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Marc Vasseur (Journal d'un vieux con désabusé)

Le désarroi de l’homme de gauche.

2 Mars 2017 , Rédigé par Marc

Indécrottable social démocrate, sans attache partisane fixe depuis quelques années, c’est peu de dire que je regarde cette Présidentielle avec une certaine stupéfaction, une bonne dose de cynisme mais aussi avec ce refrain qui revient sans cesse du « et pourquoi pas ? ».

Fidèle à mon aversion qui touche aux partis politiques, et qui remontent à de veilles pratiques que je ne connais que trop bien, je me voyais mal aller voter à la primaire socialiste. Alors me déplacer pour un Hamon dont la seule ambition est la prise d’une maison en ruine très peu pour moi. A ce propos, je crains que cette dernière soit quasiment rasée à la sortie de ce cycle électoral. En effet, si Solférino a déjà connu quelques tempêtes, jamais le PS n’avait eu une base d’élus aussi réduite avec des effectifs qui ont fondu de moitié en moins de deux ans et des bastions qui se comptent bientôt sur les doigts d’une seule main. C’est d’ailleurs la grosse différence avec la catastrophe des législatives de 1993. A l’époque, pour se relever, la maison rose pouvait encore compter sur un nombre conséquent de communes, conseils régionaux ou départements… Là en clair, le maillage territorial s’est dramatiquement réduit. Et si d’aventure, Emmanuel Macron devenait Président, on peut légitimement penser que celui-ci va encore s’étioler.

Mélenchon me direz vous ? Je reconnais à ce dernier une verve et une qualité de tribun indéniable… après… trotskyste un jour, trotskyste toujours, je n’ai jamais cru au socialisme dans un seul pays… je vous prie d’excuser ce raccourci mais raison gardée ce qui était déjà vrai dans les années 20/30, l’est à mon sens encore plus dans une économie globalisée, dans un monde interconnecté et qui le sera encore davantage demain. Partant de ce postulat, au-delà des bons sentiments, il y a, à tort ou à raison, une nécessaire prise en compte de la réalité du monde environnant.

Alors aujourd’hui, seul et si nombreux, nous nous sentons orphelins d’une gauche qui ne nous représente plus depuis longtemps. Il y a bien entendu, la logique du pire où dans un deuxième tour la présence de Marine Le Pen – oui je sais, les sondages tout ça… qui à défaut de donner un chiffre, expriment une réelle tendance- est quasiment acquise, on préfère aller à la piscine.

Et il y a… le saut dans le vide sans parachute en se disant que dans tous les cas, ce système politique dans lequel nous sommes depuis plus de 30 ans est définitivement carbonisé et qu’au fond, le choix d’Emmanuel Macron n’est pas le plus irrationnel et où tout est à construire… et ce malgré quelques gugus qui tentent de prendre la vague et que tu connaissais et n’appréciais que très modérément par ailleurs.

Aujourd’hui, j’ai pris le temps de lire le programme de Macron. Il serait ridicule de dire que je me reconnais dans toutes ses propositions et tout autant dans aucune. Néanmoins, il y a des éléments qui me parlent comme celui des propositions sur l’Education en mettant en avant le primaire et les classes en quartier prioritaire. Vivant à Roubaix, je ne peux qu’approuver ces mesures. Ensuite oui, il y a d’autres points qui me dérangent comme la généralisation du CICE sans condition - que je préfèrerai réorienter vers les TPE/PME – ou encore la question de l’emploi recevable pour un chômeur – désolé mais selon que tu gagnes 1.200 euros ou 5.000 ce n’est pas la même chose. De même, la généralisation du référendum d’entreprise qui immanquablement aboutira à un chantage à l’emploi.

Je ne développerai pas plus, sachant que dans tous les cas, chaque militant selon son obédience, le trouvera de gauche, de droite…

Au final, à 5 semaines du premier, mon hésitation se situe davantage si je fais ce saut dans l’inconnu dès le premier tour ou si j’attends le 2nd. Et comme tout au long de mes années d’engagement militant, je resterai un électron libre, et de revendiquer le droit à l’erreur… pratiqué par un nombre conséquent de militants que je connais J.

Et ce désarroi d’homme de gauche, je ne le traduis pas dans un quelconque espoir inconsidéré vis-à-vis d’un homme providentiel seulement dans un moment rare pour le militant que je suis, celui d’être devant la décomposition/recomposition d’un nouveau paysage politique ou pas. Et d’y participer ou pas avec mes convictions qui n’ont que peu varié depuis plus de 20 ans.

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