Dimanche 10 août 2008

C’est par un superbe dimanche après-midi d’été dans le nord, que je me suis posé cette question… avec toute l’Europe ou presque conquise par l’Obamanisme, la France politique sur un très large spectre prête à signer un chèque en blanc au candidat démocrate… et moi et même si tout le monde s’en fout.

 

Je l’avoue, cet œcuménisme me dérange de plus en plus. Il va de soi que si j’avais à choisir entre lui et McCain, ce non-choix ne se poserait même pas. Cependant, n’étant pas américain, la question n’a pas lieu d’être alors je m’interroge sur cet emballement qui semble transcender les habituels clivages partisans.

 

Au-delà de sa couleur de peau qui effectivement peut ouvrir une nouvelle ère particulièrement symbolique non seulement pour les Etats-Unis mais peut-être davantage encore pour la première puissance, de nombreuses interrogations politiques me laissent de plus en plus perplexe sur ses réelles volontés de changement.

 

Le premier Obama, au moment des primaires démocrates, pouvait m’apparaître sympathique, certes son programme n’avait rien de fondamentalement exaltant cependant sous certains aspects, on pouvait lui reconnaître une certaine rupture avec les 8 ans de bushisme.

 

Hélas, depuis juin, le recentrage voire la droitisation de son discours transforme mon léger optimisme en une méfiance vis-à-vis du candidat démocrate et je suis loin, très loin de la ferveur dont il bénéficie encore dans notre pays et auprès de nos élites dirigeantes.

 

Et ce d’autant plus que j’ai encore la fâcheuse tendance à me considérer comme un citoyen de gauche… partisan donc et par conséquent has been en cette pleine période de relativisme.

 

Il ne s’agit pas pour moi de demander à Obama un programme dûment approuvé par les militants socialistes… non… mais à en juger les évolutions pointées par le New York Times, celles-ci sont suffisamment importantes pour s’interroger, au-delà de la nécessité de campagne, sur qui est réellement Barak Obama.

 

De l’annonce de donner des fonds publics aux organisations religieuses, de l’acceptation d’une loi de surveillance électronique, du port d’arme ou encore sur la peine de mort… ces brusques changements et leur nature brouillent fondamentalement son image.

 

Alors… oui cela renforce peut-être son coté au dessus des clivages… pour ma part, je trouve cette posture assez similaire à ce qu’on nous rabâche depuis plusieurs années, à savoir qu’il n’y aurait pas d’autres solutions.

 


Ye Guozhu
Détenu et torturé pour avoir contesté les évictions forcées.

 

 

 

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publié dans : Reflexions...enfin on essaye communauté : Libre parole
Mardi 5 août 2008

 

 

L’enjeu de notre système de santé dépasse son seul cadre, il constitue à n’en pas douter le futur de nos sociétés, individualiste ou solidaire. Il revient par conséquent aux socialistes de réfléchir et de proposer des options claires pour l’avenir de la sécurité sociale, celles-ci devant affirmer à mon sens, un choix de société.

 

Cependant, avant même d’aller plus loin, sommes-nous au préalable d’accord sur le diagnostic initial. Le premier d’entre eux, est celui du fameux déficit… qui lorsqu’on creuse, s’apparente au mieux à un mythe au pire à accréditer le bon vieux slogan reaganien « TINA » (There is no alternative).

 

Sans être un expert, je mets en parallèle ce « trou » et les largesses consenties par les pouvoirs en place depuis plusieurs décennies en matière d’exonérations de charges sociales,  dont l’utilité économique semble pour le moins aléatoire et ce même pour la Cour des Comptes.

 

A cette question du coût de notre système de santé, soit dit en passant moins coûteux que le « modèle » américain, se pose également la place de l’individu dans de celui-ci. D’une part, l’essentiel des recettes repose sur lui et de plus en plus à travers les franchises, le ticket modérateur et d’autre part, même à gauche, on a une tendance à considérer le malade non plus comme un patient mais au mieux comme un usager au pire un client. En somme, la santé devient un bien, un service comme un autre.

 

Enfin et pour en terminer provisoirement sur l’aspect financier, si le citoyen a été mis régulièrement à contribution, on ne peut pas dire que les praticiens ont été particulièrement lésés. Selon Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie, en 14 ans, le revenu des médecins spécialistes a progressé trois fois plus que celui des salariés et celui des généralistes 2,5 fois plus.

