J’exhume ce post datant du 22 mars 2007 pour la bonne raison que le site du Nouvel Obs l’a mis en lien hier … A l’époque voue étiez 80 à l’avoir lu… A la relecture, il reste d’actualité.
A mon sens, le PS ne pourra se sortir de ses difficultés actuelles sans s’épargner un débat de fond sur ces deux
éléments.
Sur les questions liées à l’appareil, les militants semblent avoir une longueur d’avance sur les dirigeants… ces derniers ont fait preuve
d’une grande cécité en deux dates 1993 et 2004. En 93, à la suite de la débâcle électorale alors que déjà les militants avaient déjà le
sentiment que les élus et dirigeants (qui sont très souvent les mêmes) étaient coupés des réalités de la vie quotidienne, rien n’a changé… on a
redistribué les cartes sommairement et roule ma poule… Cinq ans plus tard, dans les sections, beaucoup de militants qui tentaient de faire remonter du terrain la mise en pratique de
certaines de nos réformes phares avaient à nouveau le sentiment de ne pas être entendu… on connaît la suite… et surtout, hormis coller la responsabilité de la défaite sur les autres… ben toujours
rien. En 10 ans, le PS est passé d’un socle électoral de 30% à 20%. Pourtant dès 2001, les
résultats de municipales auraient dû interpeller plus d’un dirigeant (seul Mauroy demandait de prendre garde à ses résultats en trompe l’œil), le PS a perdu quantité de ville moyenne
mais heureusement Paris et Lyon sauvaient les apparences… hélas !!
Autre évènement, plus heureux, les régionales de 2004… divine surprise pour nos dirigeants… et je crois que, paradoxalement c’est ce qui a aidé de convaincre bon nombre de militants de
s’affranchir de la tutelle « bienveillante » des notables du parti, au moment des votes internes.
Première épisode, le référendum interne et son résultat qui en première lecture peut sembler dans l’ordre des choses… or quand on connaît un
peu le fonctionnement du Parti, le résultat interne est inespéré pour les partisans du « Non »… mais au-delà du chiffre, il y a eu un débat fort dans les sections qui a transcender les
courants traditionnels… les débats convenus et souvent préréglés ont, dans beaucoup de sections, laissé place à une confrontation d’idées entre Militants… c’est la première fois que la démocratie s’est exprimée avec autant de force en son sein. Ca aussi, c’est
passé un peu inaperçu dans les bureaux feutrés des grandes instances.
A vrai dire, mais je dois me tromper, je crois que Ségolène Royal a compris ces deux mouvements issues de la base : besoin de s’exprimer et volonté de sortir d’une forme de dépendance à
l’égard des dirigeants.
Certains pensent que SR doit son investiture aux médias… pour moi c’est faire insulte à l’intelligence des militants… DSK et Fabius sont avant tout représentatifs de ces « dirigeants éternels et infaillibles », au-delà des qualités respectives de chacun.
D’autre part la réalité du site désir d’avenir n’est pas le fruit des médias mais bien de son appropriation par un certain nombre de militants… c’est en fin de course que certains
« éléphants » ont rejoint Royal. Et à la décharge de cette dernière, sa capacité à s’affranchir de certains sujets sensibles ou tabous.
Ces deux votes et les débats internes qui ont précédés, sont des moments importants, voire fondateurs, d’une nouvelle aspiration des militants : ils existent, ils réfléchissent, ils votent…
en somme, une prise de conscience collective sur le poids qu’ils peuvent avoir dans le parti, et ce sentiment je crois qu’il est désormais fortement ancré chez la plupart des militants.
De cela, j’en tire plusieurs conséquences pour l’après.
Le PS ne pourra faire l’économie d’un débat de fond, quelque soit le résultat, devant les militants anciens et nouveaux… si ils sont encore là après cette campagne de
« mauvaise grâce ». Au cœur de celui-ci, l’économie (j’y reviendrai par la suite) et comment peut on faire fonctionner un grand parti en ce début de XXI
sc. Sur ce deuxième point, plusieurs interrogations demeurent : peut on encore associer mandat électif et instances dirigeantes ; comment garder les nouveaux adhérents et donc,
sous quelles formes les associer aux débats internes ; comment renouer des liens avec les syndicats (nous sommes le seul parti socialiste, je n’utilise pas volontairement le terme social
démocrate, a avoir des relations aussi distantes avec les syndicats), les « intellectuels » ; la relance du processus européen pour qu’on ne peut laisser sans
réponse.
Ces questionnements ne sont pas anecdotiques, ils conditionnent pour bonne part les orientations générales du Parti Socialistes mais aussi de la prise en compte du
réel dans ses choix programmatiques.
Couplé à l’économie, au malaise persistant entre militants et dirigeants, aux non-choix dont on mesure l’impact électoral, tous les ingrédients d’une recomposition sont dans
l’entonnoir… mais… il y a un « mais » qu’a parfaitement posé Malakine… à un an d’élection locale… quid des élus ? Alors que ces derniers influencent encore fortement le
PS... Cependant le Parti Socialiste et ses militants peuvent-il encore attendre cette refondation dont il a grand besoin ?
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