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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Présidentielle : injonction, insoumission… et déjà l’oubli.

25 Avril 2017 , Rédigé par Marc

On y est sur ce fameux choix… entre cette fameuse France ouverte et cette France du repli. Que les choses sont simples dans un monde parfait, dans une France électorale qui aurait donné une clé unique de lecture. Où on peut tranquillement décidé des bons et des méchants.

Si mon choix même nuancé ne fait aucun doute, je me garderai bien de juger celles et ceux qui ne feront pas le même en se "réfugiant" dans l’abstention ou dans un vote de rejet. Alors oui, j’ai regretté l’intervention de Mélenchon, sous le coup de la colère et de la rancœur, où un peu de distance eut été meilleure conseillère par rapport à l’image qu’il a su donner durant toute sa belle campagne.

Néanmoins, je ne perds pas de vue que ce vote, pour un bon tiers de l’électorat, traduit une profonde inquiétude. A la différence d’un Laurent Bouvet qui voit dans le scrutin de dimanche une droitisation de la France ; je préfère y voir comme Henri Guaino une radicalisation de la société. Ce qui n’est pas à mon sens tout à fait la même chose. Je n’oublie pas que le premier décrochage dans les sondages de François Fillon intervient sur l’avenir de la Sécurité Sociale... 

Pour corroborer cette hypothèse, je m’appuie également sur la double segmentation de l’électorat et la corrélation, revenus/territoire sont les ressorts des scores tant pour la France Insoumise que pour la candidate du Front National. Je reste par ailleurs persuadé - des villes comme Roubaix, Marseille et d’autres semblent le confirmer - que le vote Mélenchon a permis d’enrayer le vote Lepeniste.

Cette dimension du vote qu’on ne peut considérer comme marginale, à laquelle s’ajoute au moins dans le discours porté par Marine Lepen en direction des classes « populaires » – au moins dans les mots –, ne peut être évacuée dans les prochains mois, dans les prochaines années. Et surtout, elle doit être intégrée par Emmanuel Macron au risque pour lui de n’incarner qu’un feu de paille de quelques semaines, de quelques années.

Oui il y a une France qui souffre, qui a peur de l’avenir pour elle, pour ses enfants, et celle-là on peut ni la rayer d’un trait de vote, on ne peut la moquer, on ne peut la railler ou l’insulter. Il est d’ailleurs un débat que certains ont soigneusement éviter durant cette période, celui des inégalités qui ne cessent de progresser.

Hors à gauche comme à droite, certains s’en inquiètent, aussi il serait grand temps qu’on parle sereinement avec la volonté d’apporter des réponses avec la nécessité de prendre en compte leur efficience dans une économie mondialisée. Est-ce de droite ou est-ce néolibéral de dire cela ?

Pierre Mendès-France disait que gouverner c’est prévoir ; je crois aussi que gouverner, tout en gardant une vision d’avenir claire, c’est prendre en compte les réalités qui nous entourent. C’est peut-être la différence entre le révolutionnaire et le réformiste.

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