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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Europe : "d’où qu’elle est la sortie ?"

14 Juin 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

 


Petit point d’ordre. J’ai donc sollicité Bertrand Delanoë pour sa venu à Lille le19. Pour l’heure, je pense que c’est cuit même si son cabinet doit me rappeler Lundi. Au passage, je remercie la promptitude de l’un deux qui m’a répondu dans l’instant à un sms ce matin. Pour revenir sur l’objet de ce machin, ce n’est pas un traquenard simplement un temps avec quelques militants autour de la démocratie militante…

J’espère simplement que nos dirigeants sont conscients avec la victoire d’Obama de la puissance des réseaux virtuels et de leur émergence dans le débat public au cours des prochaines années.

Alors sur l’Europe, je vous propose ce texte initié en 2005 par Pierre Larrouturu (clin d’œil amical aux copains de NG pour cet après midi) et co-signé par Michel Rocard, José Bové, Jacques Delors, Boris Geremek et Martin Hirsch (avant de sombrer…) et bien d’autres. 

5 critères pour l'Europe sociale


COMMENT Jacques Chirac pourrait-il refuser au peuple français de se prononcer sur un texte aussi important qu'une nouvelle Constitution ? Le traité de Maastricht fut soumis à référendum, le quinquennat fut soumis à référendum, le statut de la Corse fut soumis à référendum... et, aujourd'hui, après Tony Blair, ce sont Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et l'ensemble de l'UMP qui demandent un référendum.

Il y aura probablement un référendum, et tout le monde sent bien que le non risque de l'emporter si le texte proposé aux citoyens reste trop proche de celui issu des travaux de la Convention.

Cette Constitution ne répond pas suffisamment aux attentes des citoyens. Elle ne donne pas à l'Europe un projet concret et mobilisateur. Dès lors, pourquoi ne pas profiter de l'initiative de Blair pour corriger le tir avant qu'il ne soit trop tard ? Pourquoi ne pas améliorer le texte avant que les peuples ne disent non ? La nouvelle Constitution n'entrera en vigueur qu'en 2009. Pourquoi ne pas prendre quelques mois pour améliorer le texte et lui donner les meilleures chances d'être accepté par les citoyens ?

« Votez oui à Maastricht, et on se remettra au travail tout de suite sur l'Europe sociale », affirmait Jacques Delors quelques jours avant le référendum sur Maastricht.

Il reconnaissait que le traité était très insuffisant en matière sociale mais demandait aux citoyens de ne pas casser la dynamique européenne. Le oui l'avait emporté d'extrême justesse.

Douze ans plus tard, alors que la crise sociale s'aggrave dans tous les pays d'Europe, alors que des millions de citoyens (Autrichiens, Italiens, Allemands, Français et bien d'autres encore) sont descendus cette année dans les rues pour dénoncer la régression sociale qu'on veut leur imposer, l'argument « Faites nous confiance, on va se mettre au travail » ne portera plus. Si l'on ne veut pas que le non l'emporte aux référendums de ! ratification, si l'on ne veut pas que l'Europe se disloque ou devienne une zone de libre-échange sans puissance politique, il faut d'urgence inclure dans la Constitution un vrai complément social. Un traité, un accord, un pacte aussi concret, ambitieux et contraignant que le fut le traité de Maastricht en matière monétaire.

Le traité de Maastricht comportait cinq critères (un déficit inférieur à 3 % du PIB ; une dette inférieure à 60 %...). De même, nous proposons cinq objectifs, et donc cinq critères pour l'Europe sociale :


- un emploi pour tous : un taux de chômage inférieur à 5 % ;
- une société solidaire : un taux de pauvreté inférieur à 5 % ;
- un toit pour chacun : un taux de mal-logés inférieur à 3 % ;
- l'égalité des chances : un taux d'illettrisme à l'âge de 10 ans inférieur à 3 % ;
- une réelle solidarité avec le Sud : une aide publique au développement supérieure à 1 % du PIB.

L'objectif pour nos démocraties doit êtr e l'éradication totale de la pauvreté, du travail précaire et du chômage de longue durée. Mais, comme première étape, nous proposons que des sanctions comparables à celles infligées aux pays qui sortent des critères de Maastricht soient prévues pour les Etats qui ne respecteraient pas ces critères sociaux en 2015.

A nous d'aller voir comment nos voisins danois sont parvenus à faire tomber l'illettrisme à 3 %. A nous d'aller voir en Hollande comment ont été réglés les problèmes de logement ou comment la Suède a fait reculer la pauvreté.

Le traité doit comporter également des garanties fortes en matière de financement des systèmes de sécurité sociale et de pérennité des services publics. Le droit de la concurrence a pris une place excessive dans la construction européenne. Il est temps de reconnaître à sa juste valeur l'importance des services publics.

Le traité doit aussi mettre fin au moins-disant social que provoque la règle d'unanimité en matière fisca le et ouvrir la possibilité de créer un impôt européen (écot! axe, impôt sur les bénéfices ou taxe Tobin améliorée).