 

C’est bien là, le second enjeu pour le ¨Parti Socialiste, outre l’affirmation d’un choix de société, c’est de redire que la santé, au même titre que l’éducation d’ailleurs, n’est pas un bien comme les autres et son « bénéficiaire » n’est définitivement pas un simple consommateur.

 

Alors quelles propositions ?

 

Il faut en finir définitivement avec ce système libéral financé très largement par la collectivité, à lui seul le domaine de la santé est le parfait exemple du principe de la mutualisation des pertes et de la privatisation des recettes.

 

En schématisant, les options sont relativement simples, soit on libéralise totalement le secteur et l’Etat ne sert plus d’agent régulateur en matière de tarifs pour les professionnels, soit on « fonctionnarise » la santé avec la mise en place de paiement au forfait au lieu du paiement à l’acte.

 

Pour ma part, je suis de gauche, socialiste (stalinien pour certains bobos parisiens) aussi, ma préférence va pour la deuxième solution et ce pour au moins trois raisons. Tout d’abord, elle permet une égalité d’accès au soin pour chacun, ensuite elle recentre le médecin sur le fait qu’il soigne un patient et non un client, enfin ; elle doit permettre un meilleur maillage du territoire.

 

Rien n’empêche par ailleurs de faire cohabiter les deux systèmes mais pour ceux qui opteraient pour une philosophie plus libérale, à eux d’en supporter les conséquences.

 

Dans ce cadre, ne serait-il pas souhaitable de généraliser les maisons médicales, je le répète, je ne suis pas spécialiste, mais cela me semble être un autre levier pour rationaliser un peu plus notre système de santé et permettre de faire face à l’augmentation du coût de la santé lié à l’augmentation de l’espérance de vie.

 

Voilà mes quelques réflexions (sur la base d’un A4) sur le devenir de la sécurité sociale, pierre angulaire du Programme National de la Résistance avec la retraite par répartition et l’indépendance des médias vis-à-vis de l’argent.

 

« There Is No Alternative » et son corollaire politique ont près de 30 ans… ne l’oublions pas et elle reste le refrain préféré de beaucoup de décideurs… La rupture n’est définitivement pas là.

 

Je reviendrai par la suite sur d’autres points.


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publié dans : Reflexions...enfin on essaye communauté : Rénovation Socialiste
Lundi 28 juillet 2008

 

 

Il y a 7 mois, Nicolas Sarkozy nous avait fait part de sa volonté de bâtir avec son gouvernement une politique de civilisation.

 

Si on ne peut que souscrire à ce nouveau paradigme présidentiel, on est, malgré tout, en droit de s’interroger, à la lumière de cette première année de législature, sur la mise en œuvre de cette politique et son adéquation avec les faits.

 

Ainsi, parler civilisation c’est de facto s’interroger sur la notion de temps,  sans entrer dans un débat pour lequel je n’ai aucune compétence. Toutfois, les notions de temps long et temps court semblent être ignorés par notre Président.

 

On peut même s’accorder pour dire qu’il y a désormais un temps « sarkozy » qui repose sur une déformation d’une unité de mesure pourtant acceptée par tous. Cette déformation correspond indéniablement à une contraction temporelle forte.

 

Siècle, décennie, année, mois, semaine, jour… tout cela n’a plus cours dans cette remise en cause de la temporalité avec une autre constante plus pernicieuse: alors que le temps porte aussi le concept de mémoire, le temps sarkozy semble préférer celui de l’oubli.

 

Les exemples pour appuyer cette thèse ne manquent pas, le dernier en date remonte à une quinzaine de jours. Au lendemain du 14 Juillet et avant de se rendre en Irlande, Nicolas Sarkozy confie qu’il faudrait faire revoter les Irlandais or le lendemain, en déplacement dans ce pays, cette déclaration n’est plus d’actualité.

 

Au fond, en relisant Joêl de Rosnay, je suis convaincu que le temps de Nicolas Sarkozy n’est qu’un temps court ou plus exactement un temps médiatique. La définition que nous en donne de Rosnay résume assez bien cette réalité sarkozienne puiqu’il «s'agit d'une succession d'instants dont chacun est un flash procurant du plaisir. C'est le temps médiatique du zapping, du replay, du surfing qui plait tellement aux plus jeunes. »

 

Ce retour sur cette notion de temps, me paraissait un préalable avant de revenir sur la thèse que je veux défendre, et l'imposture qui la sous-tend : Nicolas Sarkozy est een réalité responsable du glissement actuel d’une politique civilisationnelle  vers une politique obsessionnelle. On ne peut venir impunément sur ce terrain sans au préalable s’interroger sur la durée, sur nos héritages, sur la mémoire collective, en somme tout ce qui semble étranger à la culture de Nicolas Sarkozy. Et ce d’autant plus, que c’est bien lui-même qui se place dans cette spirale temporelle de surmédiatisation amnésique.

