Dimanche 25 mai 2008

Grosse journée de Copié/Collé... mais j'ai failli passer à coté de ce texte... Il me paraît pourtant intéressant plus d'un titre.

Les marchés financiers ne peuvent nous gouverner !

Lettre collective à Nicolas Sarkozy, en vue de la présidence française de l’Union européenne, signée par Laurent Fabius et plusieurs dirigeants de la gauche européenne (Jacques Delors, Jacques Santer, Helmut Schmidt, Otto Graf Lambsdorff, Lionel Jospin, Pär Nuder, Michel Rocard, Hans Eichel, Göran Persson, Daniel Dãianu, Massimo d’Alema, Ruairi Quinn, Poul Nyrup Rasmussen, Eero Heinäluoma, Paavo Lipponen).

M. le Président,

Les marchés financiers ne peuvent nous gouverner !

La crise financière actuelle n’est pas le fruit du hasard. Elle n’était pas impossible à prévoir, comme le prétendent aujourd’hui les hauts responsables du monde des finances et de la politique. La sonnette d’alarme avait été tirée il y a des années déjà par des individus lucides. La crise incarne de fait l’échec de marchés peu ou mal régulés et elle nous montre une fois de plus que ceux-ci ne sont pas capables d’autorégulation. Elle nous rappelle également les inquiétantes inégalités de revenus qui ne cessent de croître dans nos sociétés et jette de sérieux doutes sur notre capacité à nous engager dans un dialogue crédible avec les nations en développement concernant les grands défis mondiaux.

Les marchés financiers sont devenus de plus en plus opaques et l’identification de ceux qui supportent et évaluent les risques se révèle être un défi titanesque. Le secteur bancaire dit ‘de l’ombre’, peu ou pas régulé, n’a fait que croître au cours des vingt dernières années. Les grandes banques ont participé à un jeu de « création and distribution » de produits financiers extrêmement complexes et elles se sont embarquées dans la vente, sous un emballage assez douteux, de dettes liées à des emprunts immobiliers à haut risque. Des régimes de primes inadéquats, une vision à trop court terme et les conflits évidents d’intérêt ont encouragé les transactions spéculatives.

Les prêts hypothécaires douteux, basés à tort sur l’idée que les prix de l’immobilier continueraient d’augmenter sans cesse, permettant ainsi de rembourser la dette contractée, ne sont que les symptômes d’une crise plus large en matière de gouvernance financière et de pratiques commerciales. Les trois plus grandes agences de notation au monde ont noté ces drôles de valeurs comme étant relativement sans risque. Une banque d’investissement a gagné des milliards de dollars américains en spéculant à la baisse sur les titres subprime tout en les vendant à ses clients, ce qui résume de façon plus qu’éloquente la perte de toute éthique dans le monde des affaires !

Nous avions été mis en garde des dangers de cette situation. Alexander Lamfalussy et le Comité des sages, dans un rapport sur les marchés des valeurs européennes (2001), ont souligné le lien entre l’apparente efficacité accrue de ces marchés et le prix à payer en matière de stabilité financière. Paul Volker il y a quelques années avait déjà exprimé son inquiétude. Paul Krugman a également pointé le doigt vers les menaces posées par des entités financières non régulées en croissance il y a à peu près une décennie. En 2003, Warren Buffett a taxé les produits dérivés d’« armes financières de destruction massive ». Un rapport de la Banque d’Angleterre sur la stabilité financière a mis en avant le fossé dangereux existant entre les créanciers et les conséquences de leurs décisions.

Le problème réside dans le modèle actuel de gouvernance économique et d’entreprise axé sur une maigre réglementation, sur un contrôle inadéquat et sur une offre trop faible de biens publics.

La crise financière ne démontre que trop clairement que l’industrie financière est incapable d’autorégulation. Il est impératif d’améliorer le contrôle et le cadre réglementaire des banques. Il faut également revoir les cadres réglementaires pour les instruments d’investissement. L’utilisation d’instruments financiers (comme les CDO - obligations adossées à des actifs) doit être réglementée. Toutes les institutions financières devraient, à l’instar des banques, maintenir des réserves minimales et le ratio d’endettement ne peut rester illimité. Enfin, les régimes de primes doivent être revus afin d’éviter que la prise de risques inconsidérés ne soit encouragée sans une certaine prudence.

