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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Rapport Attali… retour vers le XIXième siècle (Part two).

24 Janvier 2008 , Rédigé par Marco Publié dans #Résistance Politique

 
undefinedCinquième Constat : entretenir l’illusion d’une histoire finie. Dans la lignée de l’historien Fukuyama, Jacques Attali veut, du fait sa supériorité naturelle, nous asséner une autre évidence… la politique n’est plus une question de choix mais uniquement fondée sur l’expertise, réservée cela va de soi à quelques uns. En ce sens, il est significatif la première phrase de ce rapport « Ceci n’est ni un rapport, ni une étude, mais un mode d’emploi pour des réformes urgentes et fondatrices. Il n’est ni partisan,ni bipartisan : il est non partisan.». Bref, l’histoire est finie et les clivages appartiennent à cette vieille histoire.
 
Sixième constat : au bonheur de la fluidité. En néoconverti à l’économie mondialisé, des flux de données à l’être humain, rien ne peut désormais plus être pensé sans le prisme de cette fameuse fluidité. Dans son monde parfait, Jacques Attali fluidifie tout et partout… et le résultat ne peut être que bénéfique pour la sacro-sainte croissance… des taxis, au marché de l’emploi en passant par les individus… l’homme sédentaire est donc désormais un frein, un conservateur… il ne participe pas à ce fameux chapitre sur « la croissance, l’affaire de tous ».
 
Septième constat : la nature… elle s’adaptera.  Alors  même que Bush commence à s’interroger sur les questions environnementales et sur le réchauffement climatique ; Attali et sa horde d’experts ne se soucie pas ce problème. Au fond notre environnement naturel, notre biosphère si elle n’est en mesure de s’adapter, est, malgré tout, sommée de s’adapter à notre ambition « fluidificatrice ». Même si cette dernière est particulièrement coûteuse en matière de bilan environnemental… développer les taxis, les compagnies aériennes low-cost ne semblent pourtant pas aller dans le sens de l’histoire de la gouvernance…
 
Huitième constat : dialogue social si et seulement si. Grand Jacques, dans une infinie bonté, veut bien dans son rapport accorder une certaine place au dialogue social et donc à ses représentants syndicaux. Seulement, il y a comme une légère injonction qui flotte dans l’air ; oui il faut au préalable être en adéquation TOTALE  avec ses mesures… n’oublions pas que  son n’est pas « un inventaire dans lequel un gouvernement pourrait picorer à sa guise, et moins encore un concours d’idées originales condamnées à rester marginales. C’est un ensemble cohérent, dont chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clé de la réussite du tout ». On prend ou on prend… ça laisse au final peu de place au dialogue social.
 
Neuvième constat : Sarkozy n’a déjà pas tout compris. Aux dernières nouvelles, notre président Sarkozy partage 313 des 316 propositions… Halte là… la cohérence de son éminence rapporteuse est déjà mise à mal… La France ne mérite pas décidemment pas Jacques Attali.
 
Dixième constat : Certains lecteurs seront probablement dubitatifs sur la sonorité globale de cet article et de son caractère subjectif.. Hélas non, adoubé par notre sainteté présidentielle, son arrogance a déjà commencé à se déverser dans les médias… petit extrait ici.
 
NDLR : ok ça peut sembler facile de dézinguer ce rapport sans entrer dans le détail des propositions… ben oui, pour écrire ces deux A4, je suis tout seul dans un temps limité (1h30). Ah oui… mes deux A4 correspondent à 4 pages au format rapport Attali… ça ne nous fait plus un 240 pages mais… 120/130…  Enfin entre bloggeurs (ok ceux de gauche) nous avons commencé à nous répartir la tache pour commenter l’ensemble des propositions… ça demande un peu de temps.
 
Sur les départements, Franssoit s’occupe du titre et torpille le principe con du « tout ou rien ». Donatien, quant à lui, le repousse en blog. Gaël s’est chargé de la partie « traitement des fonctionnaires ». Dagrouik travaille actuellement sur la partie « Logement Social », également évoquée par Christie. Dominique évoque l'éducation. Kesjendi donne son point de vue sur les logiciels libres. Ou encore chez Pire Racaille.
 
 Nicolas J, j'ai repompé une partie de ton post sur les liens... désolé
 
 

