Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Paquet fiscal… vrai mensonge, faux bilan.

21 Août 2009 , Rédigé par Marc Publié dans #Résistance Politique

Il y a deux ans, Nicolas Sarkozy pour faire taire toute critique sur son paquet fiscal n’avait que quelques mots pour le justifier… le bilan… et justement ce dernier est tout simplement mauvais.


Bien sûr, les ânes et contemplateurs de l’UMP ne tarissent pas d’éloge sur le succès inédit de cette fameuse loi TEPA... On se croirait revenu aux heures de l’URSS ou de la communication bushienne sur les fameuses armes chimiques irakiennes…

Pourtant loin d’un succès, Le Monde ou La Tribune sont à deux mots de parler d’un échec patent.


Hormis effectivement la question des droits de successions (est ce d’ailleurs une bonne chose ?), la baisse sur les prélèvements liés à l’ISF et la déduction des intérêts d’emprunt pour le reste c’est un fiasco… à un coût exorbitant, il faut le souligner.


Déjà à l’époque, les exonérations de charges sociales constituaient une aberration économique mais c’est encore pire dans un contexte de crise profonde… ah oui, la reprise est là sauf pour l’emploi où le bout du tunnel est encore loin…


Il est d’ailleurs nécessaire de rappeler que ce dispositif phare était censé donner corps au slogan à 1 euro du « travailler plus, pour gagner plus » et accessoirement faire passer en douceur les iniquités de cette TEPA essentiellement favorable aux plus riches.


C’est bien le seul « succès » notable de ce paquet fiscal, succès qu’on doit néanmoins relativiser puisque si le « bouclier anti-pauvreté » fonctionne à plein avec des remboursements proprement ahurissants (Le montant moyen des 100 plus gros remboursements est de 1,154 million d'euros (+ 89 % par rapport à 2007) et celui des 10 plus grosses restitutions est de 5,97 millions d'euros (+ 270 % par rapport à l'année précédente)). On attend en vain le retour de nos exilés fiscaux comme un certain Hallyday (malgré des émoluments forts généreux pour ce fameux concert gratuit du 14 juillet)…


Au final, cette loi était bien une mesure de visant à privilégier les plus riches en pénalisant encore un peu plus les classes moyennes et les classes populaires.


Gageons néanmoins que ce gouvernement de classes nous vendra dans les prochaines semaines du sang et des larmes pour combler un déficit qu’il a sciemment creusé pour le bénéfice de quelques uns mais financé par le plus grand nombre.


PS : je suis hyper à la bourre…

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

marc d'HERE 23/08/2009 11:01

Si je lis bien, Peyrelevade s'oppose à la relance de la consommation et du pouvoir d'achat, recommande de "muscler" les entreprises et d'augmenter les impôts!

Petitmaje 22/08/2009 22:53

Excellent ce Peyrelevade !

PeutMieuxFaire 22/08/2009 17:56

Voir ce qu'en disait déjà en 2008 Jean Peyrelevade et notez en particulier sa conclusion...

« Sarkozy a fait les mêmes erreurs que ses prédécesseurs. »

Ancien membre du cabinet Mauroy à Matignon, notamment lors du tournant de la « rigueur », ancien patron du Crédit lyonnais, aujourd'hui vice-président du MoDem de François Bayrou.

- Vous vous à une violente charge contre la politique économique de Nicolas Sarkozy depuis un an. Mais qu'auriez-vous fait à sa place ?

Jean Peyrelevade : Le seul diagnostic à faire aujourd'hui, c'est de reconnaître que nous ne sommes pas compétitifs. Depuis huit ans, notre commerce extérieur est déficitaire et la demande intérieure augmente plus vite que les capacités de l'appareil productif. Autre symptôme : les marges de nos entreprises sont les plus faibles de toute l'Europe. Au lieu de cela, Sarkozy a repris la logique de ses prédécesseurs : il a cherché à relancer la consommation et le pouvoir d'achat par des artifices, en creusant les ressources budgétaires. Vu nos difficultés, il fallait muscler notre appareil productif par des mesures favorisant les entreprises (leurs investissements, leur financement...). Prenons un exemple. L'Etat aurait pu décider de mettre l'ensemble des bâtiments publics aux normes environnementales. Cela aurait coûté cher. Mais c'était un investissement qui favorisait l'innovation dans le BTP tout en créant des emplois. Au lieu de cela, le gouvernement s'apprête à mettre au point une « prime transport » que les entreprises vont devoir payer, ce qui les rendra encore un peu moins compétitives. Autres chantiers indispensables : celui du financement de la protection sociale, qui ne pourra se faire qu'en demandant des efforts aux ménages.
Enfin, cesser ces cadeaux aux plus aisés qui n'ont aucune utilité.

PeutMieuxFaire 22/08/2009 17:51

La loi TEPA (travail, Emploi, Pouvoir d'Achat) aurait pu coûter 14 Milliards d'Euros au budget. C'était sans compter sur la crise qui ramène "mécaniquement" l'impact à "seulement" 8,5 Milliards d'Euros de déficit supplémentaire.

Et j'en vois ici qui s'en félicite !
... c'est oublier un peu vite que la même mécanique provoque un manque à gagner sur les recettes bien plus monstrueux encore.

Ah, la crise ! Elle vient à nouveau et paradoxalement au secours du gouvernement et surtout de Sarkozy qui s'entêtent par idéologie (et électoralisme (?)...) dans la poursuite de cette politique qui creuse les déficits commerciaux et n'a aucun effet coup de pouce sur l'emploi. En effet, grâce à la crise le gouvernement est exonéré de « critères de Maastricht » : déficit limité à 3% du PIB.

Petitmaje 22/08/2009 15:38

Un article paru dans les Echos en mars 2009 fait l'inventaire, objectivement, sur le coût du dispositif.

Il commence par dire que celui-ci est nettement inférieur à ce qui était prévu : 5 milliards d'euros contre environ 10 milliards en 2008 (pas une année pleine).

Ne revenons pas sur le bouclier fiscal : tout a été dit sur ce blog.
Parlons plutôt des heures supplémentaires : le cout en a été d'environ 4,3 milliards d'euros permettant à 4,3 millions de familles de toucher 1000 € par an.

L'ennui est que ce dispositif est tellement intéressant pour les entreprises qu'il les dissuade d'embaucher ou même de recourir à des sociétés d'intérim.

Conclusion :

1) le bouclier fiscal a couté relativement peu cher à l'état (moins de 500 millions d'euros) mais est une manifestation idéologique d'injustice sociale. Il ne semble pas que cela ait fait revenir le moindre "exilé fiscal".

2) Les heures supplémentaires ont couté moins cher que prévu, ont augmenté un peu le pouvoir d'achat de salariés ayant déjà un emploi, au détriment d'un accroissement du chômage et d'effets d'aubaine de la part du patronat.

3) la gauche aurait bien tort de croire qu'en revenant sur le "'paquet fiscal" (ce qu'il faut néanmoins faire) elle aura à sa disposition du grain à moudre pour réduire les déficits.