En ce qui concerne les conséquences de cette crise sur l’économie réelle, il semble que les experts économiques du monde entier aient été frappés d’un accès de timidité. Presque tous les instituts de prévisions revoient leurs évaluations de croissance à la baisse pour les pays développés en 2008 et 2009. Mais personne n’ose dire clairement si l’Europe est menacée d’une récession économique ou pas. Certains symptômes toutefois ne trompent pas. Dans le cas de l’Union européenne, une récession cette année ou l’année prochaine aurait des conséquences dramatiques.

L’inégalité croissante de revenus s’est produite parallèlement à une croissance continue du secteur financier. Il est vrai que les progrès technologiques ont contribué de façon significative à des différences de plus en plus importantes de revenus en favorisant la main d’œuvre hautement qualifiée. Toutefois, les politiques mal avisées ont également eu un impact majeur dans ce domaine. Le capital financier représente à présent 15 fois le produit intérieur brut (PIB) de tous les pays. La dette cumulée des ménages, des entreprises financières et non financières et des autorités publiques américaines représente plus de trois fois le PIB des USA, soit deux fois le niveau enregistré lors du krach boursier de 1929. Le monde des finances a accumulé une masse gigantesque de capital fictif mais qui n’améliore que très peu la condition humaine et la préservation de l’environnement. Cette crise financière a permis de cerner un peu mieux les alarmantes disparités de revenus qui n’ont fait qu’augmenter au cours des dernières décennies. L’ironie de la chose est que les salaires et les primes de nombreux PDG ont atteint des niveaux extrêmement élevés alors que le rendement de leurs sociétés stagnaient ou même baissaient. L’enjeu éthique est donc majeur.

Les libres marchés ne peuvent faire fi de la morale sociale. Adam Smith, père du laisser-faire économique, a également écrit la « Théorie des sentiments moraux » et Max Weber a établi le lien entre le dur labeur et les valeurs morales d’une part, et l’avancée du capitalisme de l’autre. Le capitalisme décent (soit un capitalisme respectueux de la dignité humaine, pour reprendre les propos d’Amartya Sen) requiert une intervention publique efficace. La recherche du profit constitue l’essence de l’économie de marché. Mais lorsque tout est à vendre, la cohésion sociale s’effrite et le système s’effondre.

La crise financière actuelle réduit la capacité de l’Occident à entamer un dialogue plus constructif avec le reste du monde sur les défis mondiaux, sur la gestion des effets de la mondialisation et du réchauffement de la planète - alors que le boom économique extraordinaire de l’Asie pose de nouveaux défis sans précédent.

Les augmentations spectaculaires des prix de l’énergie et des produits alimentaires viennent aggraver les effets de la crise financière et sont de mauvais augure. Il est très significatif que les fonds spéculatifs aient contribué à la hausse des prix des denrées de base. Les citoyens des pays les plus pauvres en seront les plus touchés. Nous risquons de nous trouver face à une misère sans précédent, à une prolifération d’états faillis, à des flux migratoires plus importants et à davantage de conflits armés.

Certains clament haut et fort que l’Europe compte ‘des économies solides’, avec un meilleur contrôle financier et une meilleure réglementation qu’aux Etats-Unis. On pourrait dire qu’il en est en partie ainsi. Mais n’oublions pas les problèmes croissants sur les marchés immobiliers au Royaume-Uni, en Espagne et en Irlande et le marasme économique qui se répand partout en Europe. Pensons également au nationalisme économique et au populisme qui ont tous deux le vent en poupe.

Les décideurs européens, tant au niveau de l’Union que national, doivent apporter une réponse ferme à l’actuelle crise financière. Nous avons besoin de pragmatisme, d’ouverture d’esprit et de coopération dans la poursuite d’objectifs communs.

L’Europe doit étudier ces évolutions et identifier les conséquences prévisibles dans le court et le long terme afin d’élaborer des propositions à l’adresse de la communauté internationale permettant de contrer les effets et les causes profondes de cette crise.

