Alors qu’on continue au PS à tutoyer le sexe des anges concernant Francois Bayrou, celui-ci vient de donner interview dans le Nouvel Observateur que je qualifie d’importante. Petit rappel avant d’aller plus loin dans mon propos… la gauche « traditionnelle » ne pèse pas 40% à la lecture des sondages, et cela depuis de très nombreux mois… un sondage n’est pas une élection mais je crains que ce ratio n’évolue guère en sortie d’urnes.
Donc, le candidat centriste a déclaré dans le NO qu’ « il y a confrontation nette de projet de société entre Nicolas Sarkozy et moi. Alors qu’il n’y a pas cette confrontation entre Ségolène Royal et moi. »
Au risque d’hérisser le poil de certains, j’avais déjà fait ce constat à la lecture du projet de l’UDF pour cette présidentielle malgré, j’en conviens, quelques zones d’ombres à approfondir.
Concernant, l’épisode DSK/Fabius qu’en à la ligne à tenir vis-à-vis de Bayrou, pour moi c’est simple : soit on veut effectivement gouverner pour choisir (en paraphrasant Mendes), soit on veut jouir d’une position confortable d’opposant perpétuel. Privilégiant la première option, il importe tout d’abord de rassembler son camp pour ensuite négocier un projet de gouvernement sur des bases claires.
Ségolène Royal semble ne privilégier aucune option pour le moment et c’est tant mieux cependant son entretien dans les échos de ce matin me laisse à penser qu’elle entrouvre la porte à une coalition inédite. La référence à Blair ne saurait être fortuite, j’espère ne pas me tromper.
Dans mon esprit, une telle recomposition ne peut s’inscrire dans le seul cadre d’un « Tout Sauf Sarkozy ». Même si sa dangerosité est, à mes yeux, bien réelle ; un attelage monté sur cette seule base ne peut être que vouer à l’échec aussi c’est bien dans le sens d’une convergence et d’une confrontation des idées que doit se faire ce mouvement.
L’enjeu pour la société française est de taille mais en quoi ce qui était possible avec le Parti Communiste ne le serait pas avec la nouvelle UDF ?
Cet enjeu recoupe également l’avenir du Parti Socialiste, mon parti, après avoir accepter l’économie de marché, saura-t-il faire ce pas supplémentaire vers la sociale démocratie ? Certains craignent à n’en pas douter la dilution de nos idées et de notre combat pour plus de justice sociale ; souvent les mêmes mettent en exergue les modèles scandinaves, jusqu’à preuve du contraire ces partis sociaux démocrates ont également admis l’économie de marché, depuis fort longtemps d’ailleurs… ont-ils pour autant renoncer à leurs ambitions sociales ?
Ma crainte pour cette élection réside dans la non présence de Ségolène Royal au deuxième tour… si une telle chose se reproduisait, j’ai bien peur que le PS entre dans une période de glaciation arc-bouté sur ces dogmes qui ont eut, trop souvent, le seul mérite de nous condamner au rôle d’opposant.
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