Cinquième Constat :
entretenir l’illusion d’une histoire finie. Dans la lignée de l’historien Fukuyama, Jacques Attali veut, du fait sa supériorité naturelle, nous asséner une autre évidence… la politique
n’est plus une question de choix mais uniquement fondée sur l’expertise, réservée cela va de soi à quelques uns. En ce sens, il est significatif la première phrase de ce rapport « Ceci
n’est ni un rapport, ni une étude, mais un mode d’emploi pour des réformes urgentes et fondatrices. Il n’est ni partisan,ni bipartisan : il est non partisan.». Bref, l’histoire est finie et
les clivages appartiennent à cette vieille histoire.
Sixième constat : au bonheur de la fluidité. En néoconverti à l’économie mondialisé, des flux de données à l’être humain, rien ne peut désormais plus être
pensé sans le prisme de cette fameuse fluidité. Dans son monde parfait, Jacques Attali fluidifie tout et partout… et le résultat ne peut être que bénéfique pour la sacro-sainte
croissance… des taxis, au marché de l’emploi en passant par les individus… l’homme sédentaire est donc désormais un frein, un conservateur… il ne participe pas à ce fameux chapitre sur
« la croissance, l’affaire de tous ».
Septième constat : la nature… elle s’adaptera. Alors même que Bush commence à s’interroger sur les questions environnementales et sur le
réchauffement climatique ; Attali et sa horde d’experts ne se soucie pas ce problème. Au fond notre environnement naturel, notre biosphère si elle n’est en mesure de s’adapter, est,
malgré tout, sommée de s’adapter à notre ambition « fluidificatrice ». Même si cette dernière est particulièrement coûteuse en matière de bilan environnemental… développer les
taxis, les compagnies aériennes low-cost ne semblent pourtant pas aller dans le sens de l’histoire de la gouvernance…
Huitième constat : dialogue social si et seulement si. Grand Jacques, dans une infinie bonté, veut bien dans son rapport accorder une certaine place au
dialogue social et donc à ses représentants syndicaux. Seulement, il y a comme une légère injonction qui flotte dans l’air ; oui il faut au préalable être en adéquation TOTALE
avec ses mesures… n’oublions pas que son n’est pas « un inventaire dans lequel un gouvernement pourrait picorer à sa guise, et moins encore un concours d’idées
originales condamnées à rester marginales. C’est un ensemble cohérent, dont chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clé de la réussite du tout ». On
prend ou on prend… ça laisse au final peu de place au dialogue social.
Neuvième constat : Sarkozy n’a déjà pas tout compris. Aux dernières nouvelles, notre président Sarkozy partage 313 des 316 propositions… Halte là… la
cohérence de son éminence rapporteuse est déjà mise à mal… La France ne mérite pas décidemment pas Jacques Attali.
Dixième constat : Certains lecteurs seront probablement dubitatifs sur la sonorité globale de cet article et de son caractère subjectif.. Hélas non, adoubé
par notre sainteté présidentielle, son arrogance a déjà commencé à se déverser dans les médias… petit extrait ici.
NDLR : ok ça peut sembler facile de dézinguer ce rapport sans entrer dans le détail des propositions… ben oui, pour écrire ces deux A4, je suis tout seul dans
un temps limité (1h30). Ah oui… mes deux A4 correspondent à 4 pages au format rapport Attali… ça ne nous fait plus un 240 pages mais… 120/130… Enfin entre bloggeurs (ok ceux de
gauche) nous avons commencé à nous répartir la tache pour commenter l’ensemble des propositions… ça demande un peu de temps.
Nicolas J, j'ai repompé une partie de ton post sur les liens... désolé
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