Il est temps de créer un ‘Comité de crise européen’ qui rassemble des représentants politiques de haut niveau, d’anciens chefs d’Etat et de gouvernement ou des ministres des finances ainsi que des économistes renommés et des experts financiers de tous les continents. Ce comité doit se donner comme tâche de :

- Procéder à une analyse détaillée de la crise financière dans le contexte plus large que nous avons essayé de décrire plus haut ; 
- Identifier et évaluer les risques socioéconomiques que comporte la crise financière pour l’économie réelle, en particulier en Europe ; 
 - Proposer une série de mesures au Conseil de l’UE afin d’éviter ou de limiter ces risques ; 
 - Présenter au Conseil des ministres, aux Etats membres du Conseil de sécurité de l’ONU, au directeur général du FMI et à toutes les autorités et instances concernées une série de propositions afin de limiter les effets de la crise et préparer une Conférence financière mondiale afin de repenser les règles de la finance internationale et de la gouvernance concernant les thèmes économiques mondiaux.

En 2000, nous avons convenu de faire de l’Union européenne la région la plus compétitive au monde. Cette ambition a été réitérée en 2005. Nous devons garantir que la compétitivité de l’Europe soit soutenue et non minée par les marchés financiers. Nous devons agir sans plus tarder : pour nos citoyens, pour davantage d’investissements, pour la croissance économique, pour la justice sociale, pour des opportunités d’emplois, et en définitive, pour un meilleur avenir pour tous les Européens.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments distingués.

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Lundi 12 mai 2008


Ce billet est une réponse à l'appel de Luc Mandret et de Ronald dans leur volonté d'ouvir un nouvel espace de discussion transparti (Left & Center Citizens)... en fait, je reprends un texte sans en changer une virgule que j'ai écrit le 21 décembre 2006.




D'une rive à l'autre.

Avec la toile, on renoue des contacts qui se sont étiolés avec le temps, avec les parcours de chacun, seul reste la même passion pour la vie de la cité, chacun à notre façon.


Aujourd’hui, cet outil a permis de renouer le fil, d’échanger, de comprendre davantage « l’autre » en dehors des lieux traditionnelles, davantage portés sur la forme que sur le fond.


Nous sommes quelques uns à penser que les clivages historiques ne résistent plus à un monde toujours plus complexe, toujours plus incertain
. Nous regardons également la gestion des collectivités, où bien loin des militants et des grandes envolées lyriques, se mettent en place des partenariats pour le moins intéressants entre le PS et l’UDF (notamment au Conseil Régional).


Bien plus qu’un simple principe de réalité, nous sommes persuadés qu’il s’agit également d’une certaine convergence de points de vue.

Sans nier les différences mais que deviennent elles quand il s’agit d’améliorer le sort de milliers de concitoyens, il est temps que des ponts se forment pour que ces « arrangements » dépassent les seuls bureaux de nos gouvernants. Ces réflexions, ces débats ne peuvent et ne doivent être réservés à ces derniers, l’urgence des situations (écologie, social, économie…), l’exigence de vérité impose que les citoyens que nous sommes s’emparent de cette question du « travailler, penser ensemble au delà de nos différences ».


Si l’élection présidentielle se cristallise sur les individus en compétition,  elle ne peut empêcher l’émergence d’une aspiration au changement tant sur le fond que sur la forme d’affrontements politiques devenus pour le moins artificielles pour ne pas dire archaïques.


Pour ma part, je suis incurablement de gauche (pas de la vraie, l’unique… celle qui n’a jamais eu à opérer des choix…) cependant j’estime qu’il est faux de penser que l’ultime horizon de la sociale démocratie réside toujours dans ce triptyque PS/ « Gauche véritable »/Extrême Gauche
. D’autant que le spectacle offert par la gauche anti-libérale ne peut conduire à un quelconque optimisme… surtout dans le cadre d’une politique gouvernementale.


Il ne s’agit pas d’entériner une prétendue droitisation du parti socialiste ; plus sûrement de dire que nous n’avons pas le monopole d’une société humaniste et plus juste et de sa mise en mouvement et d’en assumer les choix à un moment donné.

Mendès France disait « gouverner, c’est choisir » ; en cela le PS devra dans les prochaines années choisir… tant sur le possible et avec qui mais aussi entre se condamner à l’alternance ou enfin devenir un parti de gouvernement durable car ce n’est pas en cinq ans qu’on change la vie…


A mon sens, le moment est propice à la naissance d’un espace non pour  « candidater » mais pour débattre, proposer, oser d’une rive à l’autre, au moins au niveau de notre département.

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Samedi 10 mai 2008

on a toujours raison d_inventer

Je  vous livre le texte intégral d'On a toujours raison d'essayer. Pour tout vous dire... je m'y retrouve et cela faisait longtemps que je n'avais pas pris un tel "plaisir" en le lisant.



