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J’avais aussi en stock, le PS c’est comme le Titanic pendant qu’il sombre l’orchestre continue à jouer… mais faux.
Faux parce qu’hier c’était notre rituel… celui du Conseil National d'après défaite… Les grandes axes sont relativement simples et tiennent en quelques lignes :
- la défaite c’est les autres méchants partis de gauche qui ont encore tondu la laine du mouton socialiste (cf Peillon… à 18h43). En filigrane, bien entendu, en fait on aurait gagné si ces électeurs s’étaient déplacés…
- Dans ces conditions, pour faire face à la future victoire, on constitue un comité Théodule des sages… génial… voilà une bien belle idée
- Ah oui, grosse nouvelle aussi, le Secrétariat National continuera à se réunir… mazette !!! si avec ça on ne gagne pas…
- Et enfin Martine Aubry a annoncé qu’elle se donnait 6 mois pour changer de cap. Vous me connaissez, je suis quelqu’un de perfide aussi j’ai deux questions… Est-ce à dire que depuis 6 mois rien n’a changé et donc que la direction n’a rien fait depuis ? Non, je dis ça comme ça parce qu’il me semblait que la direction s’était déjà donnée cette « mission ».
- Ah oui, le truc marrant aussi, c’est Harlem Désir qui est venu redire que non, il n’y aura pas d’alliance avec le MoDem… on en reparle aux Régionales.
- Merde, j’allais oublier la nomination de Ségolène Royale à une Vice Présidence de l’Internationale Socialiste.
Voila camarade militant… on se fout de toi une nouvelle mais surtout tu resteras disponible à tout moment pour donner ta force de bras pour coller les affiches de nos chefs à quatre coins de l’Hexagone… L’important c’est tout de même de leurs assurer un poste… N’est-ce pas Benoît Hamon ? (ah oui, je cite Hamon non par haine… mais il me semblait qu’il avait annoncé qu’il démissionnerait si il n’était pas réélu mais bon vous savez ce que c’est…la refondation ne peut naturellement pas se faire sans lui).
A défaut de fond idéologique, le fond de la piscine est déjà dépassé.
Mesdames et Messieurs les dirigeants… Encore bravo pour cette image et cette farce envoyées aux citoyens, aux électeurs de gauche… et ce matin, je ne suis pas loin de penser que 16,5% c’est encore trop.
Enfin c’est comme d’habitude, la défaite c’est les autres.
L’objet du billet n’est pas de tenter de faire
une brillante analyse électorale mais simplement vous donner le sentiment d’un petit militant (sauf pour certains traduire petit par mauvais) de base sur ces résultats.
Au niveau européen : depuis des semaines, nos responsables nous vendaient la victoire du PSE au Parlement et que plus jamais il n’y aurait plus de cogestion avec le PPS. Au final et comme je l’avais annoncé, le PSE obtient son plus mauvais résultat. Autre signe qui montre le coma dans lequel est plongé la social démocratie, c’est Daniel Cohn Bendit qui a tenté de sonner le rassemblement pour faire tomber Barroso (c’est assez illusoire mais c’est aussi une façon de peser un peu plus pour DCB). Néanmoins on peut raisonnablement penser que la majorité du PSE acceptera la proposition du PPE, dans ces conditions que fera le PS français ? Continuer à être marginalisé ou se fondre pour peser un peu plus à l’avenir.
Petit message à l’intention de Madame Ségolène Royal si elle me lit ce dont je doute… n’acceptez pas le placard que semble vous offrir Martine Aubry avec cette Vice Présidence inutile de l’International Socialiste… 2012 ça se prépare en France et dès la rentrée…
Au niveau national : bon je souhaite également informer certains blogueurs et militants que le PS a bel et bien perdu dimanche soir. Pour rappel, ce mode de scrutin fait qu’en général, le premier arrivé a gagné… c’est con mais c’est comme ça alors quand en plus le second a un tour dans la vue… on peut parler de déroute.
Ensuite, si on veut bien cesser de préempter le vote des autres listes pour tenter de se rassurer comme on peut à gauche. Juste une question comment peut on présager de la sorte des transferts de voix ? Surtout avec Europe Ecologie, qui ne se résume pas aux seuls Verts, et en faisant pratiquement jeu égal avec le PS, il n’est pas certain que le dialogue se déroule comme par le passé. Mes amis, ce type de raisonnement est classique, c’est continuer à croire que le PS est encore hégémonique. De même sur l’abstention, ah bon dans un lien quasi mystique les ouvriers voteront PS aux prochaines… c’est oublié un peu vite la réalité des enquêtes. De même, les jeunes… ceux qui ont voté, ont donné près de 20% au FN…
D’autre part, l’argument du réservoir de voix est un peu spécieux, car déjà on ne fait pas campagne de la même façon et avec le même dispositif. Et même en tirant par les cheveux cet argument, désolé mais avec 12 pts d’écart sur le second, la dynamique électorale a définitivement choisi son camp.