Nous avons été capables de créer une monnaie unique. Douze Etats qui décident de faire monnaie commune, c'est du jamais-vu en temps de paix. Nous avons vaincu l'inflation : en quelques années, elle est passée de 12% à 2% ! Pourquoi ne pas lutter avec autant de force contre la précarité ou l'illettrisme ? Pourquoi ne pas nous attaquer vraiment au mal-logement ou au mal-développement ? N'est-ce pas le meilleur moyen d'affirmer concrètement nos valeurs humanistes, le meilleur moyen de réconcilier l'Europe et les Européens ?

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Nick 16/06/2008 16:09

Comme quoi, être pro-européen, c'est aussi critiquer ce qui se fait en discutant de ses objectifs. Merci d'avoir ressorti ce texte.Bise mon pouletNick

bunny le chti 15/06/2008 06:26

salutJe suis un retraité et pour vivre je suis obligé de bosser encore et très certainement jusqu'à la mort.  En france il y a plusieurs sociétés -les nantis qui constituent un million de personnes et qui vivent correctement et font la fête , ils ne connaissent pas le prix de la baguette et iuls s'en foutent royalement. -Les gens qui vivent à peu près , qui se payent des vacances à crédit .- Il y a ceux qui sont aidés en permanence car ils n'ont pas de travail ou ne veulent pas travailler car ils pensent à juste titre qu'ils perdraient leurs allocations et que travailler ne leur rapporteraient pas plus . - En fin il y a les miséreux ,  c'est ceux qui vivent sous les ponts et qui crèvent de faim ou de froid , on les appelle les sans domicile fixe . Ils sont français d'origine française ou travailleurs clandestins et ils n'ont droit à rien. Qui est responsable de cet état de fait ? A mon avis la droite et la gauche feraient mieux de s'entendre avant que la population ne suit plus ni les politiciens qui luttent égoïstement pour le pouvoir et les syndicats qui s'accrochent à leurs prérogatives pour faire une révolution genre 1789. Les gens en ont marre alors agissez pour nourrir le peuple . De toutes façons ils vous restera toujours de quoi amuser les peopples du monde politique . bon dimanche

jon 15/06/2008 02:52

Oui parce que quand même ce Non irlandais, il fait bien l'affaire des libéraux européens !

jon 15/06/2008 02:41

C'est évidemment vers une Europe sociale (un traité social, voir le dernier billet www.intox2007.info) qu'il nous faut pour faire avancer l'UE avec l'aval des peuples. Et donc je ne reviendrai pas sur ton billet et les conséquences à tirer du Non irlandais.Je reviens plutôt sur cette réunion de travail au Sénat, salle François Mitterrand. (http://www.intox2007.info/index.php?post/2008/06/13/Agenda-PS). Une première dans une ambiance assez feutrée mais lumineuse. Salle d'une centaine de places, en longueur avec fauteuil en sky bleu et un micro par rang. Une cinquantaine de personnes. PS (de tous courants) ou non, mais sympathisants. Beaucoup se sont présentés. L'ambiance était détendue et sérieuse à la fois.Les points essentiellement discutés : 1. La stratégie pour que la contribution générale à venir (qui se transformerait en motion si Nouvelle Gauche estime ne pas avoir été entendue) soit lue, entendue et signée par les militants pour que le PS s'approprie cette vision économique de la France dans la globalisation pour ensuite s'activer pour se préparer à prendre les bonnes décisions. Compris ?(Mobilisation dans les sections et fédérations donc). Je ne dévoilerai pas les idées exposées et discutées sur la stratégie (y'a rien à cacher en fait mais ce serait trop long ici) mais ça a bien discuté quand même. Un mélange de stratégie de com' et débat de fond. Mais leur plan est déjà bien concret (cf. son dernier bouquin : "Pour en finir avec Sarkozy". Vendu au prix exceptionnel de 5 € sur place, avec d'autres documents offerts par la maison, qui a besoin de soutien financier d'ailleurs :).2. La démocratie interne dans le parti. Larrouturou a indiqué que c'était le second point (pilier dira un camarade) qu'il voulait mettre en avant dans la future contribution. D'où la volonté de L. d'en discuter. Là aussi de bonnes interventions qui ont rappelé nos réflexions (la mise en place du non-cumul en contrepartie d'un vrai statut de l'élu rémunéré par ex. significatif). A continuer, notamment sur le lien élus/militants et élus/citoyens. Peu de discussion sur les liens syndicats/ps.Quelques réserves cependant mais pas si grave : de mon point de vue, Larrouturou et Nouvelle gauche semblent négliger l'importance d'un voix forte pour "valoriser" ces idées au-delà du PS ; la non-articulation avec d'autres thématiques (écologie).En résumé, du travail à venir pour Nouvelle Gauche pour mobiliser autour d'une contribution ambitieuse qui aura le mérite de montrer la voie vers une politique proactive !