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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Eléments de réflexion sur la sociologie du PS.

3 Avril 2008 , Rédigé par Marc Publié dans #Reflexions...enfin on essaye

 

 

 

Aujourd’hui, je ne reviens pas sur ce plan de rigueur  de Sarkozy et Fillon estampillé « pauvres vous pouvez aller vous faire foutre ». J’ai déjà dit ce que j’en pensais mardi et pour le coup ce n’était pas un poisson d’avril.

Désolé également à mes lecteurs qui ont cru à la démission de
Martin Hirsch suite à l’abandon en rase campagne du RSA… Entre nous, au nombre de boas déjà avalés, il eut été étonnant que sa morale dépasse le seuil de son « ministère »… la soupe est bonne, ne l’oublions pas.

 

Sans transition, je vous livre cette esquisse d’analyse sociogique trouvée sur le net concernant le PS au lendemain des municipales, ayant à faire… je n’ai pas le temps de la commenter mais vous verrez qu’il y a vraiment des observations très intéressantes. J’aimerai également trouver une étude sur le cumul des mandats après cette vague rose dans nos communes et nos département… nul doute qu’il se porte bien et tant pis pour la rénovation de nos pratiques… ça peut encore attendre quelques décennies.

 

Les hommes crabes par JacAntoine.

 

Les phénomènes des vagues électorales sont en général des évènements qui conduisent à un renouvellement des élites en politiques. Pour la gauche, ce fut le cas des élections municipales de 1978 (avec comme emblème Jean Marc Ayrault, élu alors jeune maire de Saint Herblain à 28 ans ou Edmond Hervé à 34 ans, à Rennes par exemple), les législatives de 78 et 81, et plus proche de nous, les législatives de 1997 par lesquelles sont arrivées sur la scène politique nationale Montebourg, Peillon, Bloche, Gorce,… C'est-à-dire toute une série de personnes qui sont aujourd’hui à la pointe de la rénovation du PS.

La question du renouvellement avec la vague rose aux dernières municipales est donc pertinente.

Voici donc une petite analyse en matière d’âge des élus socialistes suite au municipales, par une comparaison entre les élus et la population vivant en France.


Le point de référence sont les données INSEE de la population totale par sexe et âge au 1er janvier 2008, France métropolitaine, découpées en fonction des tranches d’âge suivantes :

  • 18-25 ans
  • 26-41 ans
  • 41-60 ans
  • 61 ans et plus

Ce découpage se cale sur une vision complètement subjective et arbitraire de la vie d’un cadre, considérant qu’un élu politique est un cadre de son parti. :

18- 25 ans pour les études, 26-41 pour le début de la vie active et les prises de responsabilité, 41-60 pour la responsabilité pleine et entière, et 61 ans, l’âge légal de la retraite.

En pourcentage cela donne pour la population Française :

  • 18-25 ans : 15,3% de la population de référence
  • 26-41 ans : 30,2%
  • 41-60 ans : 40%
  • 61 ans et plus 13,3 %

Les données des élus socialistes sont celles trouvées sur internet, lorsqu’elles sont disponibles sur le site des municipalités, c'est-à-dire assez rarement.

Premier groupe : les élus socialistes au Conseil de Paris :

  • 18-25 ans : 0% du groupe de référence (15,3 INSEE)
  • 26-41 ans : 29,3% (30,2% INSEE), 23,7% des hommes, 35,1% des femmes,
  • 41-60 ans : 57,3% (40% INSEE), 60,5% des hommes, 54% des femmes
  • 61 ans et plus 13,3% (13,3 % INSEE), 15,8% des hommes, 10,8% des femmes

Deuxième groupe : les élus de gauche au conseil municipal de Caen (pas de groupe socialiste, ville prise à la droite) :

  • 18-25 ans : 5%, (15,3 INSEE), 10% des hommes, 0% des femmes
  • 26-41 ans : 22,5% (30,2% INSEE), 25% des hommes, 20% des femmes,
  • 41-60 ans : 60% (40% INSEE), 50% des hommes, 70% des femmes
  • 61 ans et plus 12,5% (13,3 % INSEE), 15% des hommes, 10% des femmes

Troisième groupe : les maires socialistes des villes de plus de 100 000 habitants :

On passera ici sur la féminisation, les premières magistrates ne sont que 4 sur 26 maires. Par contre, on fera une différence entre les nouveaux maires et les maires reconduits.

  • 18-25 ans : 0%, (15,3 INSEE)
  • 26-41 ans : 0% (30,2% INSEE),
  • 41-60 ans : 58% (40% INSEE), 73% des nouveaux maires, 47% des maires reconduits
  • 61 ans et + : 42% (13,3 % INSEE), 27% des nouveaux maires, 53% des maires reconduits

La moyenne d’âge de ces maires est de 59 ans,

61 ans pour les maires sortants réélus,

56 ans pour les maires nouvellement élus (soit en conquête de la droite, soit en renouvellement d’un sortant socialiste)

Plusieurs réserves avant de commenter :

  • La population de référence concerne toutes les personnes vivant en France, y compris les étrangers, et tout niveau de responsabilité et pas seulement les cadres ; il est probable qu’en comparant ces chiffres avec les cadres d’entreprise français, les résultats seraient favorable aux élus.
  • La comparaison avec seulement 2 communes ne permet pas non plus d’être trop affirmatif.

Premier élément important à retenir : la structure d’âge entre une équipe reconduite (Paris) et une équipe en conquête (Caen) est sensiblement la même : les plus jeunes sont sous représentés, les 41-60 ans sont surreprésentés. C’est compréhensible pour une reconduite, inquiétant pour une ville en conquête.

Cette analyse se confirme largement par la moyenne d’âge des maires socialistes des villes de plus de
100 000
habitants : 56 ans pour les villes en renouvellement, bien loin des 34 ans d’Edmond Hervé lorsqu’il est devenu maire de Rennes en 1977. Le nouveau maire de Rennes a d’ailleurs 56 ans. 100% des maires en conquête ont plus de 41 ans, 27% plus de 60 ans.

Second élément : la féminisation par la parité n’a pas entraîné un rajeunissement automatique. Si à Paris, les femmes de moins de 40 ans sont plus nombreuses que les hommes du même âge, à Caen, le nombre de femmes de 41 à 60 ans explose le plafond INSEE. Les femmes maires de grande ville sont d’ailleurs bien dans la moyenne d’âge de l’ensemble des maires socialistes de ces villes (56 ans). Je n’insiste pas sur la surreprésentation des hommes à ce poste tant c’est flagrant.

Reste à poursuivre cette analyse avec plus de données. Mais cela est toutefois inquiétant en matière de renouvellement.

Une conclusion plus personnelle : après la parité, à poursuivre pour les postes à responsabilité, ce serait bien à l’âge qu’il faudrait s’attaquer, sans doute avant la diversité, qui devrait être une conséquence heureuse du renouvellement générationnel. Mais je ne sors pas de conditionnel.

 

Source : Eglantine

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Trublyonne 03/04/2008 11:32

les listes lyonnaises ont intégré pas mal de femmes jeunes provenant de la "diversité" mais on ne les trouve pas dans les postes à responsabilité car nos élus n'aiment pas prendre de risque, l'expérience primant sur la jeunesse. néanmoins, et là je parle pour ma paroisse, certaines sont en position de les avoir dans 6 ans si tout va bien. sauf que dans 6 ans elles seront plus vieilles... ça se mord la queue ce truc :-)