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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

2 millions ; 3,8 milliards…

28 Novembre 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

 

Deux chiffres, deux chiffres qui couvrent deux réalités très différentes. Le premier nous entraîne vers la détresse humaine, celui de ce qu’on appelle pudiquement les demandeurs d’emploi. Il s’étale depuis hier dans les journaux Pour mieux l’oublier... très vite... car il ne recouvre qu’une réalité officielle consentie à la populace. Celle des gouvernements qui depuis deux décennies, tentent de travestir cette face cachée d’une société de plus en plus inégalitaire, de plus en plus arbitraire.

 

Le second, c’est celui d’un monde irréel coupé du commun des mortels ; c’est le bénéfice net engrangé par ArcelorMittal pour le seul troisième trimestre de crise, il est en en hausse de 27% par rapport à l’année dernière. Mais pour prévenir toute mauvaise surprise à ses actionnaires du fait de la crise, la direction du groupe a prévu une parade… elle consiste a taillé dans ses effectifs, en somme comme ils disent c’est pour prévenir la gangrène à venir et dans un hochement de tête, nous acquiesçons et louons ces patrons ventripotents pour leur vision stratégique.

 

Dans les prochains mois, le débat tournera pour nos doctes « sachants »  autour de deux mots, récession ou dépression, de deux adjectifs durable ou passagère. Pendant ce temps, les plus fragilisés régleront la note car dans cette société inégalitaire, il n’y a pas lieu de chercher longtemps ceux qui paieront… le travailleur, le salarié, la futur bête de somme (retraite à 70 ans, extension du chômage partiel, travail contraint le dimanche). Rassurons nous, ils parviendront à nous convaincre que c’est un passage obligé avant que la machine reparte ; entre-temps, l’esclavage moderne aura progressé, le servage aura repris ses pleins droits.

 

Sauf qu’il y aurait comme un petit problème à cette jolie théorie en vigueur depuis une trentaine d’années… Car si il est vrai qu’à chaque sortie de crise, cette fameuse croissance est repartie de plus belle pour le plus grand bonheur de tous et surtout de quelques uns… oui la clef de répartition étant de plus en plus, je suis désolé de me répéter, inégalitaire. Aujourd’hui, nos mêmes doctes économistes (enfin ceux qui ont accès plus facilement aux grands médias) oublient souvent une donnée fondamentale pour ces reprises salvatrices, elles se sont « construites » sur un carburant miraculeux et éphémère… l’endettement des ménages, toujours plus d’endettement avec à l’arrivée un surendettement chronique et non résorbable.

 

Rappelons-nous, il y a encore quelques mois, il devait s’agit d’une crise passagère due aux seuls subprimes. Aujourd’hui, et naturellement il y a contagion, un effet domino de plus en plus marqué. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement, ces fameux produits financiers reposaient sur un constat : le premier étage du crédit ayant déjà dépassé sa cote critique, il fallait à tout prix inventer un deuxième étage avec de l’endettement à la base non solvable mais qui pouvait masquer temporairement l’impasse dans lequel le système allait être acculé inexorablement.

 

Crise du crédit, crise du bâtiment, crise de l’automobile… au suivant… alors nos gouvernants tentent de faire face à coups d’expédients… on injecte des milliards dans les banques, en laissant crever au passage des pans entiers de l’industrie… paradoxe qui ne fait que confirmer que nous sommes désormais dans l’ère de l’économie irréelle… on va même jusqu’à proposer aux parasites chômeurs (selon la vulgate néolibérale), un peu plus d’indemnisation (cf le plan de l’Union Européenne).

Mais la quadrature du cercle vertueux… ah oui, dans un temps ancien, on nous avait parler de cette fameuse croissance vertueuse… demeure insoluble… On ne peut plus faire appel au crédit pour tenter de faire repartir la machine.

 

Reste maintenant à réinventer un monde plus raisonnable, plus équitable, moins inhumain… avec une inconnue supplémentaire dans cette équation, il nous faut aussi prendre en compte l’environnement, celle d’un monde fini… bref, ce n’est pas gagné surtout avec les mêmes qui nous rabâchent des tombereaux d’inepties et de fables depuis l’avènement du modèle reagano-thatcherien au débuts des années 80.