Manifeste pour une alternative européenne écologique

 

L’histoire est en suspens.

 

Soit la trajectoire d’effondrement dans laquelle s’inscrit notre civilisation de marché et de prédation se prolonge, et l’on verra la crise écologique globale précipiter la planète dans une régression sociale et humanitaire sans précédent ; soit la société affirmera son refus d’une telle spirale et surgiront alors les réformes nécessaires pour échapper au chaos et tracer l’horizon d’une nouvelle espérance. Nous n’avons plus le temps. Tous les indicateurs sont au rouge et déjà le grand cri des souffrances retentit. Les ressources s’épuisent, le climat s’emballe, le vivant se rétracte, les catastrophes s’enchaînent, les inégalités s’aggravent, les ventres crient famine, l’économie dérive, les liens sociaux se déchirent, le mal être individuel empire. L’humanité avance vers son désert. L’homme va vers son affaissement.

 

D’autres orientations économiques et sociales s’imposent. D’autres choix de société sont indispensables. Une autre politique de civilisation est possible. Ni demain, ni peut-être. Maintenant et résolument. L’enjeu est tel et son urgence si prégnante que nous ne pouvons plus consentir à la tradition des jeux de rôle auxquels la représentation politique se complaît, avec ses rabâchages traditionnels qui pétrifient le futur et ses crispations claniques qui dévalorisent les consciences. Quelques soient leurs référentiels idéologiques, les politiques bégaient devant les défis du nouveau siècle, refusant l’obstacle du grand tournant nécessaire. Ils restent assermentés à un modèle de développement insoutenable. Chacun à leur façon, ils persévèrent dans la reproduction d’un type de progrès de plus en plus aliénant.

La défense de la vie sous toutes ses formes et le devoir d’équité universelle commandent de passer à un autre niveau d’ambition et de changer de pratique politique.

 

D’abord, il faut rompre la perspective. Rompre avec les impostures de l’accompagnement social et écologique du mécanisme broyeur des hommes et de l’environnement ; rompre avec les illusions qui tentent de corriger les excès du productivisme marchand et s’épuisent à réguler l’irréversible ; rompre avec cette logique implacable qui conduit à nous accommoder honteusement de

perspectives douloureuses pour nos enfants et les trois quart des hommes et des femmes de cette planète. Rompre, c’est s’en prendre enfin aux racines, au sein du système économique et social comme au coeur de nous-mêmes, dans l’architecture de la mondialisation aussi bien que dans l’imaginaire de chacun, et c’est permettre ainsi, avant que le chaos ne vienne tout compromettre, l’éclosion progressive et pacifique d’une refondation de nos manières d’être et de vivre. Ni surenchère utopique, ni ivresse insurrectionnelle, l’objectif que nous poursuivons consiste à ouvrir les premières pistes d’un horizon émancipateur, redonnant sens au progrès et consistance à l’espoir.


Pour ce faire, le verrou que les forces idéologiques dominantes imposent à la société doit être débloqué. Produits d’une époque révolue où l’abondance et la croissance des richesses apparaissaient infinies, et où le plus avoir l’emportait sur le mieux être, les formes partidaires de la représentation politique, à droite comme à gauche, au centre comme aux extrêmes, ne sont plus en phase avec le temps de la rareté qui s’annonce, ni avec l’aspiration grandissante des populations à vivre autrement que dans l’accumulation, le factice ou les dettes, ni encore avec les interpellations de la crise écologique et sociale. Ce sont ces partis hors d’âge, avec leurs promesses irréelles et leurs réflexes obsolètes qu’il faut maintenant contester, électoralement et démocratiquement. Ce sont ces vestiges du passé qu’il s’agit de remplacer. Nous ne nous résoudrons jamais à un apartheid mondial et à la destruction de la nature que leur aveuglement véhicule.

 

C’est pourquoi il s’agit d’entreprendre la construction et la mise en mouvement d’un nouvel espace politique : la social-écologie. Au sein de celui-ci, les forces vives de la société se rassembleraient dans leur diversité pour tracer la perspective d’un autre modèle de développement et appliquer les transitions nécessaires.