 

Et à ce stade, la contradiction est déjà grande entre la volonté présidentielle émise en janvier… une éternité… et la réalité de son rapport au temps et à l’action. Et à ce premier écueil, s'ajoute  un deuxième, tout aussi tragique. 

 

On ne peut en effet, emprunter cette voie d’une politique de civilisation sans faire référence à son auteur Edgar Morin pour tenter de comprendre l’ampleur que revêt cette expression puisqu’en résumant grossièrement, « Une politique de civilisation viserait à régénérer les cités, à réanimer les solidarités, à susciter ou ressusciter des convivialités, à régénérer l'éducation ».

 

(Fin de la première partie)

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Mercredi 23 juillet 2008

 

 

Donc au lendemain de l’adoption de la réforme constitutionnelle ;  Manuel Vals, Gaetan Gorce, Jean Marie Le Guen et Christophe Caresche (j’espère ne pas faire du lynchage en donnant les noms) nous ont concocté une petite tribune pour s’excuser auprès du Président Sarkozy pour leur vote.

 

Bien, bien… donc je résume, il n’est pas bon de faire de l’antisarkozysme pavlovien… je passe rapidement quelques réforme en revue pour me tester… Juan le fait bien mieux que moi chaque semaine.

 

Si le fait de dénoncer et de parler de régression sociale pour la mise à sac des 35h, la hausse du plafond des jours travaillés pour les cadres… alors oui, j’assume complètement mon l’antisarkozysme pavlovien.

 

Si s’élever contre la suppression de près de 30.000 postes dans l’éducation nationale avec la cohorte de fermetures de classe, sans parler d’une fin probable des maternelles d’ici quelques années… alors oui, j’assume complètement mon l’antisarkosysme pavlovien.

 

Si s’alarmer de la mise en place d’EDVIGE et de percevoir ce fichier comme liberticide et dangereux… alors oui, j’assume complètement mon l’antisarkozysme pavlovien.

 

Si s’indigner qu’on puisse traiter la question de l’immigration par le seul chiffre du nombre d’expulsés et des enfants raflés à la sortie des écoles… alors oui, j’assume complètement mon l’antisarkozysme pavlovien.

 

Enfin… mais la liste est loin d’être close…

 

Si dénoncer la chasse aux pauvres et aux chômeurs avec la non mise en place du RSA, les franchises médicales ou encore ce cynisme de l’offre raisonnable… alors oui, j’assume complètement mon l’antisarkozysme pavlovien.

 

Messieurs les députés, mes camarades, je n’oublie pas non plus que François Fillon prétend à la victoire idéologique de la droite, nous sommes donc bel et bien présence d’un gouvernement de classes qui n’a de cesse de mettre à mal la moindre parcelle d’acquis social. Si vous avez baissé les bras dans défense de nos idéaux d’une société plus juste et plus équitable pour chacun et moins destructrice pour la planète ; pour ma part, je n’ai pas abdiquer encore moins aujourd’hui que demain.

 

Alors oui, le Parti Socialiste ne peut s’exempter d’un débat de fond et d’amener des propositions nouvelles et audacieuses or depuis une dizaine d’années, nous sommes absents sur ce terrain des idées… paralysés à vouloir nous positionner sur les seules questions du plus ou moins de néolibéralisme,du plus ou moins de néconservatisme.

 

Dans ces conditions… alors oui, j’assume complètement mon antisarkozysme pavlovien et j’espère qu’à la sortie du congrès nous serons, collectivement, en capacité de proposer une alternative cohérente et ambitieuse pour la France et quelques embryons pour l’Europe.

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Jeudi 19 juin 2008

 Pierre Larrouturou 
(Chapitre 1) : Dire la vérité.

Chapitre 2 : Dire la gravité.

