé par une sono à vous faire saigner l’oreille… détail con mais plutôt branché audiophile, certains disent idiophiles, je suis sensible à la qualité du son… là j’était servi.
Le lieu proprement dit, ben c’est une grande cantine dans une cave voûtée qui peut contenir 300/400 personnes… bref idéal pour l’intimité. Bon, tranquillement on arrive au plus… allez, disons savoureux. Donc au niveau chant, on avait droit à 5 chanteurs pour « revivre 100 ans de chansons françaises »… beau concept mais comme pour le marxisme, un beau concept ça peut être rapidement dévoyé. Donc là… déjà le répertoire j’aime pas (vartan, pagny…)… enfin ils n’ont pas osé Brel… Merci du fond du coeur… disons qu’on a eu le privilège d’assister à un massacre collectif… bien sur je ne saurais vous épargner le commentaire de «la jeune chanteuse qui n’a rien à envier à la « Star Académie »… c’est sûr je peux en témoigner… c’est insipide, autant de présence qu’une sardine à l’huile. Enfin, ça m’aura permis de me rendre compte que moi aussi je peux m’improviser chanteur…
Bon, il est clair que je ne m’attendais pas à grand chose, restait la bouffe !… bouffe maison qui disait l’article de la Voix… franchement, il devait avoir bu une bassine d’acide avant de passer à table. Je passe sur la salade de saumon aussi goûteuse que des bâtonnets de surimi… et encore… nan le top c’était le plat principal… du canard (on pense) accompagné d’une sauce indéfinissable et sa farandole de légumes… humm extraordinaire le ballotin de trois haricots… le lard avait du rencontré le porc dans une vie antérieure… mémorable également le gratin dauphinois en boite rehaussé par un kilo de fromage gratiné. Pour accompagner ses mets délicats et subtils… rien ne vaut le vin blanc du patron… ben oui dans ce genre d’endroit j’évite le rouge… par conscience professionnelle, je l’ai malgré tout goûté… comme m’a dit ma voisine… «il pique un peu »… foutiou… du comme ça, ça faisait un bail que je n’en avais pas bu si j’en ai déjà bu…un avantage il tient longtemps en bouche.
Malheureusement, baby-sitteuse oblige on a dû écourter cette inoubliable soirée… en sortant, j’ai repensé à une soirée au « Roi Dégueu »… le truc spécialisé dans les enterrements de vie de garcon… c’est un peu le même esprit… c’est cher, tu bouffes mal, ça gueule de toute part mais surtout t’es content de sortir de là…
Une chose est sûr, c’est pas toujours facile la vie de Bobo !!!
Oui ce matin je me suis posé cette grave question existentielle… et très rapidement j’en suis arrivé à la conclusion qu’au regard de la norme… je suis et j’évolue dans un environnement de bobos. Au il n’y a rien de dégradant car force est de constater qu’on est vite basculé de ce coté là. Déjà si tu ne regardes pas TF1… c’est mal parti… je le vois bien au boulot quand on me parle de telles ou telles émissions pourtant je fais des efforts… je regarde au moins 10 mn les concepts novateurs forts… star ac, bachelor ou autres musts. Ensuite si tu as le malheur de lire autre chose que ton programme télé et qu’en plus tu achètes régulièrement des bouquins… là tu es sur le chemin du non retour. Les choses à partir de là ne peuvent que s’aggraver… si en surplus t’as seule radio c’est inter ou franc info… il est statistiquement prouvé que tu passeras à coté des standards de la chanson actuelle (rater Pagny, Ségara c’est insensé…). Autant, le dire tout de suite c’est mon cas.
Après cette première approche, j’ai tenté de remonter le fil… pas le tout d’être un bobo mais quelle sorte ? Là j’ai fait le choix du bobo lisse ou du bobo saillant… c’est mon choix, bizarre il est vrai. J’entends par saillant, le bobo qui a une touche créatrice… j’en ai plein dans mon entourage… celui ou celle qui publie des bouquins ou en publiera… celui ou celle qui avec quatre punaises de couleurs et un peu de colle arrivera a en faire une œuvre d’art…
Alors j’ai bien cherché chez moi mon coté saillant… et… j’ai trouvé mon tarin… celui qui me donne un profil quasi césarien… ouais on se console comme on peu. Je dois dire que je les envie ces bobos saillants avec admiration… moi je suis un bobo lisse… un touche à tout… et c’est tout…
Cette semaine que ça m’a explosé à la tronche… en cours au CNAM… ouais notre prof nous parlait de notre mémoire d’ingénieur… hum hum me dirait vous… ouais sauf qu’il a bien précisé qu’on ne nous demandait pas d’apporter un élément nouveau à la science… juste de bien appliquer ce qu’on a appris… tu parles d’une exaltation… déjà que je suis un informaticien par défaut…
Enfin, en même temps, et grâce à deux psychothérapies… entre 25 et 32 ans… j’ai non pas appris à vivre avec… simplement à m’accepter comme tel. Et quelque part, j’ai eu un peu de chance d’avoir pu rencontrer tous ces amis… et cette chance mine de rien se fut Devaquet… marrant et tragique en même temps… parce que jusqu’à ce moment… mon truc c’était plutôt le sport mais pareil lisse… en touche à tout.
Je ne sais pas ce qu’il adviendra de Gabriel et d’Ivan dans ce domaine… simplement qu’ils se sentent bien dans leur peau… et qui sait peut être auront ils cette touche de créativité comme leur maman, leur parrain, leur marraine ou des amis que nous voyons parfois trop peu.