Cet autre modèle n’est inscrit dans aucun dogme ni bréviaire, même s’il doit se rattacher aux meilleures traditions humanistes héritées de l’histoire des civilisations. Il se construira à partir des besoins humains de bientôt neuf milliards d’individus, de l’intérêt collectif, du partage des ressources et du respect des équilibres du vivant. Il se fondera sur les valeurs de justice sociale et de solidarité planétaire, de sobriété et de conscience des limites, de participation et de dialogue. Il orientera progressivement les activités vers de nouvelles façons de consommer, de produire, de se déplacer, de travailler, d’échanger, d’innover, d’habiter les territoires et de faire ensemble société.

 

Un nouvel espace politique ne peut se concevoir d’emblée qu’européen puisque l’Europe est notre village, et international puisque la planète est notre patrie.

L’Union européenne, malgré ses aléas, a bâti un espace de paix et de coopération entre les Etats qui la composent. Elle représente une puissance dont les choix constituent un formidable levier d’action planétaire. Les peuples qui la composent en attendent légitimement un projet qui les fédère. C’est donc là, au coeur de cette maison commune, à l’échelle de la masse critique que représente le continent européen, qu’il faut mettre la pression pour construire des politiques transnationales fondées sur les principes de la durabilité : durabilité des ressources et des équilibres naturels, durabilité des systèmes économiques, des contrats sociaux et des modes de vie. Ceux-là même qui sont inconciliables avec un système dont les deux dogmes, productivisme et consumérisme, précipitent les dégâts de la dérégulation, de la financiarisation et de la marchandisation. Une alternative européenne écologique repose sur l’impulsion de valeurs civilisationnelles basées sur l’épanouissement personnel et le mieux être collectif, a contrario des aliénations marchandes et techniciennes qui précipitent les individus dans la course au toujours plus, à l’excès, aux frustrations sans fin, à la compétition, à l’individualisme, à l’artificialisation et au désenchantement du monde. Il s’agit de rendre désirable un changement favorisant un nouvel imaginaire d’émancipation et d’encourager les élans de créativité, d’innovation et d’organisation collective tournés cette fois vers l’humain et la réconciliation avec la nature.

On a toujours raison d'inventer.

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Vendredi 9 mai 2008

 

rosa luxemburg
De prime abord cette question peut sembler au mieux sans intérêt au pire idiote…

 

Pourtant à y regarder de plus près… on s’aperçoit que cet espace devenu à priori asexué et « égalitaire » semble bien au contraire amplifier certains comportements d’une société où la femme doit en permanence prouver sa compétence.

 

Je n’ai pas la prétention de faire de cet article une étude sociologique mais plus simplement de tenter de poser quelques constats sur un écosystème auquel « j’appartiens »… la blogosphère et plus particulièrement la blogosphère politique.

 

En regardant le fameux classement wikio (« maître étalon » de l’influence pour certains, truc débile pour d’autres mais ça néanmoins outil)… un fait me saute au visage… la sous représentation des femmes dans un tel classement. C’est d’autant plus intéressant que celui-ci mesure essentiellement les échanges entre blogs… d’où la fausse idée d’influence… mais c’est un autre débat.

 

Sur les 100 premiers blogs politiques… j’ai dénombré 5 blogs tenus par des femmes… et la première d’entre elles arrive en 27ème position… en la personne de Corinne Lepage. (Ce n’est pas mon président ayant cessé toute activité…)

 

A n’en pas douter, l’informatique de ses débuts était un univers particulièrement masculin voire machiste aussi avec une démocratisation accrue, et plus particulièrement du web, depuis ces 5/10 dernières années, on aurait pu penser que cet espace se féminise plus rapidement que la société en tant en terme d’appropriation que de représentation.

 

Au final, et j’en discutais avec Marianne, ce nouveau média obéit aussi à une logique chronophage et ne traduit-il pas fondamentalement cette réalité quotidienne. La femme se voit contrainte, pour une très large majorité d’entre elles encore aujourd’hui, de pouvoir à plusieurs « vies » au cours d’une même journée… chose dont l’homme se voit traditionnellement dispensé depuis de nombreux siècles.

En cela, il est frappant de constater et de mettre en parallèle les partis politiques qui abusent encore d’un fonctionnement archaïque excluant de facto les femmes…. La sempiternelle réunion qui commence à 19h… la logique de représentation qui impose une disponibilité sans faille pour espérer « exister ».

 

Aussi notre pratique, ma pratique internautique ne participe-t-elle pas à la perpétuation de cet habitus… je pose juste la question car je suis bien en peine d’y donner un début de réponse.

 

Alors la blogosphère, territoire a-féministe ? Misogyne ?