 

La régulation au service de la croissance

 

L’économiste Patrick a sorti un livre en 2005 intitulé « le capitalisme est entrain de s’autodétruire » et pour cause puisque si le cash et les dividendes augmentent toujours plus, l’investissement stagne. Pour lui,  « un capitalisme sans projet est condamné à s’autodétruire. Dans ces conditions, beaucoup d’ingrédients sont réunis pour accréditer la thèse d’une crise mondiale ; d’autant plus que les trois régulations qui ont été à l’œuvre durant les trente glorieuses ont été rognées. Quelles étaient-elles ?

-         Ford : ce capitaliste disait que la croissance va s’étouffer si on ne fixe pas des règles du jeu. C’est la crise des années  30 et la sortie de la 2eme Guerre Mondiale qui amèneront à mettre en place les moyens de ces règles.

-         Beveridge : il publie en 42 un rapport sur le système d’assurance sociale. Pour lui, le capitalisme pour fonctionner a besoin d’une demande forte et régulière, aussi la dépense sociale est un facteur de croissance économique car elle permet d’assurer cette régularité.

-         Keynes, bien sur, pour qui l’Etat doit intervenir pour assurer la croissance.

Aujourd’hui, tous ces mécanismes sont consciencieusement mis à mal voire caricaturés alors que l’absence de toute régulation nous ramène bien avant 1914. Malgré cela, la croissance bien que moins forte sur ces deux dernières décennies perdure… comment ?

 

La spirale de l’endettement.

 

C’est par l’endettement des ménages que les Etats-Unis ont pu éviter la déflation. Entre 1997 et 2007, le crédit à la consommation a tout simplement doublé, passant de 1225 milliars de dollars à 2450 milliards. Deuxième levier, les cartes de crédit et enfin, les crédits hypothécaires, seulement autorisés en France depuis Villepin. Enfin, et on n’en voit seulement les conséquences depuis quelques mois les fameux subprimes, encouragés par les banques qui voyaient leur revenu diminuait du fait d’un engorgement du crédit immobilier.

Les subprimes : le principe est relativement simple, un établissement peut prêter jusqu’à 125% de la somme nécessaire à l’achat avec un remboursement du capital différé partiellement ou en totalité sur les deux premières années. Les banques avaient intérêt à prêter à des personnes n’ayant pas les ressources, cela permettait d’alimenter le marché et théoriquement ils faisaient un bénéfice en reprenant le bien des non-solvables. En prime, les banques ne gardaient pas ces prêts dans leur bilan. Elles les « tittrisaient » en faisant des paquets et les revendaient à d’autres investisseurs… et ainsi de suite… bref fromage et dessert… sauf que si les arbres ne montent pas au ciel, le prix de l’immobilier non plus. L’autre enseignement de cette crise des subprimes, c’est le cynisme d’un modèle qui encourage la précarité et se nourrit sur celle-ci. Cette propension à l’endettement n’est pas propre aux Etats-Unis. En Europe, la dette privée est passé de 75% à 145%, ce qui fait dire à Patrick Arthus que sans l’endettement des ménages, la croissance dans zone euro aurait nulle voire en récession dans certains pays comme l’Angleterre.

 

Selon le groupe d’économistes du centre Bruegel au regard des déséquilibres accumulés, la question n’est pas de savoir si il y aura ou non un ajustement mais bien quand et avec quelles conséquences ?

 

Et la chine ?

C’est sans doute en chine que les conséquences d’une récession américaine se feraient le plus sentir car le dynamisme chinois est fortement dépendant de la consommation américaine. Et bien plus encore si l’Europe et le Japon le sont également puisque 61% des exportations asiatiques se font vers ces zones économiques.

L’autre moteur de la croissance chinoise réside dans l’investissement qui atteint 50% du PIB qui repose en partie sur une bulle immobilière où pour par exemple pour le seul premier 2006 26% du marché n’avait trouvé preneur alors que dans le même temps, les investissements ont augmenté de 20%.

Au final, le miracle chinois a de grande similitude avec "l'exemple japonais" qui s’est évanoui dans l’éclatement de la bulle immobilière survenue au début de 1990… le Japon ne s’en est pas encore relevé. Par ailleurs, quelles seraient les conséquences sociales d’une crise comparable dans un pays où les travailleurs payent le prix fort de cette croissance. A cela, il faut ajouter que celle-ci malgré son niveau élevé,  n’est pas en mesure de faire face à la croissance de la population en age d’arriver sur le marché du travail (ministre du travail chinois) sans compter le flux des ruraux accourant dans ces zones de croissance.

* Complément de lecture sur la Chine : l'article de Christian Sautter pour Betapolitique.

 

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