Donc bobo lisse je suis, bobo de fait… parce qu’à y regarder de plus prêt la société marchande des bien pensants ne m’intéresse définitivement pas…
Ahh, samedi soir on avez soirée Bobo. Je passe sur le fait qu’avec deux babouns en bas age, votre soirée se transforme avant même d’arriver en un déménagement digne d’un séjour de trois semaines en forêt amazonienne. Non, Allons directement au cœur du sujet : LA SOIREE !!
J’ai déjà parlé de l’initiateur de la soirée dans un post boboïte, un bobo bien comme il faut, tout bio, lecteur de « Télérama » qui n’a pas encore fait son coming-out… au point qu’il en fait porter la responsabilité sur sa tendre… enfin passons… donc notre GO (gentil organisateur) a placé la soirée sous la thématique de l’Inde. Ouais c’est important, une soirée-un thème, obligé sinon c’est pas ça. Bien entendu, il m’est également defendu d’écrire en « off » que c’était une soirée pour se sentir moins vieux… Donc l’Inde est chacun avait en charge de ramener un plat indien et également un objet qui lui ressemble…. Ce détail à de l’importance… Alors ce qu’il y a d’intéressant avec les bobos c’est que tu peux faire n’importe quel thème… ils arriveront toujours à suivre… tu fais un truc sur une rencontre sur une quelconque tribu en voie d’extinction y a pas de problème ils ont. Là, au niveau musique y avait donc de la zizique indienne… traditionnelle où le gars avant d’attaquer son raga accorde pendant ¼ d’heure accorde son instrument ou carrément des trucs hyper hype (tendance) qu’on trouve que dans le fin fond d’une boite londonienne au cœur du quartier pakistanais… c’est vous dire si les bobos sont dans la vibe (vague)… Nan pour cette soirée… y a que le pinard qu’était français… faut pas déconner non plus. Le décor posé, venons en à la population… Classique forcément classique… à vrai dire beaucoup de profs… une forte majorité de trentenaires bien sonnés… forcément de « Gôche » et ce qu’il faut d’artistes un peu excentriques… en tout une petite trentaine de personnes… et un puta.. de poulet tandori rien que le rouge de la sauce était d’une intensité incroyable. Ah, ça le monde boboïte sait manger et boire… à ce propos… les femmes n’ont rien à envier aux hommes. Concernant les discussions… j’avoue qu’avec nos deux bout’choux on était à la ramasse… bon moi ça ne me dérange pas trop… mon coté asocial supportant mal plus de 10 personnes. Non ce que je regrette (nous étions partis…) c’est de ne pas avoir vu dans le GO danser Claude François… ça j’avoue que c’est ma Grosse déception… ouais faut savoir qu’en fin de soirée le bobo est comme les autres… il n’est pas à l’abri du mauvais goût… (désolé pour les fans de l’électrocuté)… et si il y encore 10 ans on m’avait dit qu’il en serait là… ma tête aurait été gentiment posé sur le billot samedi soir… tout fout le camp ma bonne dame.
Alors dernière chose et non des moindres… il semble que désormais pour être à la pointe de la total bobo-attitude, il est nécessaire d’avoir une séquence « Art in progress »… enfin pour ça je fais confiance à Toine (celui qui inaugure son jardin d’hiver) et Cyrille (le GO). Donc les fameux objets cités plus haut ont servi à ça (photo plus grande bientot disponible):
Chouette non !! enfin Marianne et moi en aime bien… Bravo Valérie. Bon désolé, n’ayant pas d’accréditation officielle, j’ai dû jouer des coudes ou alors c’était le pinard.
PS : avec Marianne on avait le choix entre une photo de Ségolène Royal ou le projet, tout le projet, rien que le Projet socialiste…
Bon, on passe aux choses sérieuses… faut savoir repérer à quel type de bobo auquel on a à faire. Celui complètement barré des contingences extérieures, et l’autre qui tente, tant bien que mal, de garder un semblant de lien avec les règles normatives de notre bonne vieille société.
Bien entendu toutes ressemblances avec des personnes connues seraient fortuites…
Le premier, en sonnant chez lui un dimanche après-midi, aura toutes les chances de porter un magnifique tablier à fleurs et d’avoir les mains toute blanches. Je passe sur tronche d’intello de gauche avec ses p’tites lunettes. Ouais, on pourrait penser que dans son arrière cuisine, il fait sa coke maison… mais non, il fait son pain pour
Le deuxième, tout pareil pour le dimanche mais le matin, vous le verrez vous ouvrir en calbut avec un vieux tee-shirt du Che et son épluche-légumes à
Revenons à nos chicons (endives pour les non flayuttes).
Après avoir posé le décor… le débat de fond… Pour faire son pain ou sa compote. Là, deux tendances… Le marché de Wazemmes ou celui de la Place du concert (Lille)… hein ??? qu’est ce qu’il raconte ??? il est frappé lui… non, non, on revient aux fondamentaux … assumer ou pas sa boboitude … Wazemmes haut lieu mythique de la totale bobo attitude ; l’impression d’être sur la place de Marrakech ça bouge dans tout les sens, ça crie… on attend la fin du marché pour négocier les fruits pour les confitures… on se prend un p’tit blanc en fin de marché. Le must étant bien entendu d’y aller avec son vélo… hollandais. Place du concert… ben là on est plus dans l’ambiance Mont Blanc et cabas Louis Vuitton… et là… tous te certifient qu’ils vendent de la came bio. Oh la différence n’est pas fondamentale… mais elle existe et au final on a bien des bobos…
Une chose est cependant acquise… ils veulent manger du bon, boire du bon (parfois plus que de raison)… la vie étant parfois chiante si en plus elle doit être triste…