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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

La sortie de crise est pour demain…

18 Septembre 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

 

 

anes_liberauxC’est du moins le crédo de nos gouvernants, et pour mieux sans convaincre rien ne vaut la bonne vieille méthode coué. Bien sur, on reste malgré tout sur le mode du TINA (there is no alternative), comprenez par là, que les premiers à devoir passer à la caisse sont déjà les plus fragiles économiquement… dans le langage de nos anes libéraux, on appelle ça les assistés, les nantis ou encore les privilégiés…

 

Leur degré d’aveuglement est que les dirigeants européens en viennent même à ressortir ce bon vieux Nairu, seuil où le chômage ne peut plus baisser, pour expliquer l’inflation de ces dernières années. Sauf qu’à y regarder de plus près, on peut douter de la pertinence de ce concept car il faudrait que les salariés puissent exercer une pression en matière d’augmentation salariale. En ces temps de délocalisation, de course à la productivité, à la compétitivité, cette réalité n’est qu’une vaste fumisterie à moins de faire partie de la caste des ultra-riches (cf Courrier International n°932).

 

Pour confirmer ce qui ne reste qu’une impression, il suffit de regarder la courbe sur la part des salaires dans le PIB depuis les années 80 dans les pays occidentaux (source FMI, OCDE) où celle-ci a perdu plus de 10 points…

 

D’autre part, on peut légitimement penser qu’une part non négligeable des emplois créés sont des emplois précaires et… à temps partiel sinon pourquoi parler du « phénomène » des working poors. (4 millions de travailleurs en France - soit 15 % des actifs - disposent de revenus individuels d’activité (on ne tient pas compte là des revenus du ménage) inférieurs à 60 % du revenu médian source Observatoire des inégalités). 

 

Alors bien sur, on objectera que le revenu disponible des ménages a augmenté… oui c’est un fait cependant on peut faire deux observations sur cette réalité. On raisonne en terme de moyenne ce qui gomme les disparités colossales qui se sont aggravées en matière d’échelle de salaires. D’autre part, consciencieusement, nos bonnes âmes d’un marché toujours plus fluide oublient de préciser un élément, mesquin je vous l’accorde, celui de la dette. Non pas cette mauvaise dette publique créé par des Etats en mal de relance keynésienne, non celle de la bonne dette privée, celle qui a permis, entre autres choses, d’alimenter la bulle immobilière qui n’en finit pas de se rompre aujourd’hui. Si on prend l’exemple américain, curieusement, on voit une nette accélération (page 14 du document) de celle-ci depuis l’avènement de Reagan et des idées néolibérales. Ce constat peut être fait à l’identique pour la Grande-Bretagne et pour l’ensemble des pays riches avec des résultats moins éloquents… ce qui au passage permet de s’interroger sur ces fameux différentiels de croissance.

 

Alors aujourd’hui, nos bons docteurs préconisent les mêmes remèdes dont on mesure la validité aujourd’hui…. Austérité, fléxibilité pour les uns… toujours les même cela va de soi et on va apurer par une nationalisation des pertes avec un léger problème… les ménages ne peuvent plus s’endetter… Toujours en Grande Bretagne, cet été on a appris que la dette des ménages était de 180% de leur revenu disponible.

 

Même un ancien sous secrétaire au Trésor de Reagan s’interroge sur ce modèle… c’est dire… « C’est sur ce recours perpétuel au crédit et au recyclage des capitaux étrangers qu’a prospéré un secteur financier hypertrophié, autorisé à tous les excès par la grâce de la dérégulation ». Ce dernier va jusqu’à remettre en cause l’excès de dérégulations dans l’économie de manière générale.

 

Depuis lundi, c’est la panique sur les marchés que rien ne semble calmer. Une seule bonne nouvelle, la baisse du pétrole en attendant la prochaine flambée à  la hausse de ce dernier.

 

Heureusement, chez nous on a un Sarkozy qui prend son temps… le même qui voulait encourager le crédit hypothécaire dont les conséquences dans certains pays ne sont encore que partiellement  connus avec l’effondrement du prix de l’immobilier.

 

C’est ce candidat, qui je vous le rappelle,  tel un prédicateur de la pire espèce, voyait dans l’endettement des ménages une forme de hausse du pouvoir d’achat… bel espèce d’âne libéral…

 

Et la social démocratie… elle a absorbé voire anticipé cette vulgate néolibérale sans jamais prendre le temps de réfléchir aux questions de globalisation, d’interdépendances, de technologies, environnement, éducation… trop pressée d’être reconnue comme gestionnaire responsable dans les plus hautes instances. Le prix à payer est lourd d’un point de vue électoral mais plus encore pour celles et ceux qu’elle était censée défendre et protéger afin de leur permettre de s’émanciper. Heureusement certains n’ont pas baissé les bras.

Edit : merci à fer railleur qui a retrouvé le programme du candidat Sarkozy "" Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d'Europe. Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages et que l'Étal intervienne pour garantir l'accès au crédit des personnes malades.
Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement."

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fer 23/09/2008 21:24

Salut Marc,Je n'avais pas pu ton "EDIT". Merci d'avoir diffusé. Il faudrait toujours mettre Sarkozy le nez dans son c... : regarde ce que tu as dit, regarde ce que tu as promis !

marc vasseur 18/09/2008 20:31

@ferj'ai eu la flemme de retrouver merci. Je vais remonter un de tes passages en citant la source bien entendu :)

fer 18/09/2008 18:05

Sur la manière dont Sarkozy encourageait à fond le crédit hypothécaire dans son programme présidentiel, j'ai retrouvé une archive qui vaut le coup. = voir ici.

lecoucou 18/09/2008 16:55

Les français se décideront peut-être à ouvrir les yeux, mais si la récession s'installe et si la crise est aussi profonde que certains l'annoncent, dans quel état de ruine sociale sera le pays dans quatre ans !

Gaël 18/09/2008 13:25

tu lances une série à thème sur les ânes ?