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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Nouvelle (2/3)

7 Mars 2007 , Rédigé par Marco Publié dans #En pure perte

C’est toute l’ambiguïté de cette foutue ville, on croit la connaître mais elle ne se livre pas ou à la marge ; ses gens se croisent sans se voir, chacun est le fantôme de l’autre, on se « mélange » dans les queues et encore… rares sont les échoppes non typées, même dans le supermarché du coin on peut s’éviter, il y a des rayons pour les pauvres et il y a ceux pour les plus riches… les premiers sont bien identifiés… en orange… un peu plus et les pauvres avaient droit à leur étoile, on y viendra c’est juste une question de temps… faut pas être pressé… l’humanité dispose de l’éternité…
Pas Pierre, non qu’il soit pressé, il s’en fout… juste qu’il se demande ce qu’il fait là, à monter ce putain d’escalier sans aucune explication rationnelle. Essoufflé, il s’autorise une pause au 5ème étage, il sait qu’il doit encore en monter quatre.
La fenêtre qui s’offre à lui donne sur le quartier « des trois plats »… nom débile mais qui résume à lui seul ce « nouveau »quartier qui date des années 70 quand on faisait venir des familles d’immigrés entières pour pourvoir au besoin en main d’œuvre dans le textile… De cette une époque, Pierre n’en connaît que des brides par les vieux qui en parlent avec une nostalgie non feinte, un espèce de Paradis terrestre. 50 ans plus tard, ce coin, si ce n’est pas encore l’enfer, a des relents revendiqués de purgatoire. Nul ne sait comment les rangées d’immeubles tiennent encore debout, la crasse peut être. Pierre, blanc de piau, l’a souvent traversé mais jamais trop longtemps, il ne sent pas chez lui ici… il sait que c’est très con, dans sa rue de vieilles baraques délabrées, il y a aussi pas mal d’arabes mais ce n’est pas pareil, il les connaît.
La nuit tombe, il profite de contrastes uniques où même la nuit tu reconnais les pauvre des riches, peut être même davantage encore qu’en pleine journée ; un riche ça peut jouer au pauvre, l’inverse est beaucoup plus difficile… il y a une démarche de pauvre… le dos est plus voûté… c’est imperfectible mais c’est bien réel.
Dans l’obscurité, Pierre distingue les lumières des habitations… à croire qu’il y a aussi une ségrégation aussi au niveau de l’électricité… pétillante et douce, blafarde et grise comme ce mur de merde… oui c’est étrange ce monde le noir… on pourrait penser qu’il est neutre quand tu le regardes et bien non… où que tu sois tu es rattrapé par ta maladie sociale.

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