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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Front National : on y est...

1 Juin 2014 , Rédigé par Marc

Voilà, c'est fait, au moins sur ce dernier scrutin, le Front National peut se targuer d'être devenu et sans photo finish, le premier parti politique français. Laissant derrière lui, un champ de ruines où on s'interroge sur la capacité de rebonds des partis de gouvernement à moins de croire au retour de l'homme providentiel à la mémoire courte.


Est-il encore utile d'analyser avec lucidité et distance cette funeste réalité ? Tout au plus, il est préférable de laisser de coté les apotres d'un pédagogisme sur le travail au long court de réformes encore mal comprises - ils sont "légions clairsemées" quelque soit la couleur du gouvernent -, de mêmes les apprentis relativistes tentant vainement de montrer que non en poids relatif cette 1ère place frontiste n'est en rien une victoire et que l'ingrat abstentionniste aurait à n'en pas douter déposé un bulletin de vote acceptable si il s'était déplacé...  et le FN aurait très certainement réalisé un 0% dans cette réserve, on peut le croire ou pas. Néanmoins, je vous invite à lire ces deux analyses assez pertinents : Désintégration par un militant vert et cet article sur la vie des idées « Périurbain, la France du repli ? ».


Il y a plus d'un an, j'avais fait ce sombre pronostic, quelques amis s'en étaient ouvertement moqués, je ne leurs en veux pas : au-delà de l'intuition, je le basais un certain nombre de billets que j'avais pu commettre en observant l'irrésistible progression du FN dans la région Nord Bas de Calais - LE bastion de la Gauche qui n’en est plus un depuis quelques années sauf pour ceux souffrant d’une cécité profonde -.


A ce propos, nos responsables régionaux ont quelques soucis à se faire, enfin non si j’en crois ce fameux sursaut citoyen - sans doucher ce fol espoir, aux régionales de 2010 la participation était de 45% contre 41 ce dernier dimanche et avec un FN ayant plus de 210.000 voix d’avance sur le second -. La fédération socialiste du Pas de Calais a déjà fait savoir qu’elle avait entendu le message des électeurs en demandant un congrès anticipé avec comme préalable : l’abandon de la réforme territoriale… j’avoue mon erreur, je n’avais pas perçu le cri de l’électeur angoissé par la disparition du Conseil Général.


A Roubaix, la carte électorale qui s’est dessinée ce dimanche 25 mai, n’est pas différente. Un FN en tête sur 39 bureaux sur 46 avec néanmoins un score de 26 %, bien inférieur à la moyenne régionale - 35,17% -, c’est bien le seul motif de « satisfaction ». Et maintenant ?

 

Plus que jamais, le politique doit retisser des liens au plus près du territoire et être en capacité de répondre à cette double problématique : l’une décriée par tout ou partie de la gauche, celle de l’insécurité culturelle ; l’autre évacuée par tout ou partie de la droite, celle de l’insécurité sociale. L’une et l’autre s’autoalimentant du fait d’une élite hors sol n’ayant plus à la bouche que les mots mondialisation, croissance et adaptation nécessaire pour des lendemains qui devraient chanter où comme le dit Laurent Bouvet « Les discours de nombre de nos responsables politiques apparaissent comme totalement hors-sol, détachés de cette réalité à la fois matérielle et sensible.

 

Etant sensible aux données sociaux-économiques (la carte en bas de l'article...), dont j’ai la faiblesse de penser qu’elles traduisent une certaine réalité sociale, et que Roubaix n’est pas l’une des villes les plus pauvres par hasard ; il paraît nécessaire d’en faire une lecture approfondie avant de se lancer dans de grands discours.

 

La ville aussi doit faire face à une forme de repli territorial de ses habitants… de la ville, au quartier voire à la rue. Aussi, je m’interroge quand l’une des premières réponses est de les inviter à penser métropole, forme de la tarte à la crème des gens bien formés, insérés et donc mobiles par essence. Hors comment traduire cette nécessité – je n’en disconviens pas – face à des jeunes sortis du système scolaire sans diplôme, face à des habitants qui désespèrent depuis des années à sortir du cycle infernal petits boulots/chômage et dont la fin du mois commence parfois le 10…

 

Bien loin des yakafautkon, la seule issue est de co-construire avec eux ces passerelles, ces parcours qui leurs permettent de sortir de cet enclavement social et territorial. Il n’y pas de solution miracle, pas de schémas prédéterminés, pas de vérité préétablie, il y a par contre des méthodologies à inventer en associant les habitants au plus près, c’est aussi cela la démocratie participative.

 

Une démocratie bien loin des appels à marcher, de la dénonciation de l’abstentionniste pénitent, de l’électeur fascisant. Si le vote frontiste ne peut être considéré comme un vote normal, une autre erreur serait de considérer l’électeur du FN comme un déviant qu’il faut stigmatiser. 

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Selmane ADAM 02/06/2014 16:45

Pourquoi n'est ce pas Claude Roiron qui a mené en chef la liste PS? Gilles Pargneaux impute sa défaite à Manuel Vals, à l'Europe et pas une seconde à lui-même! Pourtant son image est bien écornée
et le déficit de confiance le concerne au premier chef!

politeeks 01/06/2014 10:31

tu veux dire que la politique doit parler concret ? donc agir sur la vie des gens. Je crois que certains l'ont oublié: les électeurs leur renvoient donc des bulletins de vote dans la gueule: tout
ceci est logique et hélas amplement mérité.