 

PS : ça fait du bien de sortir du PS…

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Adonf2toi 28/11/2008 18:09

@Allard,
Vous avez raison sur le fait que les chômeurs/RMIstes/chercheurs d'emplois non financés vivent mal en France. Mais ce que vous semblez erriger en exemple ne fait pas mieux au niveau social. Vous nous parlez d'excédents commerciaux faramineux mais à qui vont ces excédents ? A qui profitent ils ? En tout cas pas aux 6,5 millions d'Allemands qui viennent de passer de la classe moyenne à la classe défavorisée (revenus inférieurs à 70% du revenu médian)... Je suis actuellement plongé dans la lecture de "La grande désillusion" de Stiglitz. Il a été responsable des conseillés économiques de Clinton de 95 à 97, puis a bossé à la banque mondiale de 97 à 2000. Bref c'est un libéréral. Accessoirement il a aussi reçu le prix nobel d'économie en 2001. Tout en ne niant pas l'apport de la mondialisation il en dresse un tableau édifiant (en particulier du FMI). Les "occidentaux" via leurs grandes entreprises ont certes contribués à "industrialiser" les pays émergeants. Leur niveau de vie y augmente, mais aux prix de famines, de guerres et autres déraglementation de leur systèmes banquaire qui selon lui auraient largement pu être évitées. Ce phénomène profite à qui en priorité selon vous ? On regarde du côté de l'Allemagne en se disant que c'est mieux, qu'en libéralisant encore un peu plus le marché du travail on va troquer nos pauvres qui sont au chômage en travailleurs pauvres. Comment peut on déscemment encore au 21eme siècle se "pavaner" devant un système qui met à genou 6,5 millions de personnes (je me suis trompé sur le nombre dans mon message précédent) en 6 ans au profil de quelques uns ? Et si on avait enfin le courage de poser la question sur la durée du travail sur la table, sans idéologie ?

allard 28/11/2008 14:24

Reponse à christiane P , marc et adonf2toi,
L'effet retard : par rapport à Aout 2008 , il ya un différentiel -en avance - de 232 000 emplois supplémentaires (81000 + 148000)en Allemagne qu'en France !       Et les pays émergents de l'Est vont subir eux aussi les contre-coups de la crise.
Les chomeurs français de la catégorie 6,7,8, ont malheureusement du mal à vivre en France avec 500 à 600 €/mois, les rmistes avec 390€/mois aussi, et ceux qui n'y ont pas droit au RMI encore Plus !  
Les allemands délocalisent comme nous , mais alors que le déficit extérieur record français de septembre est de 6,3 milliards ,les allemands affichent un excédent de 13,7 milliards d'euros.  Et depuis le début de l'année (9 mois) ,  ils ont un excédent de 142 milliards , et nous , on a 52 milliards de déficit (record)!
Je connais bien les pays de l'Est et j'ai habité dans les 2 Allemagnes : imaginez- vous dans quel état  serait la france si elle avait "récupéré un pays comme la DDA !!! Ce que ça suppose en termes de chomage, déficits et coûts de restructurations après 50 ans de communisme pur et dur !!!
 
 

David75 28/11/2008 13:06

Xavier
La désinformation a la dent dure, car depuis des mois Ségolène Royal parle des démocrates et de tous ceux qui rejettent la politique de Sarkozy et non du MODEM elle s'adresse à tous les français.
Il va falloir que les gens mettent le son quand elle s'exprime. 

xavier 28/11/2008 12:55

Bonjour
 
La France en faillite,un sondage qui indique 55 % de français ne sont pas satisfait des mesures gouvernementales dans la gestion de la crise.Mais 77 % des sympathisants socialistes et 63 % des modem insatisfaits contre 88 % de droite satisfaits de Sarkozy
Preuve peut être qu'avec le dilemme socialiste on devra se ralier à Bayrou pour gagner ou alors s'allier à Besancenot pour perdre en se révoltant .

Adonf2toi 28/11/2008 12:21

Excusez moi, j'écris dans la précipitation et du coup je mange la moitié des mots ! Dans ma dernière phrase je voulais écrire : pour quelle raison licencient-ils ?