Donc désolé pour mes camarades mais un coup de ripolin sur la façade rose (je pensais d’ailleurs que c’était déjà fait…) ne suffira pas à convaincre cet électeur qui au final, n’a pas bien compris ? Il n’y aurait pas un peu de ça…
Au niveau du Nord : notre fameux bastion socialiste a encore accouché d’une cruelle désillusion, puisque les électeurs ont choisi de placer en tête l’UMP et surtout le PS ne passe même plus la barre des 20%... si certains mauvais militants parlent du déclin depuis plus d’une décennie dans le département, rassurez-vous nos dirigeants veillent scrupuleusement à les remettre dans le rang de doxa ancestrale. D’abord, si on n’a pas gagné, on a seulement un peu perdu, et surtout qu’on se rassure ; en fait, dixit Gilles Pargneaux « l’absentions des classes populaires montre qu’elles sont contre l’Europe de droite »… ben voilà, c’est si simple la politique… les classes populaires votent à gauche mais là elles n’avaient pas envie de voter… donc c’est bien une victoire du PS. Mon premier fédéral , comme d’autres et comme il l’avait annoncé, pourra continuer à rénover et pour se faire garder bien haut la flamme du cumul des mandats…
Assez des discours de rénovation qu’on nous promet depuis plus de 10 ans… Arno, Pierre si on a besoin de vous, on vous sonnera…
Des actes et le premier geste fort serait de renoncer dès maintenant au cumul pour commence à vous croire… messieurs et mesdames les responsables.
Cette maladie est en germe depuis longtemps. Depuis le 21 avril 2002, tout est là : les contradictions, les non-dits, la rupture entre une élite d’apparatchiks à Solférino et la base, les militants, le “peuple de gauche” auquel s’adresse le parti socialiste. Que s’est-il passé depuis 2002 ? Y a-t-il eu une profonde prise de conscience chez les socialistes? Y-a-t-il eu une révolution copernicienne permettant de retrouver les fondamentaux socialistes? Non, et c’est bien là le problème.
Où sont passé les héritiers de Jaurès, de Badinter, défenseurs des libertés publiques ? Même ce champ intimement lié à l’identité socialiste a été abandonné par le cénacle de dirigeants du PS aujourd’hui … Il n’y a qu’à voir le triste exemple de la loi HADOPI ou encore l’affaire Julien Coupat : quels engagements a pris le PS ? quelle bataille a-t-il menée sur ces fronts? Quelle “utopie”, quel projet de société au sens le plus noble du terme le Parti Socialiste a -t-il construit et proposé aux citoyens du 21ème siècle ? Quelle vision socialiste offre-t-on aux Français et aux européens d’aujourd’hui ?
Sarkozy ne peut et ne doit pas être une excuse à cet échec. Sarkozy est excellent, il dirige d’une main de fer l’UMP
et a su rassembler son électorat. Cela ne peut pas être une excuse. L’échec du parti socialiste n’est dû qu’à lui-même, oui, comme l’a dit Martine Aurby hier soir “je ne cherche
pas de raison à cet échec en-dehors du Parti Socialiste”. Mais après ? Le diagnostic est posé, il l’est depuis longtemps : dès 2007 le diagnostic était le même. Quelles solutions, quel débouché ?
Taper sur François Hollande ou les dirigeants d’hier du PS n’est pas admissible. Les responsabilités sont collectives, mais il faut que la direction du parti en prenne toute la
mesure.
Etre un parti d’élus c’est bien, c’est indispensable. Mais être à l’écoute de la base, faire vivre la démocratie du parti, proposer un idéal socialiste, c’est encore mieux. Comment croire que les dirigeants du PS croient à leurs discours social quand ils apparaissent comme une élite coupée du peuple et de ses réalités, sans comprendre en aucune manière les souffrances et les enjeux du “petit peuple”. Il n’est pas ici question de faire du populisme, mais de retrouver l’essence même du socialisme ! Où sont passés les “rénovateurs” du NPS ? Que dire quand on voit aujourd’hui Montebourg devenir la caricature de ce qu’il dénonçait hier ?
Le Congrès de Reims a été un faux Congrès : aucune ligne politique n’en est sortie. Ce Congrès n’a pas tranché, le PS est empêtré dans ses contradictions, plus préoccupé des égo de ses dirigeants que des idées politiques à proposer. Quand le PS renouera-t-il avec les artistes, les intellectuels, mais aussi les citoyens ? Quand les “éléphants” cesseront de penser davantage à leur carrière qu’à leurs convictions et leurs engagements? Quand aura-t-on des élus socialistes qui ne seront plus des “professionnels” de la politique ?
Il n’est pas possible que rien ne se passe aujourd’hui. Il n’est pas possible que des etats généraux ou un Congrès exceptionnel ne soient organisés. L’heure est grave, le désespoir des militants et des électeurs du Parti Socialiste est immense. Il n’est pas possible que cela ne débouche sur rien, que cela ne trouve aucun débouché. La défaite d’hier doit aboutir à de profonds changements. Il ne faut plus confondre la fin et les moyens. La question des alliances (Modem, gauche…) est un moyen, cela ne peut pas être l’objet d’un Congrès (comme à Reims). Où sont passés les débats sur la fin, sur le but du socialisme? Relisez Jaurès, revenez aux fondamentaux. S’il le faut, une scission ne pourra être évitée, Mélenchon l’a compris depuis longtemps. Le PS ne peut plus se voiler la face : “trancher” est aujourd’hui indispensable.