 

Pour terminer quelques liens de blogs Y : Stupeurs et tremblement, bah (article sur le même sujet hier), MIP, Femina Novo, Irene Desle, oRélie, Zoriade, Marie-Laurence Davoine… et pardon à toutes celles que je n’ai pas cité...

Edit : Je suis naze... en réfléchissant à ce post dans le métro, j'avais pensé aux liens... j'avais bien entendu pensé à
Fanette... et hop on écrit... et je l'ai oubliée au moment du jet final...

PS
 : cet article est fatalement incomplet, inexact, raccourci… bref comme souvent c’est une ébauche… c’est ma ligne éditoriale qui veut ça.

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publié dans : Reflexions...enfin on essaye communauté : Les blogs citoyens
Mardi 29 avril 2008

   

En fait, vous pouvez traduire le « Je » par les ménages français… et donc ces derniers ont le moral au plus bas dans les chaussettes et pas sûr que la feuille de déroute (selon le non mot de Royal) pondue par Nicolas Sarkozy arrange les choses dans les prochains mois.

 

Et à se demander si le gouvernement ne tente pas de remettre au goût du passé ce bon vieil adage du « quand le bâtiment va tout va » de notre politique économique, le tout assaisonné de la bonne veille certitude libérale voulant que la concurrence entraîne une baisse des prix…. Enfin sauf quand ça peut fâcher les amis proches du Président (la non attribution d’une 4eme licence de téléphonie mobile… Bouygues ayant beaucoup à perdre...).

 

Au fond, je me demande qui peut encore croire à ces non mesures comme la « maison à 15 euros par jour » (la dessus je n’ose revenir sur cette aberration en pleine crise des subprimes… passons…) ou encore la truculence de cette « exacerbation » de la concurrence dans le secteur des grandes surfaces. Alors certes on balance à la tête du tout venant que ça va créer n-emplois sans mettre dans la balance les destructions induites… mais bref l’essentiel c’est d’y croire quitte à faire mentir les chiffres et la réalité le moment des comptes venu. Seul réel domaine où le gouvernement fait preuve d’une compétence sans égale.

 

Tout cela pourrait prêter à rire au même titre que notre guignol bondissant comme un cabri à chaque nouvelle centrale nucléaire vendue… hélas et alors que les signaux tirent au rouge aux quatre coins de la planète… l’inquiétude des population semble renforcé chaque jour un peu plus le courant réactionnaire dominant qui œuvre depuis plusieurs décennies pour nous emmener dans un mur toujours plus près.

 

Ce mur porte désormais un nom : le développement durable et l’incroyable autisme dont font preuve nos gouvernants permet d’affiner notre inconséquence en la matière.

 

Alors que ces derniers s’inquiètent de cette sacro-sainte croissance à dix ans, Nicolas Stern, auteur d’un rapport sur les risques climatiques qui a servi de base de travail au gouvernement britannique, a déclaré dans un entretien qu’il avait sous-estimé le changement climatique. A moins de penser comme notre mésestimé Claudre Allègre qui enfile des bouquins comme d’autres des perles sur ce sujet sans jamais cité ses sources… le doigt mouillé c’est bien suffisant… de plus en plus de scientifiques se font beaucoup plus inquiets. Sans être un expert dans le domaine, j’avoue qu’à la lecture de deux articles, l’un sur la fonte de la calotte polaire et l’autre sur les conséquences « inattendues » de la disparition annoncée du permafrost sibérien ne me rassure pas vraiment… avec comme résultat la perspective d’un basculement climatique intervenant dans la prochaine décennie…

 

Alors pendant ce temps… ben pas grand-chose… enfin si, certains, trop contents de l’aubaine de voir s’ouvrir de nouvelles voies de navigation, commencent à mettre en chantier des supers tankers géants… ben oui ça urge… C’est la première chose à faire.

 

Après les problématiques de réfugiés climatiques, d’accès à l’eau… pfouff qu’est qu’on en a foutre de ces conneries « de la pensée unique et de la bien pensance ».

 

Et pour moi la question de la décroissance commence à irriguer les méandres de mon cerveau gauchisant…


Edit : ajout d'une vidéo de Serge Latouche, économiste. Professeur à Paris XI et directeur du Groupe de Recherche en Anthropologie, Épistémologie et Économie de la Pauvreté .

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publié dans : Reflexions...enfin on essaye communauté : Libre parole

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