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moi 25/01/2008 19:24

Article parule 17 juillet 1993Jacques Attali : la chute    Lancé il y a deux mois pour examiner la gestion de la BERD (la Banque européenne de reconstruction et de développement spécialisée dans les prêts aux projets privés en direction des ex-pays socialistes), l’audit de la firme Coopers and Lybrand a, comme prévu, livré un rapport accablant pour le président de la BERD, Jacques Attali..L’ANCIEN conseiller de François Mitterrand, démissionnaire de son poste depuis le 25 juin, a donc décidé de quitter immédiatement ses fonctions sans même attendre la nomination de son successeur prévue pour la fin du mois d’août ou début septembre. Il sera immédiatement remplacé pour une période intérimaire par le premier vice-président de l’organisation, à savoir l’Américain Ron Freeman.L’affaire de la BERD est particulièrement piégée. Dans un premier temps, Jacques Attali est, si l’on peut dire, convaincu, sinon de malversations, du moins de procédés peu recommandables pour le président d’une institution multilatérale qui rassemble près de trente pays cotisants. Le coût de la construction du siège de la banque à Londres, par exemple, excède largement le plan de financement initial et s’élève au final à quelque 560 millions de francs, dont un hall d’entrée somptueux en marbre de Carrare. Il laisse rêveurs les chômeurs nouveaux des ex-pays socialistes bénéficiant des « conseils en capitalisme » éclairés de la BERD. Les détails cocasses ou sordides sont distillés jour après jour par la presse anglo-saxonne emmenée en l’occurrence par le « Financial Times ». Journal qui semble bénéficier de sources de haut niveau dans l’entourage même de Jacques Attali.Les dépassements de budgets pour la construction du siège avec l’aide d’un architecte, ami personnel du président - ils seraient supérieurs à la totalité des prêts consentis par la BERD aux pays de l’Est - ne sont pas les seuls faits reprochés à Jacques Attali. La Banque mondiale et le FMI dont les sièges à Washington ont été modernisés ont à cet égard très largement excédé les chiffres cités par le rapport sur la BERD. Mais on relève pêle-mêle plus de quarante voyages en jet privé du président de la BERD, des rémunérations - interdites par le règlement de la banque - pour des conférences prononcées ici ou là (et reversées, selon l’intéressé, à des organisations caritatives), des repas londoniens dans les restaurants « branchés » à hauteur de 170.OOO francs, des dépenses personnelles sur le compte de la BERD tardivement remboursées, etc.Aujourd’hui, la France, théoriquement titulaire du poste de président d’un organisme dont le capital est contrôlé à hauteur de 51% par la CEE, se retrouve dans une position difficile après les frasques de Jacques Attali. Son candidat officiel, à savoir le gouverneur de la Banque de France, Jacques de La Rosière (ex-directeur général du FMI), n’est pas certain d’être nommé à la tête d’une banque que les Américains (minoritaires au sein de son capital) veulent à toute force contrôler pour l’assujettir aux décisions d’organismes comme la Banque mondiale ou le FMI dans lesquels ils disposent d’un droit de veto de fait. Au sein même de l’Europe, les pays du Benelux qui souhaitent avoir le contrôle d’un grand organisme communautaire ont présenté un poids lourd en la personne du vice-président de la Communauté européenne, M. Christophersen. Tout dépendra donc de l’Allemagne, qui semble exiger d’abord la confirmation officielle de Francfort - siège de la Bundesbank - comme future ville de l’Institut monétaire européen qui, dès janvier 1994, posera les fondements de la future Banque centrale européenne.Au-delà de cet âpre marchandage, on peut se demander pourquoi l’audit commandé par le conseil des pays actionnaires n’a pas dressé un tableau des résultats d’une aide qui se concentre uniquement sur les privatisations dans les ex-pays socialistes. Nul doute que les chiffres montreraient un gaspillage social et humain autrement plus grave que le marbre de Carrare de la BERD. On peut d’ailleurs remarquer que les Américains ont imposé lors du G7 de Tokyo une structure qui double la BERD avec la création d’un fonds de privatisation de 3 milliards de dollars en Russie contrôlé par un bureau du G7. C’est-à-dire essentiellement par l’administration américaine. Il est donc urgent que les peuples d’Europe qui sont les bailleurs de fonds transforment la BERD en imposant des critères d’attribution des crédits de la BERD mesurés en termes d’efficacité sociale (logement, formation, emplois, distribution, etc.). Le véritable enjeu de la BERD est là. Non dans les aventures de Jacques Attali.   OKBA LAMRANI

Poliblog 25/01/2008 11:51

Hello Marc,C'est courageux de votre part de vous attaquer au contenu du rapport à plusieurs, d'autant plus que pour traduire (longuement, forcément) par écrit des arguments que l'on pourrait développer en deux minutes face à un attardé comme Attali sur un plateau de TV, il faut avoir une sacrée envie de bosser (= pas comme Jacquot).Courageux donc, mais le véritable piège (et la seule compétence, si l'on peut dire) tendu par Attali a, justement, toujours été là : quelles que soient les idées défendues par le cancrelas, il n'y a jamais rien à gratter derrière de pseudos inventions qui prises en bloc ou pas ne présentent aucun intérêt au regard de la situation réelle du pays.Parler de la nécessité de construire une ville verte ou de déréglementer certaines professions dans un pays qui compte des millions de chômeurs et sept millions de pauvres par exemple, à l'heure où l'on apprend que les prix de l'alimentaire en grande distribution ont "encore" explosé au cours du seul mois décembre, c'est se foutre ouvertement de la gueule du monde et se payer la tête du tocard de l'Elysée par dessus le marché.Bref, à mon avis on perd autant son temps en parlant d'Attali qu'on le perd en parlant du parcours de l'intéressé, qui démontre pourtant que si l'on avait dû confier la même mission à n'importe qui, alors ce n'importe qui n'aurait jamais dû être le vieux margoulin.:(

marc 24/01/2008 16:58

et joli :-))tu ferais mieux de lire closer ou gala :-) citer Racine en ces temps présidentiels... pfoufff

mag 24/01/2008 16:40

"Je te plains de tomber dans ces mains redoutables"Racine, le songe d'AthaliePrémonitoire, non?Mag